Les facéties de Lucie

24 novembre 2014

Une photo, quelques mots (143ème)

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Reconnecte toi avec ta lumière intérieure, qu'elle me disait. Un truc de boudhistes ou de scientologues. Quand tu es au fond du trou y'a plus de lumière du tout et personne pour t'en apporter. Alors oser être soi, raviver sa flamme et créer sa chance, c'était pile le genre de messages que j'entendais pas. Jusqu'à cette rencontre qui a changé ma vie. Un petit bout de bonne femme assise sur un coussin rempli de lavande, un "zafou" comme elle dit. Elle payait pas de mine mais n'avait pas l'air d'une illuminée ni d'un gourou. C'est elle qui m'a parlé de la connexion avec la lumière du dedans. Je savais même pas que je pouvais abriter une petite boule de feu qui serait comme un carburant pour avancer. Et que le savoir et l'entretenir pourrait me stabiliser, m'ancrer, me donner confiance en la vie. Pourtant. Je médite chaque semaine avec elle depuis quelques mois. On allume toujours une grosse bougie avec une petite avant de commencer. On ne fait pas le vide dans notre tête, ça j'en serais pas capable. Non, on laisse filer les pensées, on les regarde comme les nuages qui filent dans le ciel poussés par le mistral, comme les feuilles d'automne qui tourbillonnent dans la cour. Depuis, je n'ai plus peur de rien. Ni de moi, ni de ce qui pourrait m'arriver. Je prends soin de ma lumière intérieure. Les autres la voient maintenant et disent que je rayonne. Je crois que ça leur chauffe le coeur aussi. C'est puissant une lumière intérieure, on le croit pas au début mais ça irradie tout autour. Rapprochez vous de moi, vous verrez.

 

Merci Leiloona pour cette belle proposition...

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23 novembre 2014

Sunday morning à Avignon City

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Prendre son petit déjeuner au soleil, laisser le soleil chauffer la peau.

Choisir le chemin Ste Anne pour atteindre le jardin des Doms, apprécier la vue jusqu'au Mont Ventoux, les couleurs d'un automne aux températures si douces.

Apprendre qu'un agronome Perse a permis la culture de la garance à Avignon (Jean Althen avait caché des graines dans sa canne au péril de sa vie), s'imaginer danser sur le pont, se dire qu'on est plus près de Marseille que jamais (hein Gaëlle ?!) admettre que la chrétienté a crée de belles oeuvres d'art. 

Rentrer déjeuner sur la terrasse. 

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17 novembre 2014

Ressortir le Reflex et arpenter les rues d'Avignon...

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Des messages sur les murs, des plantes aux fenêtres, des clochers et un palais. La lumière du jour qui descend.

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15 novembre 2014

Mon année Salinger de Joanna Smith Rakoff

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Je vous parle peu de mes lectures dans le cadre du prix Elle 2015. Mais là, vraiment, il le faut.

Pour ceux qui auraient manqué les épisodes précédents, je suis donc jury du prix Elle pour le mois de janvier et j'ai reçu en octobre le colis de 7 livres, le plus conséquent donc.

"Mon année Salinger" sort du lot, il est en tête de podium, du mien.

J'ai accroché d'emblée à l'histoire grâce à l'écriture et au ton. J'aurais adoré le lire d'un trait mais n'ai pas pu matériellement le faire. Y replonger de temps en temps c'était comme de retrouver une amie, l'ambiance et l'atmosphère ne m'avaient pas quitté.

Cette jeune femme vit à New York, à Brooklyn exactement, avec son fiancé Don un écrivaillon dont les histoires sont trop tarabiscotées pour être publiées. Il faudrait raboter.

Joanna est embauchée comme assistante dans une maison d'édition où seule la machine à écrire a le droit de cité et dont la boss a des airs de tyran.

La mission principale de Joanna consiste à répondre au courrier des lecteurs d'un auteur, un certain Jerry, qu'elle a l'occasion d'avoir au téléphone de temps en temps. On ne lui demande pas autre chose que de recopier une lettre type de réponse. Elle va pourtant déroger à la consigne plusieurs fois...et finir par essayer de comprendre cette fascination des lecteurs pour les romans de ce fameux Jerry...

Un bon roman qui parle de ceux qui font les livres, les mettent au jour ou au pilori, sur un piedestal ou au fond d'un carton.

Un récit qui rappelle que les romans sont parfois des miroirs tendus qui font du bien pour avancer et accepter ce qui transperce nos coeurs.

Amoureux(ses) du monde des livres, de l'écriture et de l'amour, je vous recommande cette lecture qui donne envie de découvrir l'univers de Salinger (en tout cas le faire n'est pas un pré-requis pour aborder ce livre là).

Extraits : quand elle évoque le fait qu'on s'identifie très facilement aux personnages de Salinger au point d'avoir l'impression que l'auteur a pénétré notre cerveau. "Peut être que, comme moi, vous vous être surpris à sangloter en vous reconnaissant dans le personnage, soulagé de savoir que quelqu'un d'autre avait éprouvé le même épuisement, le même desespoir (...) quelqu'un d'autre qui essayait de comprendre comment vivre dans ce monde".

"Parce que lire un histoire de Salinger, c'est moins lire une nouvelle qu'entendre Salinger vous le chuchoter à l'oreille. Il crée un monde à la fois incroyablement réel et terriblement plus intense que la réalité, comme s'il parcourait la terre avec les nerfs à vif."

"tu es rose et lumineuse. Tu avances dans le monde comme si tu irradiais la lumière"

"Il n'y a pas de vrai. Il n'y a pas de vérité (...) le monde est quelque chose de subjectif. Il est le produit de notre experience."

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13 novembre 2014

Des baisers froids comme la lune de Mélanie Chappuis, les "Mélanie" suisses qui écrivent sont elles toutes aussi talentueuses ?

baisers froids 

Coup de coeur, coup au coeur. Encore un livre qui arrive entre mes mains au moment parfait. Bref, une belle rencontre. Dans ce roman c'est celle de deux êtres, un homme et une femme, qui deviennent amants.

Lui, Vincent, a 55 ans et est marié à Lisa. Elle, Anna, a 28 ans et s'est mariée trop vite à Victor, le demi frère de Vincent, il y a un an à peine. La petite Mona, 8 mois, est née de cette union. 

Vincent refuse de vieillir. Il fait du vélo à outrance pour garder un corps musclé, blanchit ses dents et fait des U.V. Il se gargarise d'être le rédacteur en chef du plus grand quotidien de suisse romande. Il se croit irrésistible. 

Il n'a pas tout à fait tort, Anna craque pour lui tout en se disant qu'elle ne devrait pas. Ni l'embrasser, ni faire l'amour avec lui, ni lui envoyer autant de messages et attendre aussi fébrilement les siens. 

Mélanie Chappuis nous fait habilement pénétrer dans leurs cerveaux. La matière grise tente de reprendre le contrôle des corps embarqués dans cette histoire sans issue. L'auteure alterne les points de vue d'Anna et de Vincent. C'est si juste...On assiste sans pouvoir le lâcher des yeux à une partie de ping pong dont les échanges deviennent douloureux. C'est la dérive possible de ce genre de jeu...

Merci Sabine de m'avoir envoyé ce roman. Ton image du chat et de la souris est parfaite...

Extraits : "et moi je ne serai qu'un coup de sang survenu dans un moment de fragilité". page 69

"il ne faut pas que je tombe amoureux. Il faut que je garde le contrôle." page 41

"on ne devrait plus se voir et laisser cet amour impossible s'éteindre, faute de souffle" p95

"on ne plaint pas une femme qui trompe son mari. On pense que c'est bien fait pour elle si elle souffre." p 111

"Une maitresse n'est pas faite pour nous mettre sous pression. Elle n'a rien voulu d'autre. Qu'elle ne se plaigne pas ensuite d'être traitée comme telle." p 121

"on a vécu ce qu'on pouvait" p 135

"on a partagé si peu de choses. Rien du quotidien. on a beau dire que ça finit par tuer l'amour, ça crée des liens, aussi, le quotidien." p 138

"cette fois on tient bon."

"elle a compris qu'il faut prendre le temps d'aimer, et de ne plus aimer. D'accepter que la vie ce n'est pas toujours ce qu'on avait prévu". 184

baisers

message

poulette

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08 novembre 2014

Comment m'est venue ma philosophie de la vie de Lichuan YIN

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J'ai choisi d'emprunter ce livre pour différentes raisons : d'abord pour le titre, ensuite pour les mots de la 4ème de couverture : " les jeunes femmes rebelles de ces récits prônent l'amour libre", "insolence", "autodérision", "ironie", "liberté de ton", enfin pour les pétales de fleurs trouvés entre deux pages. 

petales

 J'ai accueilli de manière inégale ces 4 nouvelles qui forment le recueil. 

Je n'ai pas terminé la dernière, "Sun Zi cherche son père", qui nous propulse en 2020 aux côtés d'un jeune homme qui part à la recherche de son père. 

La 3ème "13 pièces éparses" m'a invité à la reflexion sur ce qu'est le peuple, de quoi il se nourrit et jusqu'où la foule peut délirer... La journaliste de cette histoire se documente sur le terrain pour écrire un livre sur le sujet. La chute de la nouvelle est digne d'un roman de Teulé. 

"Pourquoi le peuple ne faisait-il qu' ajouter foi aux rumeurs ? Pourquoi faut-il toute une vie pour convaincre un individu alors que des racontars suffisent à mobiliser toute une foule ?"

"Amours clandestines", la deuxième nouvelle, est l'histoire qui m'a le plus touchée. C'est celle d'une femme mariée, écrivain, qui a des amours parallèles et notamment un amant régulier. Combien de temps pourra t'elle maintenir ce fragile équilibre ? 

"Moi qui avais toujours pensé que l'individu n'était pas maitre de son destin, j'avais maintenant le sentiment que rien n'était si simple que d'infléchir le cours de sa vie." page 67

"Zao Xiaojun équilibre ma vie de femme mariée" page 29

"J'ai découvert que les amours clandestines dépassaient en intensité tout le reste". page 70

"Tout comme mes amis fréquentent des filles pour pimenter leur vie de couple, une femme peut prendre un amant pour consolider sa relation maritale". page 71

Quant à la première histoire qui donne le titre au recueil, elle est parfaitement étonnante, je vous laisse le plaisir de la découverte. Vous verrez que certaines fixettes peuvent mener à la folie...et à l'écriture !

Comme toujours avec les éditions Picquier c'est donc une bonne pioche !

Traduction du chinois assurée par Hélène Oskanian.

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24 septembre 2014

L'exception de Audur Ava Olafsdottir, touchée !

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J'ai volontairement lu ce roman lentement pour ne pas le refermer trop vite tant j'étais bien dans cette lecture.

J'avais déjà rencontré ce genre d'histoire sous la plume de Véronique Merlier : les atermoiements d'une femme dont le mari l'a quittée pour un homme.

L'auteure islandaise magnifiquement traduite par Catherine Eyjolfsson y met sa touche de froid polaire et de cocasserie.Les personnages sont décalés et terriblement attachants. Les mots sont simples et tellement justes pour décrire la manière dont la douleur décolore le quotidien et insinue le doute en tout.

Maria s'en pose des questions à propos de cet homme, des souvenirs qu'elle a avec lui. Elle se repasse les images, essaye de comprendre. Tient le coup pour ses deux petits bouts et grâce à sa voisine fantasque conseillère conjugale qui écrit des livres pour les autres. "Les enfants doivent manger même si la famille se décompose" alors Maria cuisine. Maria repeint les murs aussi.

Maria s'étonne de survivre à tel cataclysme. On croit mourir et on est toujours en vie. Et Maria n'est pas au bout de ses surprises masculines.

J'ai particulièrement aimé les passages qui évoquent la vie, ses itinéraires bis, ses portions mal éclairées et ses virages mal indiqués. Le chemin est loin d'être tout tracé mais quel que soit celui qu'on choisit le soleil finit toujours par traverser les nuages et éclairer l'asphalte. 

calcite

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22 septembre 2014

Une photo, quelques mots (134ème)

portable 

Les pouces forment les phrases à toute allure. Il y a urgence. On peut se voir. Enfin. Entre deux rendez vous. Tous mes doigts vont retrouver leur utilité et caresser son visage. Mes oreilles entendre sa voix, mon corps sentir la chaleur du sien. En attendant il faut que nos sms se disent où et quand on peut se capter. Vite. Avant qu'il ne renonce parce que c'est trop compliqué, pas raisonnable. Sans issue. Je me fiche de demain. L'important c'est ce présent qui semble écrit par une main malicieuse. "Dans un quart d'heure en bas de chez toi". Son message me fait sourire de l'intérieur vers l'extérieur. On se voit.

 

Texte écrit pour l'atelier de Leiloona. 

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08 septembre 2014

Une photo, quelques mots, 132ème.

roue de la vie

Ton sourire, tes yeux, nos corps, une évidence. Jusque là on s'était parfaitement compris. Une fois les mots ajoutés, ça s'est moins bien passé. Il faut dire que j'en utilise dix fois plus que toi, ne mets aucun filtre, ne tamise rien, livre brut. Je fais les questions et les réponses. Toi, dès le début, tu as mis distance de sécurité et interdiction d'accès à l'intériorité, contexte oblige. Je savais qu'il fallait que je réfreine, que je tempère, que je me calme pour éviter la douche froide. Je savais que ton silence n'était pas forcément de l'ignorance. Je n'ai jamais pensé que ce message pouvait être celui de trop. Sinon, tu penses, je me serais abstenue...Me voilà donc prise à mon propre jeu. Je déguste un peu, évidemment.

Réponse à l'invitation à écrire de Leiloona.

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31 août 2014

"Sauf quand on les aime" de Frédérique Martin : coup de coeur !

sauf quand on les aime 

J'ai su dès les premières lignes. Une évidence. Ce roman m'a happé.

Vous en parler ensuite est forcément compliqué. Je réecris chaque phrase trois fois tant elles me paraissent toutes constituer un ramassis de lieux communs, tant elles sont fades et ne font pas honneur à ce beau livre.

Ce roman contient toutes les facettes de la vie même les plus sombres. Frédérique Martin nous les donne à lire expurgées de tout artifice. Elles sont brutes, non édulcorées. Les émotions qu'elles font naître chez les personnages transpirent de chaque page. Elles nous atteignent, on les revêt toutes. 

Claire, Juliette et Kader ont formé colocation à Toulouse pour parvenir à mieux affronter la vie en oubliant que la digue la plus solide n'empêche pas le ravage d'un tsunami. La déférlante qui s'abat sur leur petit monde est plus violente que les grains de sable qui faisaient déjà dérailler leur apparente harmonie. 

Cette cruelle réalité n'empêche pas le bonheur de pousser telle une fleur de rocaille entre deux rochers. 

J'adore Ethan et Tisha pour la liberté qu'ils s'autorisent, pour leur absence de certitudes et leur envie de croquer la vie quand même...Frederique Martin a l'art des descriptions atypiques et éloquentes et le réalisme maitrisé de son récit me l'a fait aimer instantanément et durablement. 

Coup de coeur donc et ma façon de croquer la vie confortée.

sauf quand on les aime 1

sauf quand on les aime 2

J'ai adoré le billet de Leiloona aussi.

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