Les facéties de Lucie

21 juin 2014

N'oublie pas les oiseaux de Murielle Magellan

n'oublie pas les oiseaux 

J'ai reçu ce roman il y a des mois déjà. J'attendais le moment parfait pour l'entamer.

Le précédent m'avait touchée plein coeur.

Celui là est rempli d'émotions qui éclaboussent à la lecture et que j'ai reconnu à la perfection tant elles m'ont traversées de la même manière à des périodes différentes de ma vie.

C'est pour ça que je ne l'ai pas lu d'une seule traite. Ayant jeté tous mes cahiers évoquant mes histoires passées et mon ressenti, je me suis demandée s'il était bien raisonnable de "replonger" au travers de ceux de Murielle Magellan.

Et puis en fait si, c'est très bien. J'ai eu le sentiment de communier avec Murielle...avec toute une communauté de femmes. Et franchement ça fait du bien de ne pas se sentir seule. 

L'histoire ? d'amour, enfin d'un amour qui donne de l'énergie, de l'élan mais un amour qui brûle, qui fait des entailles, qui tord le bide, qui vrille le cerveau, qui finit mal. Un homme excessif en tout, un homme attachant et talentueux, un homme qui joue beaucoup. Une homme qui mène la danse et peut devenir odieux. Une femme qui se laisse faire. C'est plus fort qu'elle. Un homme à femmes alors que sa femme est celle d'un seul. 

Des cahiers bleu Cambridge, des clairefontaine rouge à carreau ou un journal informatique dans lesquelles elle consigne ses états d'âmes, des petits mots d'amour laissés par celui qui se lève plus tôt que l'autre. 

Le délitement de quelque chose de fort. Des mots parfaitement choisis pour décrire les "périodes heureuses" comme celles qui sont douloureuses.

Un roman à lire. Absolument. 

Merci Murielle Magellan, l'exercice n'a pas du être si facile. Merci.

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17 juin 2014

Le philtre des nuages de Radu Bata

le philtre 

"Menu minceur n° 9

boire tes paroles comme une liqueur miraculeuse

mixer nos ardeurs dans le fruit de la passion

manger tes lèvres comme une barbe à papa

dégoupiller le sirop de grenade"

Des déclarations d'amour, des colères contre le temps qui passe, de l'impuissance ou du recul face à la manière dont tourne le monde, un grain de folie à la limite de l'absurde, de la poussière d'or, des épices du monde entier, de la vapeur et des étincelles, ce sont les ingrédients de ce recueil hors normes. 

Radu Bata est un sorcier de la poésie qui teste des formules qu'aucun auteur classique n'aurait osé expérimenter.

Ces "poésettes", poèmes sans prise de tête, sont à l'image de son auteur : nourries de beaucoup d'influences, impertinentes et épicuriennes.

Elles se jouent des codes traditionnels, contiennent différents degrés et se picorent au grè de l'humeur du lecteur.Et se relisent encore et encore. 

Et venant de la part d'une personne comme moi qui ne suis pas amatrice de poésie et qui n'a trouvé d'intérêt qu'aux textes de Gainsbourgh, croyez moi c'est énorme !

Ce recueil fun est magnifiquement illustré par Gwen Keraval qui a crée une sexy sorcière au bras alambic. 

Foncez vous le procurer ICI !!! 

Merci Radu de m'avoir ouvert les portes de votre univers ! 

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14 juin 2014

La fois où je suis devenu écrivain de Vincent Cuvellier

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Cela faisait longtemps qu'il me tentait ce roman jeunesse édité par le Rouergue. Je l'ai lu en le picorant compte tenu d'un emploi du temps chargé. Aujourd'hui j'ai le temps de vous en parler. Mais voilà, il ne m'en reste qu'un souvenir diffus. Alors je le lis à nouveau. Et il est plutôt beau ce parcours de vie d'un jeune homme qui devient écrivain, qui devient qui il est. Ce n'est pas une croisière sur un fleuve tranquille mais plutôt une traversée à la nage en mer agitée. 

Le narrateur est un jeune Brestois, personnage attachant qui galère avec les filles et l'école (" l'école a été pour moi une longue et incomprehensible épreuve. Je n'ai jamais compris pourquoi j'y allais, pourquoi je devais m'assoir avec tous ces gens que je ne connaissais pas, que je n'avais pas envie de connaître et apprendre des choses que je n'avais pas envie d'apprendre. J'avais l'impression qu'on voulait faire de moi un bon petit soldat, qu'on voulait m'apprendre à obéir, mais que jamais on ne m'expliquait pourquoi je devais obéir"). 

Il est avant dernier de sa classe et sa vie n'est donc pas "une allée bordée de fraises". Son truc à lui c'est l'écriture.

A 16 ans, il sort du système scolaire et enchaine les petits boulots alimentaires et surtout il écrit. Il ouvre le robinet et ses idées s'en écoulent sans discontinuer. Il provoque, il exagère, il veut qu'on le remarque. Il est "ni tout à fait comme tout le monde, ni complètement différent. A côté." Alors quand il remporte un prix, le premier, pour une de ses histoires, il est confronté à un monde dans lequel il ne sent pas à l'aise. On fait même des coupes dans son histoire avant de la publier.

Il cherche son style, s'embourbe et se décourage. Puis il revient à l'écriture et trouve enfin sa voie, moins provocante. 

Faire le choix d'écrire c'est prendre le risque d'être incompris et seul. De ne jamais parvenir à être publier. Pour Vincent c'est aussi vital que de respirer alors il s'entête et il a raison.

Donner à lire ses atermoiements est très intéressant et inspirant !

Des tas d'extraits m'ont fait sourire :

"ah oui j'ai toujours été nul en chaussures. Et c'est bêtes, mais pour draguer, les chaussures, c'est important."

"Les chapeaux, t'en mets soit quand t'es un gamin, soit quand t'es un vieux. Si t'en mets entre les deux, c'est que t'as loupé un épisode. "

"Brest. Une vraie ville, avec des vrais morceaux de vie; Une ville qui en a tellement pris dans la tronche qu'elle en est touchante. A Brest, tout le monde vit avec le fait qu'elle a été presque entièrement détruite pendant la guerre. Du coup, il y a un truc  entre les Brestois qu'il n'y a pas ailleurs. Rarement vu des gens défendre avec autant d'ardeur leur lieu de naissance. Rarement vu des gens avoir autant de mal à la quitter. "

"il y a des gens qui ne s'imaginent pas à quel point ils peuvent changer la vie des autres, juste par la magie d'une phrase. 

"J'écrivais point. j'écrivais parce que c'était ça ou rien. Parce que je ne pouvais pas faire autrement. "

"Quand on écrit, tout est permis. "

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26 mai 2014

"Cultivez votre bonheur" de Sophie Machot, ma bible.

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Je ne sais plus très bien comment j'ai atteri un jour sur le blog de Sophie, Concentré de bonheur.

Je me souviens y avoir lu des billets si positifs et inspirants que je revenais souvent "prendre ma dose" et y laisser quelques commentaires pour remercier Sophie de ces partages.

Elle m'a trés vite sollicitée pour y mettre mon grain de sel en lui livrant mes petits bonheurs du quotidien pour qu'elle les glisse dans son trombinoscope.

C'est au cours d'un de nos échanges qu'elle m'a expliquée être en train d'écrire un livre. J'avais hâte de lire ce concentré de bonheur version papier.

Une fois publié j'ai vu apparaître sur facebook les selfies de ses premières(ers) lectrices (teurs). J'ai acheté "Cultivez votre bonheur" le 17 mars et ai commencé à le lire dans le tram en allant au travail. Ce n'était pas le bon moment, je l'ai posé sur ma pile à lire. Je l'ai repris le 14 mai, oui presque deux mois après...Et là je ne l'ai plus laché.

Heuresement qu'il est indiqué en quatrième de couverture qu'il n'est pas besoin d'avoir la main verte pour fleurir ma vie en 4 étapes. Les seules plantes qui résistent à mon absence de soins sont les plantes grasses ou les cactées équipées de réservoir d'eau qui leur permet de ne pas dépendre de moi.

"Semez, Arrosez, Récoltez, Croquez". Sophie Machot file la métaphore du jardin tout au long de ce livre de développement personnel qui n'est pas un énième ouvrage en la matière mais bien un bréviaire frais comme la rosée du matin, lumineux et coloré.

Pas de thérorie fumeuse ni de leçon de morale, pas d'angélisme non plus. Il est juste question de reprendre les commandes de sa vie pour en faire exactement ce dont on rêve. Réaliser notre jardin extraordinaire en cessant de penser que l'herbe du voisin est plus verte. Bref, ne laissons plus les autres tenir la bêche.

Plantons, arrosons, récoltons. Alors bien sûr on essuiera peut être des averses de grèle, des tempêtes et des étés de sécheresse mais si l'on fait preuve de confiance, d'indulgence et de persévérance on a des chances d'avoir de sacrés beaux fruits à partager.

J'ai entendu pendant des années ma madre répéter "décidemment j'ai pas d'pot" (j'ai moi même longtemps recouru à ce procédé et c'est même le titre d'une catégorie de mon blog...), "c'est d'ma faute" ou "je suis nulle" à propos de tout et n'importe quand. Ma maman poule, chargée des croyances anxiogènes de son padre, avait des "pensées racines", comme Sophie les appelle, qui sonnaient comme des malédictions et lui barraient la route du bonheur. En plus de sa propre fille, elle couvait un tas de rêves inassouvis. Le tout a rendu folle ses cellules qui ont formé tumeur. Et j'ai forcément pensé à elle en lisant l'histoire de Madeleine dans le livre de Sophie...

Heureusement dans mon terreau il y a aussi les phrases de mon petit padre genre "y 'a pas de tant pis sans tant mieux". Je suis donc persuadée que je peux tirer du positif de toute situation négative. L'estime de soi était tout de même bien fluctuante dans ce foyer et la peur de l'échec parfois paralysante.

Bref j'aurais aimé que le livre de Sophie existât déjà en ces temps là. (et là je dois vous dire que je ne suis pas du tout sûre de la conjugaison du verbe exister dans cette phrase folle). Ma madre aurait pu sarcler ses "affirmations-poison". (Avez vous remarqué que j'ai moi-même commencé ce billet avec une de ces vérités toutes faites limitantes "je n'ai pas la main verte"?)

Ce livre est riche, rempli de références à des pères fondateurs, à des maîtres, riche d'enseignements et d'exercices pour avancer. C'est une invitation à ralentir, à savourer le moment présent, à cesser de rêver sa vie, à être connecté à soi et aux autres, à aimer, à rire, à partager.

Sophie livre beaucoup d'elle-même dans ce livre et je me suis sentie très proche de ses questionnements qui sont aussi les miens. Elle tend la main au lecteur et j'ai eu envie de la saisir pour aller rigoler avec elle devant un verre de bon vin.

J'ai refermé "cultiver votre bonheur" avec l'envie de l'offrir, de le réouvrir et d'en faire pas à pas tous les exercices, avec une liste de livres à lire longue comme le bras, avec l'impression qu'un vent bienveillant avait soufflé dans mon dos et l'envie pressante de reprendre la méditation.

J'en ai semé des graines avant de lire ce livre (suivi d'une formation "affirmation de soi" chez PMC, "quatre petits bouts de pains", "le manifeste vagabond", "imparfaits libres et heureux" et "méditer jour après jour" de Christophe André, "le sel de la vie" de Françoise Héritier) j'ai appris à mieux bêcher et mon jardin est plus fourni qu'avant. Mais je n'en ai pas fini de comprendre comment mieux fleurir ma vie en me protégeant des nuisibles et de mes propres démons.

Alors ce livre est ma nouvelle BIBLE, mon livre ressource. Merci infiniment Sophie. J'ai hâte d'assister à l'une de tes conférences à Paris !!!

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25 mai 2014

Les équilibres instables de Loïc Dauvillier et Clotka

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Coup de coeur pour cet album qui contient 5 histoires courtes aux chutes fracassantes.

Il y a toujours une tasse de café ou un chat noir, voire les deux en même temps dans ces histoires contemporaines.

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Le pitch des éditions Les Enfants Rouges donne envie :

"Loïc Dauvillier et Clotka jeune dessinatrice venue du blog, abordent avec « Les équilibres instables » le thème des relations humaines, de la difficulté à communiquer, des quiproquos qui peuvent en découler…


 1- Le marketing téléphonique a le don de vous casser les pieds. 
 2- Vous rêvez de déclarer votre flamme à une femme magnifique. 
 3- Votre voisine du dessus se plaint régulièrement du bruit provenant de votre appartement…

Si vous êtes concernés par une de ces situations, « Les équilibres instables » sont pour vous. Mais attention, les choses ne sont pas toujours ce que l’on croit, ni celles que l’on aimerait qu’elles soient…."

Ces nouvelles épurées et talentueusement illustrées se laissent dévorer en quelques minutes et scotchent.

Une réussite !!!

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15 mai 2014

Si mon premier roman était publié ce pourrait être...

couverture roman

Isadora a poussé la porte grinçante du conservatoire de danse il y a 15 ans et n'a cessé depuis de malmener son corps et le contraindre aux pires exercices.

La jeune femme à la chevelure enflammée a fini par contrôler ses moindres mouvements, son poids et tout son être. 

Un soir de répétition elle découvre qu'on peut être ronde et tout de même parvenir à dégager quelque chose d'extraordinaire en dansant.

Enora la plantureuse a rejoint la troupe pour une tournée spéciale. Elle fascine Isadora.

A t-elle ouvert la boite de Pandore ? Elle donne en tout cas du fil à retordre au chorégraphe et perce une sacrée brèche dans la muraille d'Isadora dont la vie est réglée comme du papier à musique. 

Dans ce roman, il est question de féminité, niée ou sublimée, d'amour et de rencontres qui peuvent tout changer pour peu qu'on accepte de laisser entrer la lumière.

Un roman apaisant et touchant dans lequel le feu fait fondre la glace. 

 

Couverture générée sur ce site et Quatrième de couverture écrite sur la proposition de Nicole du blog "tisser les mots"

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14 mai 2014

Finalement…je refais des facéties !

I am back.

C'est vrai, j'avais annoncé que je faisais mes cartons et que je partais mettre mes coudes sur la table

Mais ça c'était avant de boire du Chiroulet avec un homme pour qui le web n'a pas de secret.

Il m'a dit, on s'est dit, en substance :

-"mais en fait, quoi ?! les facéties, tu ne l'alimentes plus ??" 

-".... bein non..."

-"c'est dommage il est hyper bien référencé et puis tu te rends bien compte que ce que tu écris sur "les coudes sur les tables", c'est complètement différent, non ?!"

-"...euh, si.."

Quand j'évoque cet échange à mes ami(e)s certains me disent "bein oui les facéties c'est toi" et d'autres "bein en même temps les coudes c'est le mix de tes deux dadas". 

Bref, je vais revenir écrire par ici...

Et sur les coudes sur la table je garderai ma thématique cuisine.

Allez j'essaye ça. 

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26 mars 2014

Je déménage !!!

Les facéties littéraires ne me suffisaient plus.

J'y ajoute d'autres nourritures moins spirituelles pour encore plus de gourmandises. 

Vous pouvez continuer à me suivre par ici sur le blog "Les coudes sur la table". A tout de suite !!!

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16 mars 2014

Les petits ruisseaux de Rabaté

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Les petits ruisseaux forment les grandes rivières dit on. Les petites bulles de Rabaté forment une grande BD.

Lu d'un trait comme le blanc sauvignon que boivent Emile et Edmond, les deux personnages de cette histoire, tous les deux veufs et retraités. 

Ils se font de sacrés parties de pêche ensemble puis chacun rentre chez lui, Emile pour regarder les chiffres et les lettres et Edmond pour peindre des tableaux et repasser ses chemises pour conter fleurette.

Quand Edmond meurt, ses descendants mettent illico la maison en vente et font quasiment un feu de joie de ses toiles. Son ami Emile rejoindrait bien sa défunte épouse lui aussi. C'est sans compter sur de belles rencontres qui vont le ramener à la vie...

Coup de coeur pour cette BD optimiste, drôle et tendre. Il n'y a pas d'âge pour tomber amoureux et être heureux pour peu qu'on le veuille bien. 

J'ai adoré la gouaille des personnages, les dessins et le scénario de cette BD que je vous recommande chaudement. 

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08 mars 2014

La nonne et le brigand de Frédérique Deghelt

nonne 6 Quelques extraits pour commencer...

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"Je m'aperçois que la liberté est le mythe de ceux qui n'ont pas trouvé l'extase qui leur liera les poings et chevillera leur cœur ."

L'auteure, dans ce roman, a trempé sa plume directement dans le coeur des femmes qu'elle met en scène. Dans celui de Lysange femme mariée à John qui aime follement et déraisonnablement Pierre un photographe de guerre qui lui délivre son amour au compte goutte. Dans celui de Soeur Madeleine toute entière dévouée à Dieu jusqu'à sa rencontre avec Angel. 

Les trajectoires de ces deux femmes vont se croiser grâce à un carnet noir, le journal de Soeur Madeleine. Sa lecture sera plus qu'éclairante pour Lysange...

Quant à la mienne de ce roman, je ne sais pas quoi en dire. J'ai apprécié sa construction qui lève le voile au bon rythme et les mots pour dire l'amour qui nous surprend en naissant là où on ne l'attend pas, qui fait parfois mal par son intensité sans retour...

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