Les facéties de Lucie

20 août 2016

Quand le vernis bourgeois se craquelle... Intuitions de Dominique Dyens

dominique_dyens

Ce roman là je l'ai acheté au salon du livre Les mots Doubs de Besançon en septembre 2011. Il m'aura fallu 5 ans pour l'ouvrir et le lire. Quand même. 

Je l'ai lu presque d'une traite tant la construction tient en haleine.

Dominique Dyens nous brosse le tableau d'une famille bourgeoise des Yvelines qui est comme une cocotte minute prête à exploser. Le sms de Grégoire, le fils en stage à New york, lance le compte à rebours. Il annonce à sa famille qu'il revient et va se marier. La jeune femme qu'il a rencontré à New York n'est pas américaine, elle est en fait originaire de la même ville huppée que lui. Quand Nathalie, la mère de Grégoire, rencontre Gala, la fiancée, elle tique. Elle va se fier à son intuition pour mener l'enquête sur la jeune fille et ce qu'elle va découvrir va faire craquer le vernis de leur petite bourgeoisie. 

C'est très efficacement écrit, on ne lâche pas avant de savoir, on pressent sans parvenir à deviner alors les rebondissements suprennent vraiment. Ce n'est pas téléphoné. Bien joué Dominique Dyens. 

Je recommande ce court roman

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17 août 2016

A l'abri des regards de Anne-Frédérique Rochat, une jolie découverte !

a l'abri

Ce roman a été longtemps sur mes étagères, puis dans un carton en route vers une jolie maison.

A la faveur de ma pause estivale, je l'ai enfin ouvert et waou !!! Je l'ai terminé la nuit dernière puisque cette fichue pleine lune avait décidé de nous oter le sommeil à tous. A mi livre, l'auteure m'avait prévenu : "il vous reste quelques découvertes..." Fichtre bigre ! en effet, je n'étais pas au bout de mes suprises.

Alors je ne vais pas vous les gacher ces effets là en vous racontant trop. Je vais simplement vous dire qu'il est urgent de découvrir la plume de cette auteure suisse.

Dans ce roman elle a choisi de raconter la même histoire - Anaïs, 36 ans. Deux petites filles et une fatigue immense. Un besoin de s'éloigner des siens pour ne pas franchir la ligne rouge. Elle cohabite 9 mois avec un retraité taxidermiste et tenter de comprendre ses fantômes - du point de vue de 4 protagonistes.  

Le procédé est certes connu, il est ici maitrisé et efficace. J'ai eu peur pourtant je vous avoue lorsqu'elle a donné la parole à une enfant de 8 ans. Je ne suis pas très fan des narrations à hauteur d'enfant. Mais Anne-Frédérique m'a embarqué dans cette vision du monde des adultes et dans cette histoire avec une facilité déconcertante. 

Par ce roman, l'auteure met en lumière ce qu'être maman veut dire, ce que cela réveille de notre passé et la difficulté de composer avec nos émotions quand nos enfants ont tant besoin de nous pour grandir. 

Un coup de coeur !

Merci Sabine.

Quelques extraits...

"Quand on se perd, on devient égoïste, on ne pense plus qu'à soi, à sa survie : se retrouver, se retrouver en vie."

"Je me sens liée à lui, et c'est sécurisant, malgré tout, d'avoir un ancrage. Une attache. " page 48

"La lecture peut sauver de tout (...) si j'ai eu très tôt envie d'apprendre à lire, ce n'était pas pour lire ce qu'on voulait que je lise, mais pour découvrir tout le reste, tout ce que je ne sais pas, lever le voile sur les mystères du monde, mettre des mots sur les silences, comprendre les "tu comprendras plus tard". Surtout ça. Donner un sens à ce qu'on ne m'explique pas." page 152. 

"elle se fait du souci pour tout. ce doit être fatiguant de continuellement s'imaginer le pire. Jessaie de la réconforter la calmer, mais je sais pertinnemment que l'angoisse est un trou sans fond. " page 223

"arrête de te torturer comme ça ! Personne n'est parfait. Ne sois pas si orgueilleuse. Tu fais de ton mieux. Et ton mieux est tout à fait à la hauteur. Laisse toi un peu tranquille, bon sang !" page 224

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13 août 2016

Repose toi sur moi de Serge Joncour

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"Est ce que ça se peut d'être foncièrement tourné vers les autres, sans rien attendre en retour ?"

Ce roman de Serge Joncour, j'ai eu la chance de le recevoir avant sa sortie (Merci aux éditions Flammarion et à Anne Blondat) et je savais sans l'ouvrir qu'il me plairait. Et bim, et boum, banco on vend la caravane ! (JM, Sabine et Greg reconnaitront les clins d'oeil respectifs à leur expression fétiche).

J'ai ralenti ma lecture sur les deux derniers chapitres tant je voulais rester encore avec Ludovic et Aurore. 

Je vous les présente mais je ne vous dirai pas tout. Je vous laisse lire ce splendide roman vous même, vous attacher à eux comme je l'ai fait et sans doute vous identifier. 

Ludovic =

  • 46 ans, colosse d' 1m95 pour 102 kilos,
  • travaille dans une société de recouvrement,
  • a quitté sa campagne natale pour Paris suite au décès de sa femme,
  • n'est pas du genre à se laisser attendrir (est finalement fait du même bois que tout le monde)

Aurore =

  • styliste, a crée sa propre marque avec un ami associé qui fomente un sale coup
  • mariée à Richard businessman américain presque parfait,
  • maman de deux enfants nés le même jour (elle n'aime pas qu'on dise les jumeaux),
  • a profondément besoin d'être rassurée et comprise 
  • perd parfois la force d'être elle même et rêve de ne plus être l'adulte sur qui tout le monde se repose
  • est encerclée par ses peurs et notamment celle de ces deux corbeaux qui se sont installés dans la cour de son immeuble en lieu et place d'inoffensives tourterelles. 

Leurs destinées vont se nouer grâce à un épisode digne des oiseaux d'Hitchkock. Ludovic va déloger les deux volatils à sa façon et ainsi mettre un pied dans la vie d'Aurore. Alors, Heureux ou mauvais présage ces corbeaux ?

Tellement d'extraits relevés que je ne dépose pas tout ici. 

"ce qu'elle avait sous estimée en elle, et qu'elle s'efforçait toujours de taire, c'était ce profond besoin d'être rassurée."page 149

"Aux premiers moments d'une histoire, l'idée de l'autre obsède, on y pense tout le temps, ce qu'on a vécu avant n'existe plus, le passé est cette chose insignifiante et prodigieuse qui s'est contentée de nous amener là, comme si vivre n'avait servi qu'à ça, ce besoin de retrouver l'autre. " page 294

"être plus fort cest prendre appui sur la faiblesse des autres, amoindris qu'ils sont par leurs peurs, leurs manques, la faille est en chacun, le tout d'est de la déceler".  page 164

"elle n'en pouvait plus de ce harcèlement de péripéties d'une vie trop pleine, elle avait juste envie de démissionner, de se mettre à la hauteur de ses enfants, de ne plus être l'adulte sur qui tout le monde se repose". 

Sa résistance, on la décide à tout instant, à tout moment on résout de se laisser envahir ou pas par l'angoisse, de se laisser submerger par une préoccupation à laquelle on accorde trop de place."

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12 août 2016

Dépendance day, ce fameux jour que l'on craint tous et certains plus que d'autres. Excellent roman de Caroline Vié.

dependance day 

Ce roman, j'ai eu la chance de le recevoir de la maison d'édition avant même sa sortie. Je l'ai ouvert, à peine commencé. Je n'ai pas accroché. J'aurais peut être du enlever ce bandeau commercial "tue-l'amour" aussi, une photo de charentaises ...

J'ai déménagé. Je l'ai promené dans mes cartons et je l'ai ouvert presqu'un an et demi plus tard. Et là Bim comme dirait mon JM, j'adhère, j'adore, je jubile de retrouver le phrasé de Caroline Vié. 

Le thème est costaud. Alzheimer mon amour ou la décrépitude plus ou moins prononcée de nos ainés. Après eux, à qui le tour ???

Le roman commence par un rendez vous chez la neurologue. Notre narratrice, Morta, est flippée. Elle se teste chaque jour : date, année, nom du président de la république, prénom, nom. Elle a peur de finir comme Clotho et Lachésis. Les femmes de cette lignée ont beau avoir le prénom de divinités mythologiques maîtresses de la destinée humaine, il semblerait qu'elles ne puissent pas présider à la leur. En effet, dans cette famille on perd très vite le fil, on a Alzheimer de mère en fille. Morta va t'elle échapper à ce funeste destin ??

Où l'on retrouve le tranchant des mots de Caroline Vié et son mordant teinté d'humour. Comment aborder de front une thème qui nous hante tous. Chapeau !

D'une certaine façon, ce roman m'a fait penser à celui d'Olivier Bourdeaut.

"Je sais ce que l'amour contient de douleur, qu'on ouvre la brèche quand on ouvre son coeur". page 191

" Clotho ouvre le frigo et invite le père dans la boucle de la distribution de la piquette. Il supporte mieux l'alcool qu'elle. Quand maman commence à délirer vraiment, que sa diction évoque la consisitance d'une colle à papier peint, je prends congè en prétextant une migraine. J'ignore alors que le vin blanc n'est pas l'unique responsable de ses égarements". 

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23 juillet 2016

Fuck les régimes de Chloé Holling. Lecture indispensable.

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J'ai eu envie d'acheter ce livre après la lecture d'une page publiée par une lectrice sur facebook. Elle synthétisait la quadrature du cercle que doivent résoudre les femmes : être une bonne mère mais rester bandante, professionnellement au top mais investie dans son couple. Bref, nous devons être des surfemmes, des superwomen. Et minces, avec ça. Bein voyons. 

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Ce livre m'a particulièrement touchée car j'ai commencé un régime au lycée alors que je n'avais objectivement pas besoin de perdre du poids : 55 kilos pour 1m63.  Tout allait bien si je n'avais pas pris à coeur quelque réflexions sur le volume de mes fesses et si je n'avais pas eu une maman obèse qui démarrait un énième régime. J'ai embrayé avec elle et je suis tombée amoureuse de ma perte de poids au point d'atteindre les 42,5 Kgs. La taille 34 était presque devenue trop grande, les courses et les sorties entre amis étaient un cauchemar, la nourriture un ennemi. Deux ans et demi d'anorexie ont perverti mon cerveau et déplacé mon curseur alimentaire pour toujours. J'ai finalement repris du poids et des formes, trop à mon goût de l'époque. J'ai réussi à stabiliser jusqu'à la perte de repères qui m'a amené tout droit dans le cabinet d'une dietéticienne comportementaliste. Avec elle, j'ai dézingué mes croyances alimentaires, détruit ma liste d'aliments interdits, appris à lacher prise et à écouter mon corps. Aujourd'hui ça va. J'ai parfois quelques remontées du passé mais ce n'est rien du tout. Je cuisine chaque jour de bons petits plats que je vends dans les Halles d'Avignon. Et quand mes clientes me disent qu'elles sont au régime je leur dis "c'est qui Régime?"

Rencontrer ce livre c'était revisiter toute mon histoire alimentaire ou presque. Chloé a 27 ans. Elle est comédienne. Son livre témoignage parlera à beaucoup d'entre nous, à toutes celles qui se sont trouvées trop grosses et se sont martyrisées à coup de régimes aussi inutiles les uns que les autres.

Elle n'est pas obèse quand elle commence la guerre contre son corps. Pourtant, elle se déteste, se punit, se trouve nulle et moche. Elle passe la majorité de son temps à essayer de devenir quelqu'un d'autre et à ne penser qu'à une chose "Putain de bourrelets" et à cette petite phrase que lui serine sa mère : "l'obésité court dans nos gènes, tu le sais ça ?" Elle grossit, maigrit, regrossit. Jusqu'au jour où elle décide de d'arrêter les régimes, de lâcher prise, de cesser de vouloir le contrôler ce poids. De s'aimer telle qu'elle. Et comme par enchantement, tout va beaucoup mieux. Et les kilos s'envolent.

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Une lecture indispensable. 

Quelques extraits : "On ne soupçonne pas une personne svelte d'être perturbée par des questions de poids" (...) Comment parler d'une telle souffrance ? En aurais je eu la légitimité, avec mes 52 kilos et trois poussières ?"

"Mon obession de la minceur n'avait peut être pour seul but de me tenir à l'écart de cette douloureuse réalité... J'ai peur de prendre ma place. ...Et demeurant mince, je m'assurais, justement, d'en prendre le moins possible." page 75

"la Minceur, pour moi, c'était plus qu'un caprice accessoire. C'était une promesse. Celle d'une vie meilleure. Plus mince, j'étais convaincue que je serais plus attirante, bien entourée, je plairais aux hommes, j'aurais confiance en moi, j'aurais du succès, une belle vie, je serai drôle et brillante, bien habillée, couverte d'amants, et (plus important peut être) pourrais sans peine me montrer en bikini l'été. La Minceur était un package sur lequel s'inscrivait la mention : digne d'être aimée."

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25 juin 2016

Giboulées de soleil ou le coup de coeur après lequel je quitte l'aventure des 68.

giboulées 

Pour ceux qui n'ont rien compris au titre de ce billet, j'explique : j'ai eu un jour l'idée folle d'accepter de participer au projet non moins délirant d'une boulimique de livres, j'ai nommé Charlotte l'insatiable.

Objectif : lire un maximum de premiers romans et les chroniquer sur mon blog. Faire circuler les livres et partager gaiement avec les autres participants.

J'avais choisi l'option cool, l'option douce, bref je pensais que j'y arriverai. Je me vois contrainte de baisser les bras, de déclarer forfait. Mes yeux se ferment à chaque fois que j'ouvre les romans, j'ai trop peu de temps et d'énergie pour lire. Les gentilles organisatrices ne savaient même plus comment me demander de faire circuler plus vite les romans qui stagnaient dangereusement à mon chevet. J'en ai renvoyé un sans l'avoir ouvert. J'en ai lu deux quasi d'une traite à la faveur d'une accalmie professionnelle.

Et enfin j'ai reçu Giboulées de soleil. C'est un roman splendide. Je l'ai lu de manière tellement décousue que j'en ai perdu le fil des secrets de famille. L'histoire des ces femmes, Magdalena, Libuse et Eva, m'a beaucoup plu et malgré la frustration de ne pas avoir pu pleinement profiter de ces moments de lecture, je n'hésite pas à hisser ce roman au rang de coup de coeur.  Alors je vais le faire décoller vers sa prochaine lectrice et je vais l'acheter pour le relire, tranquillement. Carrément. 

Cette histoire de femmes qui répétent le même scenario m'a fait penser aux petites mères de Sandrine Roudeix. Et comme avec Sandrine, j'ai littéralement fondu pour cette écriture photographique et sensible. Lenka pourrait raconter n'importe quoi que je la lirai avec le même bonheur au point d'avoir envie de le faire à voix haute. 

Extrait de la note de fin de roman de l'auteure qui explique avoir raconté cette histoire à une amie avant de la coucher sur le papier : "je lui ai parlée d'une lignée de femmes inscrites dans l'histoire de la Tchécoslovaquie de sa création jusqu'aux années 80. Chacune d'elles doit assumer son destin, toutes espèrent vivre loin de la politique et du Tumulte de l'Histoire. Mais le monde les attrape, les rattrape, et leurs vies en sont ébranlées. Pourtant, si tragique que cela aurait pu être, rien n'est irrémédiable, même dans les moments les plus sombres. C'est une histoire de mères, de grand-mères, de filles et de petites filles, d'amour et de non-dits qu'elles voudraient protecteurs ; une histoire de racines et d'identité, de famille et de batardise fatalement transmise de génération en génération. De cette différence, ces femmes feront une distinction".

Enfin quelques extraits "Que ce soit chez les mamies ou à la maison, à l'école, partout, on n'entend que ça : travailler, il faut travailler, pour soi, pour les autres, pour que la vie avance. je suis sûre que la vie avancerait très bien sans mon travail. Elle n'en a que faire de mon travail la vie, et puis c'est quoi, la vie ? J'espère que la vie ne se résume pas au travail." page 271

"les confitures ne sont pas servies directement dans des pots posés sur la table, mais dans de jolies coupelles au bord desquelles Madame Gabriela a disposé ces petites cuillères fines. Toute cela fait de chaque leçon une fête. ses confitures sont presque aussi bonnes que celles des mamies. Le pain aussi. Elle le grille, et le beurre. Le beurre fond sur le pain chaud, le rend craquant et moelleux à la fois" quelques pages avant...

"Chacune de vous, les filles, porte en elle un brin de soleil. Je me demande pourquoi je ne vous ai jamais dit ça avant. On pense que ce qui est évident pour soi l'est aussi pour les autres, que c'est inutile à dire. Tu vois, ma petite, on ne sait rien. On cesse d'être innocent et ignorant quand on s'aperçoit qu'on ne sait rien. Et c'est déjà trop tard. "

"Maman a dit qu'on peut espérer, et papa a répondu que les espoirs, les espoirs ce ne sont que des paillettes qu'on se jette dans les yeux pour ne pas voir, qu'il n'y a plus rien à espérer. Je trouve ça plutôt stupide de se jeter soi même quelque chose dans les yeux. Je sais aussi que l'espoir est bon, parce que c'est Mamie Magdina qui me l'a dit. Elle a dit que l'espoir c'est comme une petite poche d'air, comme celle qui est dans la carpe que l'on mange à Noël, qui fait flotter le poisson, et que si un jour on se sent noyé et on pense qu'on va mourir, cette petite poche est là, en résevre, pour le moment le plus difficile, et parce qu'on le sait, on peut faire bien plus et toujours mieux. " page 238

"j'aimerais ajouter tout de même que je ne suis pas sûre qu'on puisse inventer une politique agricole dans un bureau. Depuis un bureau, on n'imagine ni la douleur ni la beauté. Oui, la terre, pour la connaître, il faut y plonger ses mains, mettre son nez dedans pour la sentir" page 40

Leiloona aussi a follement aimé cette "plume enchanteresse". 

L'irrégulière l'a trouvé implacable et puissant et Sabine friable et indestructible. 

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07 juin 2016

C'est où le nord ? de Sarah Maeght

c'est ou 

Pourquoi j'ai lu ce roman ? 

A cause de Katherine Pancol et d'un de ses posts sur facebook nous invitant à courir l'acheter. Elle racontait la petite histoire de la naissance de ce roman et sa rencontre avec l'auteure. Il ne m'en fallait pas plus. 

Comment se fait il que je sois parvenue à le lire aussi vite ? 

Parce que si j'ai d'habitude les yeux qui se remplissent de sable dès la première page c'est sans compter le talent de l'écrivaine à m'accrocher d'emblée et pour longtemps. 

Doit on se fier à la 4ème de couverture dithyrambique (avoue, ça faisait longtemps que tu ne l'avais pas utilisé celui là) ? 

Oui, Oui, Oui, 3 fois oui, donc. Aucune publicité mensongère. Katherine Pancol dit que " des romans comme celui-là, on les ouvre et on reste planté à tourner les pages, la langue pendante..." Et c'est vrai, c'est addictif. 

Elle vous aura prévenu Katherine, "Dès la première scène, vous êtes happé, fait aux pattes. Saucissonné. Vous ne voulez plus lâcher son heroine, Ella". Ni aucun personnage de cette galerie colorée. 

L'écriture est sensorielle et résolument moderne. L'ambivalence, y compris amoureuse, de cette jeune prof de français en collège catholique et ses questionnements incessants marquent ce roman, portrait d'une génération. 

Je vous le recommande chaudement !!!

Edit de 20h53 : obsédée que je suis par la chanson de christophe Mae "il est où le bonheur, il est où ???" (la faute à qui on se demande) j'avais rebaptisé le roman Il est où le Nord ? Je crains...

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21 mai 2016

Jupe et pantalon de Julie Moulin

jupe

Il est temps de vous dire quelques mots de cette lecture qui m'a désarçonnée (mais que j'ai quand même effectuée en 3 jours, un record compte tenu de mon rythme de boulot).

Voici ceux que j'ai griffonné dans un carnet que je destine à Charlotte, organisatrice à l'initiative de cette folle aventure des 68 premières fois...

15 avril = J'ai commencé la jupe et le pantalon et ne suis pas autant emballée que toi. C'est original cette personnification du corps, cette narration est dingue mais je ne suis pas dedans. Pourtant le thème, la superwoman qui fatigue, s'épuise, je le conçois avec une grande facilités. Mes journées sont trop remplies de choses à faire, et encore, je n'ai pas d'enfant. (...)

16 avril = je viens d'entamer la deuxième partie, je connais maintenant le prénom de A. Page 135 cette phrase me laisse songeuse : " l'avenir était devant nous. C'était avant le grand carrefour. Avant que l'amant devienne mari, avant que la femme soit mère, avant que l'envie se mue en rancoeur et que l'insomnie détruise les rêves". 

18 Avril = J'ai terminé hier en rentrant Jupe et Pantalon. J'ai beaucoup mieux aimé et été captivée par la deuxième partie. La forme de narration plus classique sans doute, et le retour vers la lumière. Pas mal du tout ce roman et toutes les questions qu'il pose encore...Comment tout réussir, vie pro, vie perso, peut être lâcher un peu aussi, ne pas vouloir tout faire, tout mener de front. J'avoue que j'ai tendance à tout faire sans me faire aider et à me sentir débordée et frustrée de ne pas avoir de temps pour moi. Bref ce roman fait réfléchir. 

Voilà. En résumé, pas un coup de coeur mais un livre qui m'a bousculée, assurément. Et c'est bon de rencontrer ce genre de temps en temps.

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20 avril 2016

En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut, petit bijou fantaisie !

en attendant

"Certains ne deviennent jamais fous. Leurs vie doivent être bien ennuyeuses. " Charles Bukowski

Dans ce premier roman d'Olivier Bourdeaut, la vie de la famille de l'enfant narrateur est loin d'être ennuyeuse. Elle est comme aspirée par un tourbillon fou. Et nous lecteurs, nous sommes emportés par l'écriture musicale de l'auteur et la loufoquerie de la famille. 

"Mon père n'appelait jamais ma mère plus de deux jours de suite par le même prénom". Les parents dansent partout et tout le temps, se préparent "des cocktails fous, avec des ombrelles, des olives, des cuillers et des collections de bouteilles", jouent aux dames sur le carrelage de l'entrée avec des coussins noir et blanc. Dans cette maison, on mange à toute heure, on part en vacances n'importe quand dans un château en Espagne. On invente des histoires et réinvente la vie quand elle est banale et triste. 

Si cette vie facétieuse parait amusante, elle l'est moins lorsque la bascule vers la folie se fait et qu'il faut interner maman...

L'alternance du récit de l'enfant et des extraits du journal du papa est bien dosée. 

Quel joli roman ! Autant de fantaisie et d'amour réunis, c'est rare. 

Lu dans le cadre du challenge 68 premières fois. 

Page 45 "la montagne était pliée en quatre. Avec la neige de l'hiver, en névés au sommet ; le roux et le marron de l'automne en dessous, sur les terres sèches et les rochers,les couleurs fruitières du printemps sur les terrasses et la chaleurs, les senteurs de l'été étouffées près du lac dans la vallée. Papa disait qu'avec une montagne comme celle là, je pouvais dévaler toute une année en une journée. "

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04 avril 2016

Dans le désordre, Un tout petit rien, Une sainte, Les apparences et Les mijaurées. Bref, quatre bons romans.

une sainteun tout petit rien

les apparencesles mijaurés

Ces derniers temps j'ai lu de très très bons romans. Vous n'en avez rien su car je n'ai pas pris le temps de venir vous en parler ici.

  • Une sainte de Emilie de Turkheim m'a scotchée par sa loufoquerie. Son héroïne est dingue. Voici, en vrac, les notes que j'ai prises aussitôt après l'avoir refermé : Foutraque. Folie douce. Loufoque. Diablement rédigé. Un grand talent pour les dialogues.  Page 11 : les barettes des collégiennes retiennent leurs mèches et leurs terribles idées. Page 16 "Juliette est un personnage secondaire que nous croiserons 7 fois au cours du roman." page 21 "c'est affreux, parfois, de se souvenir". Loin de l'être, Sainte, l'héroïne.  Elle a laissé mourir le chat de faim, tout fait pour que l'homme dont elle était la visiteuse reparte en prison une fois libéré, volé sa propre mère. Pourtant il lui pousse des ailes d'ange.page 115 "finalement il n'y a pas que le mensonge et la vérité, il y a la façon de raconter". Emilie de Thurkheim a l'art de transformer en fable fantastique les atrocités dont sont capables ses contemporains. Et on se laisse charmer sans difficulté. 
  • Les mijaurées d'Elsa Flageul mérite que je revienne en parler dans un billet juste pour lui. Je l'ai dévoré d'une traite et j'envisage de le relire. C'est un coup de coeur absolu. 
  • Quant à Un tout petit rien de Camille Anseaume, c'est Charlotte qui me l'a offert. Je l'avais commencé. Puis reposé sans aller au bout. Et cette fois je l'ai repris et lu en entier. J'ai adoré.  Pour avoir une idée du genre de plume, du ton de Camille, foncez lire son blog Café de filles. Et puis achetez vite Un tout petit rien dans lequel elle raconte comme personne l'histoire d'une femme qui tombe enceinte d'un homme qui se fiche pas mal de construire une famille avec elle. C'est l'histoire d'un choix à faire : avorter ou faire un bébé toute seule. Les chapitres sont courts, le ton est irrésistible car teinté d'une ironie et d'un humour touchants. C'est beau car si joliment exprimé. extraits : page 57 "Je ne suis qu'un doute. Une hésitation qui prend le métro, une incertitude qui se lève et se douche, une indétermination qui essaye d'avaler un truc à manger, un point d'interrogation qui cherche le sommeil". page 58 " En fait, je me mens. Je ne doute pas, au contraire, je suis pétrie de certitudes. l'une et son contraire. Au fur et à mesure des minutes qui passent, des odeurs que je sens, des choses que je vois, des pièces que je visite. En me réveillant, je ne veux pas le garder. Dans la salle de bains j'ai changé d'avis. Une chance que je n'ai que deux pièces."
  • J'allais oublier de vous parler du thriller "les apparences" de Gillian Flynn dans lequel, lecteur, nous sommes retournés comme des crèpes par l'auteure qui a monté une histoire incroyablement bien foutue et tordue. Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus sans vous en dire trop. Prenez un jeune couple américain modèle, faites disparaître la femme, regardez les projecteurs de la police se tourner vers le mari, accusé parfait, lisez le journal intime de la disparue, folle d'amour pour son mari. La suite : pas du tout ce à quoi vous aviez pensé. Jusqu'au bout. Extraits : "je ne dis pas les choses tout haut, même quand je le devrais. Je garde tout, je compartimente à un degré perturbant : dans la cave que j'ai dans le ventre, il y a des centaines de bouteilles de rage, de desespoir, de peur, mais on ne s'en douterait jamais en me voyant". page 60 " Nick est semblable à un bon verre d'alcool bien corsé : il donne sur toutes choses la perspective correcte. Pas une autre perspective, la perspective correcte." A noter que ce bon thriller est traduit de l'anglais par la talentueuse Héloïse Esquié. 

Voilà, vous savez ce qu'il vous reste à faire : vous procurer les romans de ces quatre auteures à suivre. 

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