Les facéties de Lucie

16 mai 2012

Les insurrections singulières de Jeanne Benameur

Je bafouille, je cafouille, je n'arrive pas à l'écrire ce billet. Pourtant, me direz vous, cela devrait être facile puisque ce roman est un de mes coups de coeur ?! et bien non. Il regorge de nombreux post-it marquant des extraits qui me parlent et je peine quand même, ou justement, à en parler. Il est venu me chercher loin celui-là...

J'ai fini de le lire après avoir regardé un numéro de complément d'enquête consacré au travail chez Mittal. C'est le point de départ de ce roman, l'usine. L'auteure l'a même personnifié. Ses murs portent l'empreinte de tant de rêves abandonnés par ceux qui y travaillent. 

Nous sommes tous filles et fils de. Nos parents ont rêvé que nous fassions mieux qu'eux. Mais on ne se coule pas toujours dans le moule qu'ils nous ont préparé. Non. Parfois on les prend pour modèle malgré tout et on suit leur route, celle qu'ils croient avoir si mal tracée. On s'englue, on patine, on s'interdit d'avoir d'autres désirs et on se perd de vue. 

Quand on rencontre Antoine, il se remet difficilement d'une rupture et peine à s'investir dans le combat syndical, il gesticule sans trop y croire. Jusqu'à ce qu'il comprenne que la révolution peut être intérieure et tout aussi constructive.

Il part au Brésil pour reprendre les commandes de sa vie et trouver sa place. Il y a urgence car "on n'a pas l'éternité devant nous, juste la vie". 

Lecture coup de coeur !!!

 

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15 mai 2012

Book d'oreille, le portail du livre audio.

Non je ne suis pas devenue fashion victim, je ne vais pas vous parler de la tendance en matière de boucles d'oreilles, les plumes tout ça.

Vous connaissez mon engouement récent pour le livre audio. Je vous fait découvrir aujourd'hui le site qui va me permettre de poursuivre ma découverte du genre. Il recense tout ce qui se fait en la matière et promotionne cette manière différente de lire.

Voilà de quoi faire rentrer peu à peu dans nos chaumières des voix qui nous racontent de biens belles histoires.

Ainsi vous saurez si écouter un livre audio peut nuire à votre audition, qui sont les comédiens lecteurs, vous aurez les liens vers les podcasts de radio france, vous découvrirez les dernières nouveautés, bref, ce site est incontournable !!! Foncez en cliquant sur le logo !

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14 mai 2012

Une photo, quelques mots (39)

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Elle m'a vu, il faut que je trace ma route ou que je rentre dans ce bar et que j'y commande quelque chose, je ne peux pas rester planté là, ça fait louche. 

Mais c'est elle, c'est sûr. Elle a laissé pousser ses cheveux. Elle a une nouvelle rouffe à la jackson five mais toujours les mêmes yeux pénétrants, tellement pénétrants que j'ai toujours cru qu'elle lisait en moi. Mais en fait non. Quand elle a découvert la vérité, elle est tombée des nues comme les autres.

Dans son verre, sans doute une caïpirinha, elle adore le citron vert et les verres remplis de glaçons.

Qu'est-elle devenue ? S'est-elle remise des émotions que je lui ai fait vivre ?  A-t-elle consacré une chanson à notre histoire ? En a-t-elle parlé à cette femme qui lui fait face ? 

Et si elle me reconnaissait ? Si en entrant dans ce bar, par un geste je me trahissais ? Si mon corps et le sien continuaient leurs échanges secrets et se mettaient à vibrer ?

Non, évidemment, comment veux tu qu'elle fasse le rapprochement ? Il y a 5 ans de cela, je n'avais ni poitrine, ni hanches, ni lèvres pulpeuses. J'ai tout obtenu à coups de bistouri. J'ai fait disparaître toutes traces de Lui. Je ne suis plus celui qu'elle appelait l'homme de sa vie, je suis Martine désormais et c'est mieux ainsi. 

J'ai écrit ce texte pour l'atelier de Leiloona

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13 mai 2012

Quai des enfers d'Ingrid Astier

Quai des enfers Un grand merci à Miss Alfie, prescriptrice de ce roman que j'ai beaucoup aimé !!

Excellent polar ayant pour décor la Seine. On est cependant loin de l'ambiance touristes et bateau-mouche. La brigade fluviale ne vous racontera pas la petite histoire de Paris. Elle plonge dans le fleuve poisseux pour y repêcher des corps, tente de les faire parler et de pénétrer l'esprit du criminel.

La galerie des acteurs (legiste, commandant, plongeur,etc) est fort bien campée.

Ingrid Astier a un style bien à elle, comme Dominique Sylvain et Fred Vargas, elle est identifiable à sa plume. Les descriptions sont savoureuses. 

L'intrigue est prenante et l'auteure nous mène par le bout du nez jusqu'à un dénouement inattendu !

Le commandant Desprez n'a pas peur de la noirceur des faits, il creuse jusqu'à la vérité utilisant un argot qui n'appartient qu'à lui. La bulle protectrice de son foyer chaleureux lui permet de souffler entre deux interrogatoires.

Quant à Rémi, l'homme grenouille, il a érigé une sacrée muraille pour empêcher les flèches de cupidon de lui meurtrir le coeur à nouveau, la blessure précédente n'étant pas guérie.

Line Lestdaï, est une légiste pas comme les autres. Tempérament de caporal peut être, mais sous la carapace une femme qui met un peu de poésie dans un monde de brutes qui charrie beaucoup de cadavres.

Sonder la Seine et les âmes et en sortir indemne ?! Non, on n'évacue jamais vraiment les sentiments. 

A lire !!!!

Extrait : "Le révérend avait la passion de l'aveu, la fièvre de la bascule. C'était plus fort que tout, ce besoin d'un retour à l'ordre qui passait par le débroussaillage d'une conscience. Il avait alors la sensation de laver les victimes. 

 

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12 mai 2012

La liste de mes envies de Grégoire Delacourt

 

Voilà le genre de livres qu'il ne faut pas emprunter mais acheter pour pouvoir en relire des extraits à tout moment.

Pour écrire ce billet, je l'ai quasiment relu et j'y ai vu encore plus de profondeur et en ai davantage savouré les mots.

On l'aime tout de suite Jocelyne. Elle a 47 ans, elle tient blog et boutique, puisque sa patronne est morte étouffée par un bouton. Elle essaye de s'aimer malgrè ses bourrelets et a des joies simples. Elle n'a pas décidé de sa vie mais se contente de la sienne, se contente de peu. Est ce un mal ?

Lorsqu'elle gagne au loto, elle pressent les dangers de l'argent tombé du ciel et craint qu'il ne vienne briser son bel équilibre. Alors, elle récupère le chèque et le cache dans une chaussure. Elle commence la liste de ses besoins, de ses envies et de ses folies en réalisant que tout l'or du monde ne peut pas rattraper le temps perdu et ne fait pas revenir ni ne guérit les gens qu'on aime.

C'est un livre comme je les aime, sans fards, ni artifices, d'une rare beauté, franche et honnête. C'est un conte moderne, une fable au triste dénouement.

Mais c'est un hymne à la vie, à toutes les petites choses qui la composent, ces fragments qui nous reviennent en mémoire en sentant un parfum, en touchant un tissu. Ces moments là n'ont pas de prix et font le sel de la vie.

Encore une preuve que l'argent ne fait pas le bonheur et peut même le détruire, notre mercière va l'apprendre à ses dépens. 

extraits : "je m'étais laissée mourir pour accoucher d'une autre, plus froide, plus anguleuse. la douleur vous refaçonne toujours d'une curieuse manière." page 168

"le succès c'est dangereux quand on commence à ne plus douter de soi" 

Charlotte a aimé ce roman humble comme elle dit, Antigone comme moi est sidérée par le talent de l'auteur pour sonder le coeur des femmes, les yeux de Clara ont fait office de bocal à poissons à cause de l'émotion, Cathulu a aimé le portrait de femme dressé ici, Leiloona a aimé l'écriture sensorielle et suggestive et a vu en Jocelyne un papillon prêt à sortir de sa chrysalide, enfin pour Bauchette c'est un plaisir de lecture vif, le portrait d'une femme intelligente.

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11 mai 2012

Des mots, une histoire 64

Les mots imposés pour la 64ème de Des mots, une histoire sont : diplomatie – église – inspirante – croquis – vocation – escarpin – impureté – altitude – destination – esperluette – solitude – anaphore – parcimonie – inquiétude – identité – faux – surprise – tour – papier – porte – assassin – vacances – jalousie – ensoleillé – victoire – pyramide

Je mets lâchement de côté altitude, pour en prendre moi même et voler vers des jours meilleurs...

Ma proposition au défi lancé par Olivia  : 

Défendre des assassins, des usurpateurs d'identité, des hommes d'Eglise dispensant un drôle de catéchisme, des meurtriers par jalousie, glisser dans mes plaidoiries des anaphores clouant le bec à la partie adverse, avoir plus d'un tour dans ma manche, faire preuve de diplomatie pour gagner le coeur d'un juge, créer la surprise en dégainant un témoin de dernière minute mort d'inquiétude à l'idée de représailles, ne livrer la vérité sur mon client qu'avec parcimonie, crier victoire après avoir défendu une ordure, voir peu à peu les dossiers former de dangereuses pyramides, fermer les yeux sur des faux en écriture : non, vraiment, je crois qu'il faut avoir la vocation. Je l'ai pourtant suivi le chemin qui mène à cette destination mais aux portes du concours d'entrée à l'école d'avocat, j'ai renoncé à cette carrière peu inspirante.

N'en déplaise à mon avocat de papa, je ne porterai pas la robe, j'en dessinerai ! Parce que ce que j'aime le plus au monde c'est faire des croquis d'escarpins, de bustiers et de maillots de bain pour vacances ensoleillées. Alors vous pensez, avoir un fils qui parle chiffon à longueur de journée, mon père n'a pas aimé. Il y a vu un signe évident d'homosexualité. Il s'est demandé ce qu'il avait râté dans mon éducation. C'est bien simple quand je lui ai annoncé que Muller et fils ne seraient jamais reliés par une esperluette sur son papier à en-tête, j'ai vécu un grand moment de solitude. Il a fait une grimace. Cette moue de dégoût remplie de déception qu'il réserve au serveur lorsqu'un vin contient des impuretés.

Je n'ai pas voulu qu'on m'enterre un jour avec mes rêves, j'ai pris le risque de les réaliser et j'ai eu raison : demain je présente ma collection lors du plus grand des défilés de mode du monde !!! J'ai envoyé un carton d'invitation au cabinet de mon père, viendra-t-il ? Je pourrais enfin lui présenter ma femme, mannequin vedette de mon défilé. 

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10 mai 2012

la citation du jeudi...

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Les minutes perdues ne se rattrapent plus.

Ce n'est pas le temps qui passe mais nous.

Facteur Cheval.

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09 mai 2012

Premiers pas d'une convertie...

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A force de fréquenter ce blog, il fallait bien que cela m'arrive !!!

Je me convertis au bio pour des raisons diverses : un colon irritable, l'envie de cuisiner différent et le chant de sirènes comme Clea ou Valérie Cupillard !

J'ai donc dévalisé une épicerie bio, L'épicerie Nouvelle (je vous invite à aller lire la fable du colibri en page d'accueil, il y est question de petits ruisseaux qui font les grandes rivières), et je me suis mise aux fourneaux. 

Premier produit utilisé : La purée d'amande blanche.

Et hop voici un gâteau sans beurre, à la noix de coco et au citron vert qui est le compagnon idéale des mugs de thé gigantesques que j'avale !!

La recette est par ! Merci Cléa !

J'ai récidivé en faisant la tartinade de petits pois où la purée d'amande remplace le fromage : une tuerie !!!!

Et vous, vous avez déjà essayé la purée d'amande ?

 

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08 mai 2012

Les oiseaux, le ciel et ...

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Extrait de pur jus de vacances...ok je retourne bosser !!!

 

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07 mai 2012

Café Paraiso de Monica Ali

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Dans ce roman, Monica Ali nous emmène au Portugal boire un verre ou deux de caïpirinha à Mamarrosa. Les maisons y sont blanchies à la chaux et la nature fournit bougainvillées, plumbagos, amandiers, chênes-lièges, eucalyptus, orangers, anémones, cystes et saponaires. Dans ce petit village, le café Paraiso est le lieu où défile toute la galerie de personnages crées par Monica Ali. Leur point commun : ils sont venus chercher une vie plus douce dans cette région du Portugal. Douce comme un pastel de nata que l'on dégusterait avec un thé.

C'est Vasco le tenancier de ce café. Il se noie dans la graisse pour oublier sa tristesse et est doté d'une voix qui ne cadre pas avec sa corpulence. Il ne donne pas longtemps à ce café Internet qui vient d'ouvrir et qui brade sa bière. Les gens se lasseront, ils ne viendront pas chercher ce qu'ils ont chez eux, alors que les bonnes répliques de Vasco ne passent pas à la radio ! On vient boire un verre pour les entendre. Il l'anime, lui, son café !

Et voici une famille d'anglais atypiques, les Potts. Ils font jaser les locaux surtout Ruby la fille qui passe son temps à aguicher les hommes. Cela va attirer quelques ennuis à sa mère.

Harry Stanton, le boit-sans-soif, est un écrivain anglais en panne d'inspiration. Son compagnon de boisson, Dieter, ne cesse de clamer que s'ils étaient en Allemagne cela ne se passerait pas comme ça, ce serait mieux.

Sophie, professeur de français et ex dépressive, et son fiancé Huw, passionné par les oiseaux sont anglais aussi et sur le point de se marier. Ils se sont pourtant promis de ne pas aborder ce sujet épineux pendant leurs vacances. Il trotte toutefois dans leurs têtes à tous les deux. Ils n'ont de prise sur rien, c'est la famille de Sophie qui organise tout et fait de l'Eglise un passage obligé. En visitant celles de cette région du Portugal, ils interrogent leur foi et leur amour.

Oh ! et j'ai adoré Eileen, cette anglaise qui se qualifie de gros pudding et dont le mari est un pur cartésien qui travaille dans une usine qui fabrique les petits houx en plastique qui hornent nos buches à Noël. Il a des idées bien arrêtées : L'horoscope: foutaise ! les vacances : une occasion d'emmagasiner des infos nouvelles. Il veut vivre parmi les autochtones pour mieux les comprendre alors qu'il ne le fait même pas avec son fils homosexuel...Eileen se verrait bien vivre à Mamarrosa, seule.

Teresa, est née ici et aide sa tante au magasin. Elle a le don de cerner les gens rien qu'en les observant. Parfois elle préfèrerait ne pas avoir ce sens aiguisé qui lui fait ressentir la souffrance des autres. Elle a un projet secret : partir en Angleterre où elle sera jeune fille au pair pour fuir cette vie au Portugal. Mais avant elle veut vivre sa première fois avec Antonio. Sera-t-elle aussi romantique qu'elle se le figure ? Et sa vie en Angleterre aussi idyllique qu'elle le souhaite ?

Enfin il y a Marco, l'enfant du pays qui revient après avoir réussi, parait-il. Il est attendu comme le Messie et les plus folles rumeurs circulent à son propos. 

Dans ce roman l'alcool coule à flot et les langues se délient, colportent les rumeurs, font naitre les rancoeurs et mettent au jour le malheur. Certains personnages semblent faire un arrêt sur images, ils se demandent s'ils auraient vraiment pu choisir leur vie et font le compte des rêves auxquels ils ont renoncé. D'autres, à un carrefour important, se demandent si la voie sur laquelle ils s'apprêtent à s'engager est la bonne. Ils cherchent tous celle du bonheur. 

Ah l'attrait du pays étranger ! Ceux qui veulent y partir pensent y trouver une vie meilleure, un eldorado. On croit l'herbe plus verte ailleurs mais on oublie que l'on part avec ses casseroles attachées au sac à dos. On ne laisse pas les démons du passé à la frontière.

Ceux qui reviennent au pays alimentent tous les fantasmes, ils ont forcément fait fortune. Et si après tout, la vraie richesse était celle du coeur et l'envie de le faire battre plus fort en vivant pleinement, quel que soit le pays où l'on vit ?!

C'est un roman à lire pour le plaisir des descriptions et pour cette belle philosophie anti remords : quand on a un désir, il faut tout faire pour le réaliser.  

Chapeau à la traductrice Isabelle Maillet !!!

Un grand merci à Blue Grey qui m'a offert ce roman !

Quelques extraits (j'en ai noté tellement !!!) :

"le soleil jouait dans les cimes, disséminant ici et là diamants et émeraudes. La lumière reveillait les violets et les pourpres du champ labouré et ombrait les collines lointaines d'une délicate nuance de nostalgie."

"Quand on a un désir, faut tout mettre en oeuvre pour le réaliser. Vous en voyez beaucoup autour de vous des personnes heureuses, réellement heureuses ? Non vieux, vous n'en voyez pas, parce que les gens sont des fossoyeurs. Ils enterrent leurs désirs, tous leurs putains de désirs."

"La cliente avait continuer à jacasser, parsemant son disours d'intonations tour à tour courroucées, inquiètes et curieuses, de sorte qu'à elle seule elle évoquait un poulailler tout entier"

"la lune presque pleine brillait bas dans le ciel velouté comme si elle avait rebondi sur les toits."

 

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