Oui j'aime les narratrices qui veulent quitter le monde, se retirer, larguer les amarres, (cf. Le coeur régulier d'olivier Adam, Claudie Gallay : "les déferlantes" , "seule venise") alors vous pensez bien :  ce roman m'était destiné !

De Douglas Kennedy j'avais adoré "Cul de sac" roman qui nous plongeait au coeur d'un cauchemar et j'ai lu sans en garder beaucoup de choses "les désarrois de Ned Allen", commercial dont la vie tournait au désastre.

"Quitter le monde" est un coup de coeur !

Ce n'est pas un manuel qui nous indique la meilleure manière de mettre fin à nos jours comme son titre semble l'indiquer mais un excellent roman dont j'ai crayonné de nombreux passages qui me parlaient. 

Tout commence par une phrase : "je ne me marierai jamais et je n'aurai jamais d'enfants !"

C'est Jane qui la prononce (mais cela aurait pu être moi...) au soir de ses 13 ans en pleine dispute parentale. Goutte d'eau qui fait déborder le vase : en entendant ça, son père s'en va ! Jane avance désormais allourdie par la culpabilité : sa mère la persuade que ce sont ses mots ont provoqué un ouragan familial.

Sa valise, son sac à dos, appelez le comme vous voulez, va continuer à s'allourdir, à se remplir au fils du temps, de peurs, de sentiments de culpabilité, de douleurs provoquées par des séparations, des deuils, de trahison. 

Ainsi lestée, comme nous le sommes tous, elle avance quand même notre Jane. Elle s'interroge sur la vie, le bonheur, la maternité, le couple, l'estime de soi, le destin. Et on voit, avec elle, l'espoir renaître même aux moments les plus sombres. 

Un roman marquant sur la résilience, la capacité à avancer malgrè tout. Choisir d'être heureux ?! Pas si facile, quand on traîne ses casseroles sans arriver à couper le lien !