Les facéties de Lucie

26 mars 2015

Âme graphique, le fil.

Parce que j'ai le sentiment de marcher dessus telle une équilibriste et que la vie ne tient qu'à lui, j'ai photographié ce fil sur lequel je suspends mes polaroids du moment, ces extraits de bonheur à regarder les jours gris...

Merci Sabine de m'avoir rappelé ce rendez vous précieux. 

photo-2

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11 mars 2015

Je ne lis plus…que des livres de cuisine !

logo filles blog

Depuis le 19 février, jour du nouvel an chinois, je passe plus de 12 heures par jour à parler cuisine, à respirer cuisine, à faire de la cuisine. Quand je rentre chez moi, je fais un peu de paperasse et je fais la liste des plats que l'on va concocter le lendemain Chez les filles. Mon unique jour de repos est le Lundi. 

Le soir lorsque je me glisse sous la couette et que je tente de reprendre le roman en cours, je lis à peine un paragraphe avant de me faire happer par le sommeil...

La priorité va au trois livres mensuels du Prix Elle mais ce que je préfère c'est picorer dans ma nouvelle revue adorée : Flow. Parfois j'essaye de lire le dernier roman de Jean Philippe Blondel parce qu'il doit continuer son voyage vers Mireille...

Je suis donc traiteur dans les Halles d'Avignon depuis bientôt 3 semaines. Ce nouveau métier me plaît beaucoup. Heureusement ceci dit, vu les heures de travail qu'il nous faut abattre pour pouvoir régaler les papilles des Avignonnais.

Alors je ne lis plus beaucoup ni n'écris... mais ça reviendra ! Et les livres m'accompagnent toujours...

delices

flow 

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05 février 2015

Âme graphique 4

Photographier le silence...rien que ça ! Le petit carré jaune nous lance de sacrés défis ! Allez je le relève !

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03 février 2015

Lâcher prise de Miriam Katin ou l'art de s'extraire d'une histoire douloureuse par l'écriture et le dessin...

lacher prise

Miriam, 70 ans, a survécu à l'Holocauste grâce à ses parents qui ont réussi à fuir la Hongrie lorsqu'elle était enfant. Elle vit aujourd'hui à New York. 

Loin d'être arrivée à la sérénité de Magda Hollander Lafon, Miriam cultive encore de la rancoeur contre les allemands et les hongrois. 

Alors quand son fils lui annonce qu'il s'installe à Berlin et qu'il a besoin d'elle pour obtenir la nationalité hongroise, c'est la petite étincelle qui fait exploser le baton de dynamite (j'aurais pu utiliser la goutte qui fait déborder le vase mais c'était trop doux au regard du tempérament de Miriam).

Pour calmer ce trop plein d'émotions, cette septuagénaire dessine et écrit.

Cet album est le récit de ces deux voyages à Berlin. Ses visites lui font réaliser que les Allemands ont su faire face à leur passé, eux.

Elle a encore du boulot avant de parvenir à dépasser l'amertume et la tristesse. Un évènement pourrait bien l'amener plus vite sur ce chemin...

Retrouver New York et Berlin, ces deux villes que j'ai visitées et aimées cette année, grâce au très beau coup de crayon de Miriam fut pour moi un ravissement.

Album à découvrir !!!

Le site de l'auteure

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02 février 2015

Une photo, quelques mots...

bateau leil

 

 

D'habitude je fais bref. Je dépasse difficilement les quinze lignes. Je fais dans l'instantané. Je suis comme un scientifique qui prélèverait une carotte pour analyser le terrain. J'extrais et expose le bout d'une histoire. Je ne développe jamais. La longueur me fait peur, je ne tiens pas la distance.

Mes textes courts sont visiblement agréables à lire. On n'a pas besoin de s'y attarder longtemps. Je ne donne pas matière. Et pourtant certains réclament la suite de mes débuts. Touchée et surprise par cet enthousiasme, je dis parfois "ok je vous écris une suite". Je reprends le fragment mais je ne peux pas l'étirer, ça reste tout condensé. Je ne vois pas où aller. J'essaye d'écouter ce que me souffle les personnages, il parait que certains auteurs font ça. Les miens ne me disent rien du tout. Je ne sais pas broder davantage. Ce serait du superflu, de l'inutile.

Parfois je me dis que je pourrais reprendre tout mes petits bouts d'histoires, un fil et une aiguille et former un patchwork. Les personnages que j'ai déjà crées pourraient se croiser et donner naissance à une histoire plus longue. Mais avant même d'avoir essayé, je fonce tête baissée sur la photo suivante, je ponds à nouveau un petit récit. Une micro nouvelle qui déborde d'émotions. Mes amants y sont souvent déçus, mes maris infidèles, mes vieilles aigries alors que mes célibataires sans enfants s'impatientent. La plupart d'entre eux finissent par être touchés par le rai de lumière que je fais passer entre les plus gros nuages. Je n'aime pas les laisser sans espoir, mes personnages...

Sur la photo de cette semaine, les cumulus sont cotons , ils forment un sacré plafond. Et puis ce bateau, il est sans ambition, je ne le vois pas plonger ses filets en pleine mer. Dans la tempête, il serait une coquille de noix sans résistance. Il ne m'inspire rien. J'aime juste la manière qu'il a de se regarder dans le miroir de l'eau calme. Limite je le personnifierais ce bateau. J'en ferai un narcisse maritime. A la fin de mon histoire, il coulerait de s'être trop aimé sans avoir quitté le port. A sa place, on trouverait des nénuphars et son petit frère le canot pleurerait sa disparition. 

 

C'était ma participation à l'atelier de Leil, à partir de la photo de Kot et en réponse au défi lancé par les livres voyageurs : écrire un texte plus long que d'habitude...

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29 janvier 2015

Ame graphique : atelier 3

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 Real men wear fuschia !!! C'est le pied cet atelier organisé par Les livres voyageurs !!!

amegraphique

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26 janvier 2015

Une photo, quelques mots …

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Je t'ai dans la peau. Entre le derme et l'épiderme. Sel pur d'aluminium, cuivre ou cobalt, je ne sais pas exactement. Curcuma peut être, qui sait. Pour le jaune ils font ça il paraît. Combien de coup d'aiguilles ? Des milliers comme autant de petites morsures. Le dessin était parfait. Pas de bavure. Le bon format. Toi et moi gravé pour toujours. 

Un toujours de quelques mois. J'avais dit que je ne recommencerai pas. Plus rien d'inscrit sur mon corps. A la rigueur sur l'écorce d'un arbre, comme une adolescente, ou bien un cadenas sur le pont des arts. Mais plus de scarification, plus de poison dans mes pores. A chaque fois, j'oublie, je m'emballe, j'y crois. Je me fais tatouer. Et puis larguer. La fresque sur mon corps s'est dangereusement aggrandie. Il ne me reste que quelques centimètres de peau disponible et aussi peu d'espoir...

Fragment d'histoire écrit pour l'atelier de Leiloona.  

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25 janvier 2015

Les corps inutiles de Delphine Bertholon, ou l'art de devenir insensible.

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Je connaissais le retrait des sens en Yoga. Cette pratique consciente consiste à s'extraire de ce qui nous entoure. C'est loin d'être facile à conscientiser et quand on y parvient ça ne dure jamais longtemps.

Clémence n'a pas eu besoin de s'exercer pour perdre toute sensibilité. Il a suffit d'une mauvaise rencontre l'année de ses quinze ans pour que son corps se protège de toute autre tentative d'instrusion. Elle ne sent pas quand la tasse de café est bouillante, ni quand quelqu'un la touche. Tous les 29, lors du "moisiversaire" de ce soir où elle a perdu sa légèreté, elle joue avec le feu. Mais elle ne sent toujours rien. Combien de semaines, combien d'années encore sans pouvoir savourer le plaisir du toûcher, ce sens qui fait de nous un être vivant ? 

Je ne vous dirai pas comment et grâce à qui les fourmillements se feront sentir à nouveau sous la peau de Clémence, je vous dirai juste de lire ce roman original et envoûtant comme la tignasse rousse de cette jeune femme qui ne recule devant rien pour provoquer le destin. 

Elle a un truc avec les sens, Delphine. Ses personnages deviennent hypersensibles ou insensibles selon les romans. Dans l'effet Larsen, Mira, la mère de la narratrice souffrait d'hyperacousie. Son ouïe, donc, était exacerbé par le drame qui l'avait touché. Ici, c'est la sensibilité, le toucher, qui sont au contraire annihilés.  

Les femmes qui peuplent les romans de Delphine Bertholon sont des battantes. Nola deployait beaucoup d'énergie pour lutter contre les fantômes du passé et maintenir la tête de sa mère hors de l'eau. Ici, Clémence, cultive une rage qui la maintient malgrè tout en vie. Elle continue à se faire du mal mais elle reste debout perchée haut sur ses talons.

Et la trentaine des ces jeunes femmes est l'âge auquel se dénoue le passé...

Et l'on souffle avec elles de voir ce noeud desserée. 

corps inutiles

corps inutiles 1

" les nuages complotaient dans un ciel gris acier" ...page 152

 "On s'en fait tout un monde, mais tourner la page s'avère quelquefois d'une simplicité déconcertante."

 "Le cœur de Clémence lui tomba dans le ventre, rebondit sur l'estomac comme sur un fond sableux, joue au flipper dans sa cage thoracique, avant de rejoindre sa place initiale.

 "Je n'ai jamais aimé les beautés sans suspense" 222 

"Avant de vouloir aimer, Mademoiselle, il faudrait déjà cesser de vous haïr" page 318

"Sait on jamais comment les autres vous voient, ou ce qu'ils imaginent ? " page 140

Merci à Delphine Bertholon et aux éditions JC Lattès pour ce très bon moment de lecture et l'empreinte qu'il laissera en moi...

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22 janvier 2015

Ame Graphique : Atelier 2.

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La proposition du mot émanait de moi cette semaine.

Roue.

Celle qui tourne pour nous permettre d'avancer, de changer de paysage, la roue de la fortune, de la vie, la roue que font les enfants heureux sur les plages, la roue du paon qui courtise sa belle.  Elle n'est plus synonyme de torture comme au Moyen âge (quoique pour moi la roue d'un vélo évoque un effort détestable). On dit qu'elle tourne comme le vent quand une amie souffre. On les enjolive pour habiller sa voiture.

J'ai choisi celle grâce à laquelle on récupère l'énergie de l'eau. Cette roue à aube est une de celles du  quartier des teinturiers à Avignon. 

Merci petit carré jaune pour cette belle idée !

amegraphique

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19 janvier 2015

Une photo, quelques mots…(151ème)

leil

L'enchainement de messages : un couteau qui coupe dans mon coeur comme dans du beurre. Les yeux sont secs de ne pas avoir clignés assez. La bouche déshydratée, sèche comme du papier. Le sang a quitté la partie de mon corps que des fourmis ont colonisé. Comment est ce possible ? Je les ai relu. Essayant de comprendre. Non vraiment. 

Et puis tu me dis qu'hors contexte ça ne vaut rien, qu'il ne s'agit que d'humour. Une boutade entre potes rien de plus. Que je vois le mal alors qu'il n'y en a pas. Soit. Je n'y crois pas. Je soupire, je hausse les sourcils. Non vraiment ça dépasse mon entendement. Pourtant dans tes yeux c'est clair comme de l'eau de roche. Aucune malice. Tu m'aimes du fond de ton âme. 

Alors dans cet arc en ciel de sous vêtements après l'orage, j'ai envie de voir le signe que nous détenons un trésor. 

 

Ces quelques mots pour l'atelier de leiloona sur une photo de Romaric Cazaux.

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