Les facéties de Lucie

21 octobre 2016

Un paquebot dans les arbres. Valentine Goby. Embarquement immédiat.

paquebot

 

J'ai lu et dévoré sans vous en parler. A chaud je n'aurais pas su comment le faire. A froid, c'est pire. 

Le 19 septembre je disais : "Waow. Je suis page 22 seulement et déjà les mots de Valentine se sont saisis de moi pour ne plus me lâcher. Sa prose est d'une beauté...elle met en image et en son comme peu y parviennent !"

Le 2 octobre j'envoyais ce message à l'auteure : "Valentine, quelle beauté ce livre...j'en parle dès que j'ai du temps peut être demain. Je suis sous le charme."

Quelle histoire ! Inspirée de faits réels. Une super nana cette Mathilde. 

Je vous explique un peu. Pas tout. Il vous faut le lire. C'est tout. 

Les années 50. La Roche Guyon. Une famille heureuse. Un père charismatique. Une mère aimante. Ces deux là tiennent le coeur de la ville = le Balto. Un café qui fait un peu tout : tabac, épicierie. On y vient pour entendre des airs d'Harmonica et y danser pour oublier qu'on est mortel. Ce couple a trois enfants, deux filles, Annie, Mathilde et le garçon révé, Jacques. 

Un personnage indésirable s'immisce dans l'histoire et chamboule tout : la tuberculose. Elle fait de la famille des pestiférés. Les parents sont placés au sanatorium. Isolés l'un de l'autre. Les enfants sont placés dans trois familles d'accueil différentes. 

A partir de là, Mathilde n'a qu'une seule idée en tête : lutter quitte à s'oublier pour maintenir l'unité de sa famille.

C'est fort. C'est beau. Et on lit ce récit avec avidité. Et on quitte Mathilde avec difficulté. Attaché. 

Valentine Goby, bravo. 

Je vous recommande la lecture du fabuleux billet du blog "à l'ombre du noyer". 

Extraits : "écrire pour répéter le temps aimé, pour le recommencer, le prolonger, le dilater dans le futur." page 122

" Elle va danser toute la nuit et libérer les ruisseaux d'endorphine, les cascades d'hormones qui te rendent vivante." 

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18 octobre 2016

Itinéraire d'une mission de vie de Marie-Luce DOSSCHE

itineraire

itineraire_1

Certains livres me bousculent, me questionnent, m'éclairent et me redonnent une dose d'élan vital.

Celui de Marie-Luce fait partie de cette catégorie. 

Le seul problème de ce genre de livres : plus je corne de pages et moins j'ai de facilité à vous en parler ici, c'est ainsi. J'ai lu Itinéraire d'une mission de vie en juin dernier. Je parviens seulement à écrire un billet que je sais d'avance imparfait. 

"Il n'y a pas de hasard, il n'y a pas que des rendez vous".

J'adore cette phrase de Paul Eluard. Marie-Luce en est convaincue : "les évènements que nous vivons ne se présentent pas par hasard".

A 35 ans, Marie Luce rêve d'être mère. Son corps s'y refuse. Elle interprète cette succession de pertes douloureuses comme un message à décoder. Enfin pas tout de suite. On ne perçoit pas toujours ces signaux. Il nous faut parfois répéter de nombreuses fois avant de comprendre. 

Lâcher prise, PNL, gestion des émotions, astrologie kharmique, référence interne et externe, motivation, peurs et croyances limitantes, Marie-Luce évoque toutes ces notions de développement personnel en partageant sa propre expérience. Cela devient accessible et motivant. 

Elle serine une chose dont je ne doutais pas mais qu'il est bon de se répeter cent fois : "Developper confiance en vous et en la vie est votre réalité. Vous avez besoin de moments où vous vous retirez dans votre jardin secret, hors du monde, et de moments où vous plongez dans la vie avec confiance. La confiance en vous est la puissance qui vous permettra de réussir dans tous les domaines de votre mission de vie. La confiance en lautre et dans l'abondance de la vie vous aidera également."

"Comment voulez vous être aimé si vous ne vous aimez pas ? Comment voulez vous faire un travail que vous ailez su vous croyez que vous n'avez pas droit à ce bonheur ? C'est impossible. Il faut vraiment commencer par soi même. "

Alors vous ne serez pas obligé d'adhérer à la vision kharmique de Marie-Luce. Elle nous explique qu'à la naissance notre âme apporte avec elle tous les acquis de nos vies antérieures y compris ce que nous n'avons pas intégré et que nous allons rejouer. Mais vous ressortirez de cette lecture reboosté. 

Je vous invite à lire le magnifique billet de Laura Marie qui fait écho à cette lecture. 

Merci Marie-Luce. 

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15 octobre 2016

Baumes de Valentine Goby. Votre nez se souvient.

baumes

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En Septembre 2014, j'ai reçu Baumes, un roman de Valentine Goby. Il a disparu dans un carton de déménagement, a changé de ville et de département. Je l'ai déballé. Sans le lire.

En Juin 2015, je l'ai ouvert. Je l'ai aimé. Beaucoup. J'ai retrouvé les notes que j'avais prises dans mon carnet To do maybe in 2015. Bein quoi ?! ils ont dit Maybe non ?!

Je suis de celles qui veulent connaître les pyramides olfactives des parfums. Autant des fragrances que j'apprécie que de celles qui m'agressent les narines. Les notes de tête (la plus volatile, elle vit seulement 2 heures), de coeur (qui se developpe pendant plusieurs heures) et de fond (celle qui subsiste parfois plusieurs jours) me passionnent.

Alors évidemment ce livre m'a parlé... J'y ai découvert que certains étaient Peaux comme d'autres sont nez. Ils essayent les parfums pour tester leur évolution. Valentine a exercé ce métier à New York. 

L'auteure nous livre un récit intime qui nous invite à revisiter les odeurs de notre vie.

Elle raconte son père qui travaillait dans une distillerie. Il était imprégné de toutes les odeurs de l'usine jusqu'à écoeurer Valentyne, la rendre malade. Je me souviens de l'odeur de fioul imprimée dans les mains de papa après avoir rempli le poêle à mazout. Certaines odeurs sans me rendre malade désormais m'écoeurent : celle du parfum Eden de Cacharel notamment, portée par ma grand mère maternelle. La mandarine tellement Yves Rocher, le mimosa et la violette forment un mélange qui m'incommode. 

Valentine  évoque le "corridor olfactif"qui l'a conduit vers sa mère. La mienne a toujours porté des parfums boisés, épicés et fruités (dolce vita et Angel notamment) .

Et que dire du choix du premier parfum ? Celui de Valentine se porte sur Paris.

Le mien a été inspiré par ceux portés par mes parents. Comme celles des parfums de maman, les essences que porte mon papa ont toujours été dans le trio : boisé épicée ambré.  Capturées dans sa barbe, elles s'impriment à tes joues quand tu l'embrasses. Je me souviens d'Egoïste qui associe Vanille de Madagascar et bois de sental et qu'il a porté longtemps (vous souvenez vous de cette publicité dans laquelle on voyait des femmes ouvrir et fermer les volets d'un immeuble en criant "égoïste!!!" ??) Son Rochas Man actuel lui va comme un gant avec ses notes de poivre, de café et de cèdre.

Mon premier choix s'est donc logiquement porté sur Féminité du bois de Shiseido réunissant le cèdre, la prune, la rose et les épices. Mon actuel "ambre des merveilles" d'Hermès est le cousin germain de mon quasi inétronable Kenzo Jungle (je l'ai abandonné pour ne pas avoir la même odeur que l'ex de mon ex) avec son accord ambré boisé sans fleurs apparentes.

Et aujourd'hui je niche mon nez dans le coup d'un homme, mon Homme, qui porte une "composition de quatre mouvements olfactifs , frais-boisé-épicé-sensuel ", forcément, ( Allure de Chanel aux notes de Tonka, Cèdre et poivre, santal et vanille) et dont les mains sentent parfois le poisson.

Aaaah les parfums de notre vie !!!

Je vous invite à lire ce roman de Valentine Goby et à vous laisser porter. Votre cerveau et votre coeur feront le reste. Les reminiscences vous feront chaud dedans. 

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05 septembre 2016

Une photo, quelques mots. 230 ème !!!

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Cent vingt quatre. Un plus deux plus quatre, ça fait sept. Le chiffre porte bonheur. Le nombre de chakras, de femmes de Barbe Bleue, de boules de cristal chez Tintin, de piliers dans le viaduc de Millau. C'est un bon présage. Les chiffres d'or brillent sur le rouge carmin comme l'enseigne de La Pagode, leur restaurant chinois adoré. Encore un signe. Une rose trémière a percé le béton pour monter contre le mur et l'on voit un velo tout en haut des marches. Ci devant donc, un extrait de leur Charente d'été. Magique. Cette maison semble les appeler. L'agent immobilier les prévient : la propriétaire est pressée de vendre. Chic. Ils le sont d'acheter. Leur chez eux. Le portail grince quand on le pousse, cela ne les effraie pas. Un petit coup de bombe il n'y paraitra plus. L'agent immobilier les laisse passer en premier. Il referme le portail derrière lui et leur dit d'avancer. La porte d'entrée est déjà dévérouillée. Il rêverait d'un sas où poser les manteaux, les bottes de pluie et les chapeaux. Elle préfererait tomber sur une lumineuse pièce de vie, la cuisine ouverte sur un grand séjour. Ils ne découvrent ni l'un ni l'autre. Il fait noir comme dans une cave, le coup qu'ils reçoivent sur la tête les assomme pour de bon. Fin de la visite. Le 124 n'est pas à vendre. C'est l'antre d'un homme qui y tourne chaque semaine 7 secondes en enfer. Il choisit soigneusement ses comédiens sur le bon coin. 

 

C'était ma participation à l'atelier de Leioona. 

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29 août 2016

Une photo, quelques mots, Numéro 229 (déjà !!!)

la-fille-du-brouillard-donato-carrisi 

Elle ignore depuis combien de temps elle est dans cette salle de bains. Une bonne heure sans doute, la chaleur de l'eau n'est plus aussi forte. Ses boucles rousses sont des algues qui lui caressent les bras et les épaules.Tous les bruits de l'exterieur sont étouffés quand ceux de l'interieur, de son propre corps dans l'eau savonneuse, semblent amplifiés. Sa bouche pulpeuse, son nez fin, ses yeux verts bordés d'une frange épaisse de cils, sont hors de l'eau. Ses genoux aussi, elle est trop grande pour cette baignoire. Dans les moments brumeux de sa vie, c'est l'endroit qu'elle a toujours choisi pour réfléchir sauf lorsqu'elle vivait à Bologne, la baignoire sabot était devenue douche aux épaisses parois de verre. La tête sous le pommeau grand ouvert, sa reflexion l'avait alors amené vers le mauvais chemin. Quand elle est allongée dans une baignoire, les oreilles remplies d'eau, elle prend de meilleures décisions. Pas aujourd'hui. Elle ne voit pas plus clair depuis son immersion, le brouillard s'est même épaissi. Elle est tentée de rester là, dans cette eau qu'elle voudrait faire rougir de son sang. 

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20 août 2016

Quand le vernis bourgeois se craquelle... Intuitions de Dominique Dyens

dominique_dyens

Ce roman là je l'ai acheté au salon du livre Les mots Doubs de Besançon en septembre 2011. Il m'aura fallu 5 ans pour l'ouvrir et le lire. Quand même. 

Je l'ai lu presque d'une traite tant la construction tient en haleine.

Dominique Dyens nous brosse le tableau d'une famille bourgeoise des Yvelines qui est comme une cocotte minute prête à exploser. Le sms de Grégoire, le fils en stage à New york, lance le compte à rebours. Il annonce à sa famille qu'il revient et va se marier. La jeune femme qu'il a rencontré à New York n'est pas américaine, elle est en fait originaire de la même ville huppée que lui. Quand Nathalie, la mère de Grégoire, rencontre Gala, la fiancée, elle tique. Elle va se fier à son intuition pour mener l'enquête sur la jeune fille et ce qu'elle va découvrir va faire craquer le vernis de leur petite bourgeoisie. 

C'est très efficacement écrit, on ne lâche pas avant de savoir, on pressent sans parvenir à deviner alors les rebondissements suprennent vraiment. Ce n'est pas téléphoné. Bien joué Dominique Dyens. 

Je recommande ce court roman

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17 août 2016

A l'abri des regards de Anne-Frédérique Rochat, une jolie découverte !

a l'abri

Ce roman a été longtemps sur mes étagères, puis dans un carton en route vers une jolie maison.

A la faveur de ma pause estivale, je l'ai enfin ouvert et waou !!! Je l'ai terminé la nuit dernière puisque cette fichue pleine lune avait décidé de nous oter le sommeil à tous. A mi livre, l'auteure m'avait prévenu : "il vous reste quelques découvertes..." Fichtre bigre ! en effet, je n'étais pas au bout de mes suprises.

Alors je ne vais pas vous les gacher ces effets là en vous racontant trop. Je vais simplement vous dire qu'il est urgent de découvrir la plume de cette auteure suisse.

Dans ce roman elle a choisi de raconter la même histoire - Anaïs, 36 ans. Deux petites filles et une fatigue immense. Un besoin de s'éloigner des siens pour ne pas franchir la ligne rouge. Elle cohabite 9 mois avec un retraité taxidermiste et tenter de comprendre ses fantômes - du point de vue de 4 protagonistes.  

Le procédé est certes connu, il est ici maitrisé et efficace. J'ai eu peur pourtant je vous avoue lorsqu'elle a donné la parole à une enfant de 8 ans. Je ne suis pas très fan des narrations à hauteur d'enfant. Mais Anne-Frédérique m'a embarqué dans cette vision du monde des adultes et dans cette histoire avec une facilité déconcertante. 

Par ce roman, l'auteure met en lumière ce qu'être maman veut dire, ce que cela réveille de notre passé et la difficulté de composer avec nos émotions quand nos enfants ont tant besoin de nous pour grandir. 

Un coup de coeur !

Merci Sabine.

Quelques extraits...

"Quand on se perd, on devient égoïste, on ne pense plus qu'à soi, à sa survie : se retrouver, se retrouver en vie."

"Je me sens liée à lui, et c'est sécurisant, malgré tout, d'avoir un ancrage. Une attache. " page 48

"La lecture peut sauver de tout (...) si j'ai eu très tôt envie d'apprendre à lire, ce n'était pas pour lire ce qu'on voulait que je lise, mais pour découvrir tout le reste, tout ce que je ne sais pas, lever le voile sur les mystères du monde, mettre des mots sur les silences, comprendre les "tu comprendras plus tard". Surtout ça. Donner un sens à ce qu'on ne m'explique pas." page 152. 

"elle se fait du souci pour tout. ce doit être fatiguant de continuellement s'imaginer le pire. Jessaie de la réconforter la calmer, mais je sais pertinnemment que l'angoisse est un trou sans fond. " page 223

"arrête de te torturer comme ça ! Personne n'est parfait. Ne sois pas si orgueilleuse. Tu fais de ton mieux. Et ton mieux est tout à fait à la hauteur. Laisse toi un peu tranquille, bon sang !" page 224

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13 août 2016

Repose toi sur moi de Serge Joncour

repose_toi

"Est ce que ça se peut d'être foncièrement tourné vers les autres, sans rien attendre en retour ?"

Ce roman de Serge Joncour, j'ai eu la chance de le recevoir avant sa sortie (Merci aux éditions Flammarion et à Anne Blondat) et je savais sans l'ouvrir qu'il me plairait. Et bim, et boum, banco on vend la caravane ! (JM, Sabine et Greg reconnaitront les clins d'oeil respectifs à leur expression fétiche).

J'ai ralenti ma lecture sur les deux derniers chapitres tant je voulais rester encore avec Ludovic et Aurore. 

Je vous les présente mais je ne vous dirai pas tout. Je vous laisse lire ce splendide roman vous même, vous attacher à eux comme je l'ai fait et sans doute vous identifier. 

Ludovic =

  • 46 ans, colosse d' 1m95 pour 102 kilos,
  • travaille dans une société de recouvrement,
  • a quitté sa campagne natale pour Paris suite au décès de sa femme,
  • n'est pas du genre à se laisser attendrir (est finalement fait du même bois que tout le monde)

Aurore =

  • styliste, a crée sa propre marque avec un ami associé qui fomente un sale coup
  • mariée à Richard businessman américain presque parfait,
  • maman de deux enfants nés le même jour (elle n'aime pas qu'on dise les jumeaux),
  • a profondément besoin d'être rassurée et comprise 
  • perd parfois la force d'être elle même et rêve de ne plus être l'adulte sur qui tout le monde se repose
  • est encerclée par ses peurs et notamment celle de ces deux corbeaux qui se sont installés dans la cour de son immeuble en lieu et place d'inoffensives tourterelles. 

Leurs destinées vont se nouer grâce à un épisode digne des oiseaux d'Hitchkock. Ludovic va déloger les deux volatils à sa façon et ainsi mettre un pied dans la vie d'Aurore. Alors, Heureux ou mauvais présage ces corbeaux ?

Tellement d'extraits relevés que je ne dépose pas tout ici. 

"ce qu'elle avait sous estimée en elle, et qu'elle s'efforçait toujours de taire, c'était ce profond besoin d'être rassurée."page 149

"Aux premiers moments d'une histoire, l'idée de l'autre obsède, on y pense tout le temps, ce qu'on a vécu avant n'existe plus, le passé est cette chose insignifiante et prodigieuse qui s'est contentée de nous amener là, comme si vivre n'avait servi qu'à ça, ce besoin de retrouver l'autre. " page 294

"être plus fort cest prendre appui sur la faiblesse des autres, amoindris qu'ils sont par leurs peurs, leurs manques, la faille est en chacun, le tout d'est de la déceler".  page 164

"elle n'en pouvait plus de ce harcèlement de péripéties d'une vie trop pleine, elle avait juste envie de démissionner, de se mettre à la hauteur de ses enfants, de ne plus être l'adulte sur qui tout le monde se repose". 

Sa résistance, on la décide à tout instant, à tout moment on résout de se laisser envahir ou pas par l'angoisse, de se laisser submerger par une préoccupation à laquelle on accorde trop de place."

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12 août 2016

Dépendance day, ce fameux jour que l'on craint tous et certains plus que d'autres. Excellent roman de Caroline Vié.

dependance day 

Ce roman, j'ai eu la chance de le recevoir de la maison d'édition avant même sa sortie. Je l'ai ouvert, à peine commencé. Je n'ai pas accroché. J'aurais peut être du enlever ce bandeau commercial "tue-l'amour" aussi, une photo de charentaises ...

J'ai déménagé. Je l'ai promené dans mes cartons et je l'ai ouvert presqu'un an et demi plus tard. Et là Bim comme dirait mon JM, j'adhère, j'adore, je jubile de retrouver le phrasé de Caroline Vié. 

Le thème est costaud. Alzheimer mon amour ou la décrépitude plus ou moins prononcée de nos ainés. Après eux, à qui le tour ???

Le roman commence par un rendez vous chez la neurologue. Notre narratrice, Morta, est flippée. Elle se teste chaque jour : date, année, nom du président de la république, prénom, nom. Elle a peur de finir comme Clotho et Lachésis. Les femmes de cette lignée ont beau avoir le prénom de divinités mythologiques maîtresses de la destinée humaine, il semblerait qu'elles ne puissent pas présider à la leur. En effet, dans cette famille on perd très vite le fil, on a Alzheimer de mère en fille. Morta va t'elle échapper à ce funeste destin ??

Où l'on retrouve le tranchant des mots de Caroline Vié et son mordant teinté d'humour. Comment aborder de front une thème qui nous hante tous. Chapeau !

D'une certaine façon, ce roman m'a fait penser à celui d'Olivier Bourdeaut.

"Je sais ce que l'amour contient de douleur, qu'on ouvre la brèche quand on ouvre son coeur". page 191

" Clotho ouvre le frigo et invite le père dans la boucle de la distribution de la piquette. Il supporte mieux l'alcool qu'elle. Quand maman commence à délirer vraiment, que sa diction évoque la consisitance d'une colle à papier peint, je prends congè en prétextant une migraine. J'ignore alors que le vin blanc n'est pas l'unique responsable de ses égarements". 

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23 juillet 2016

Fuck les régimes de Chloé Holling. Lecture indispensable.

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J'ai eu envie d'acheter ce livre après la lecture d'une page publiée par une lectrice sur facebook. Elle synthétisait la quadrature du cercle que doivent résoudre les femmes : être une bonne mère mais rester bandante, professionnellement au top mais investie dans son couple. Bref, nous devons être des surfemmes, des superwomen. Et minces, avec ça. Bein voyons. 

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Ce livre m'a particulièrement touchée car j'ai commencé un régime au lycée alors que je n'avais objectivement pas besoin de perdre du poids : 55 kilos pour 1m63.  Tout allait bien si je n'avais pas pris à coeur quelque réflexions sur le volume de mes fesses et si je n'avais pas eu une maman obèse qui démarrait un énième régime. J'ai embrayé avec elle et je suis tombée amoureuse de ma perte de poids au point d'atteindre les 42,5 Kgs. La taille 34 était presque devenue trop grande, les courses et les sorties entre amis étaient un cauchemar, la nourriture un ennemi. Deux ans et demi d'anorexie ont perverti mon cerveau et déplacé mon curseur alimentaire pour toujours. J'ai finalement repris du poids et des formes, trop à mon goût de l'époque. J'ai réussi à stabiliser jusqu'à la perte de repères qui m'a amené tout droit dans le cabinet d'une dietéticienne comportementaliste. Avec elle, j'ai dézingué mes croyances alimentaires, détruit ma liste d'aliments interdits, appris à lacher prise et à écouter mon corps. Aujourd'hui ça va. J'ai parfois quelques remontées du passé mais ce n'est rien du tout. Je cuisine chaque jour de bons petits plats que je vends dans les Halles d'Avignon. Et quand mes clientes me disent qu'elles sont au régime je leur dis "c'est qui Régime?"

Rencontrer ce livre c'était revisiter toute mon histoire alimentaire ou presque. Chloé a 27 ans. Elle est comédienne. Son livre témoignage parlera à beaucoup d'entre nous, à toutes celles qui se sont trouvées trop grosses et se sont martyrisées à coup de régimes aussi inutiles les uns que les autres.

Elle n'est pas obèse quand elle commence la guerre contre son corps. Pourtant, elle se déteste, se punit, se trouve nulle et moche. Elle passe la majorité de son temps à essayer de devenir quelqu'un d'autre et à ne penser qu'à une chose "Putain de bourrelets" et à cette petite phrase que lui serine sa mère : "l'obésité court dans nos gènes, tu le sais ça ?" Elle grossit, maigrit, regrossit. Jusqu'au jour où elle décide de d'arrêter les régimes, de lâcher prise, de cesser de vouloir le contrôler ce poids. De s'aimer telle qu'elle. Et comme par enchantement, tout va beaucoup mieux. Et les kilos s'envolent.

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Une lecture indispensable. 

Quelques extraits : "On ne soupçonne pas une personne svelte d'être perturbée par des questions de poids" (...) Comment parler d'une telle souffrance ? En aurais je eu la légitimité, avec mes 52 kilos et trois poussières ?"

"Mon obession de la minceur n'avait peut être pour seul but de me tenir à l'écart de cette douloureuse réalité... J'ai peur de prendre ma place. ...Et demeurant mince, je m'assurais, justement, d'en prendre le moins possible." page 75

"la Minceur, pour moi, c'était plus qu'un caprice accessoire. C'était une promesse. Celle d'une vie meilleure. Plus mince, j'étais convaincue que je serais plus attirante, bien entourée, je plairais aux hommes, j'aurais confiance en moi, j'aurais du succès, une belle vie, je serai drôle et brillante, bien habillée, couverte d'amants, et (plus important peut être) pourrais sans peine me montrer en bikini l'été. La Minceur était un package sur lequel s'inscrivait la mention : digne d'être aimée."

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