11 novembre 2009
"On ne commande pas sa mémoire. On peut juste parfois l'endormir un peu."
"Le rapport de Brodeck" aux éditions stock.
Un livre à la couverture noire comme celui de jean Louis Fournier mais trois fois plus épais. Primé et adulé par la blogosphère et pourtant. J'ai bien failli passer à côté et le refermer avant de l'avoir terminé. Il faut dire que ce livre est sombre. Et puis les mots m'ont retenu, les mots et la façon dont Philippe Claudel, brillament, les articule. J'ai continué pour comprendre.
Brodeck revient de loin. Les habitants de son village ne pensaient pas qu'il s'en sortirait et pourtant. A son retour, ils le chargent d'un récit ("toi qui sais écrire"), du récit de ce qui est arrivé à l'Etranger. En parallèle, il fait le récit de sa vie et raconte la déshumanisation, l'étroitesse d'esprit et les atrocités dont sont capables les hommes et ça fait froid dans le dos. Deux histoires qui se croisent, se complètent et qui nous permettent de comprendre comment la méfiance et la peur peuvent faire naître chez les hommes un sentiment: la lacheté.
Ce livre refermé on reste bouleversé, marqué à jamais.
Bernard en parle magnifiquement ici. Laure a aimé elle aussi cette façon particulière d'exprimer l'indicible, l'inénarrable.Zara aussi est bouleversée.
Extraits : "Je ne sais pas si l'on peut guérir de certaines choses. Au fond, raconter n'est peut être pas un remède si sûr que cela. Peut être qu'au contraire raconter ne sert qu'à entretenir les plaies, comme on entretient les braises d'un feu afin qu'à notre guise, quand nous le souhaiterions, il puisse repartir de plus belle." page 319.
"je ne sais pas s'il est parvenu à refermer cette plaie, je ne sais pas non plus s'il l'avait vraiment voulu. Parfois on aime ses propres cicatrices." page 272.
10 novembre 2009
"Mort d'un commis voyageur" d'Arthur Miller
Lecture rendue possible par Blog o book ( souvenez vous, ce lieu modeste qui recense les blogolectures, rempli de liens vers les billets des blogolectrices ! dit comme ça, ça fait un peu gogogadget de l'inspecteur Gadget, non ? excusez moi je craque en ce moment) et les éditions Robert Laffont.
Lu pour le challenge 100 ans de littérature américaine autrement nommé le challenge "yes, we can" lancé par boubou bouquine. Quand vous allez savoir que je m'engage à lire seulement 3 livres pour ce défi, vous allez me dire que je n'ai pas placé la barre bien haut pour un challenge avec un logo aussi imposant. C'est vrai mais boubou ne nous empêche pas de dépasser le nombre fixé au départ et puis je tire les enseignements de ma deuxième participation au challenge abc 2009 qui se termine dans moins de deux mois et que je n'ai toujours pas terminé...
"Mort d'un commis voyageur" est une tragédie qui a lieu dans les années 40 vers Brooklyn. Elle met en scène Willy Loman, Linda, sa femme, et leurs deux grands enfants Biff et Happy. Lorsque l'on se lance dans la lecture de cette pièce, on est d'abord désarçonné par le côté décousu du récit.
Willy a été toute sa vie "commis voyageur", commercial nomade, VRP si vous voulez. Aujourd'hui, à 60 ans, il n'est plus dans le coup (son fixe est supprimé, il n'est payé qu'à la commission pour sanctionner ses mauvais résultats) et ce constat le déprime. Il préfère mourir plutôt que de perdre sa dignité...Pendant toute la pièce, ses enfants, mais surtout son épouse, va tenter de lui maintenir la tête hors de l'eau, en vain. Willy est fatigué et fait une rétrospective de sa vie. On comprend alors ces ruptures dans l'histoire qui sont autant de retours dans son glorieux passé. Il semble par moment en perdre la raison.
J'ai trouvé cette pièce écrite en 1949 diablement actuelle par les thèmes qu'elle aborde.
Le diktat des valeurs matérialistes de nos sociétés (l'argent, l'apparence, l'efficacité) laisse au bord de la route des personnes, comme Willy, incapables de s'adapter à un monde des affaires qui évolue, incapable de rester performant.Il y a un côté "marche ou crève" dans cette pièce qui est toujours d'actualité. Cette idée qu'il faut toujours rester au top physiquement et moralement : être efficace, jeune et beau pour valoir quelque chose sur le marché du travail. Dans cette pièce, l'auteur évoque aussi le management par le stress qui pousse aujourd'hui des salariés vers l'épuisement moral, le burn-out,voire le suicide.
L'importance de la cellule familiale est soulignée également. Willy en a été tenu éloigné par ces déplacements professionnels incessants. Il n'a pas vu ses enfants grandir mais a tout fait pour qu'ils ne manquent de rien et aujourd'hui il ne sait pas s'il pourra subvenir aux besoins de sa famille.
Un grand classique du théâtre moderne que je vous recommande et qui donne à réfléchir...
09 novembre 2009
"Livres à vous !" Mon premier salon du livre
Dimanche, j'étais présente au 1er salon du livre en pays Voironnais. A l'occasion de ce festival, une trentaine d'auteurs jeunesse et adulte ont joué le jeu et sont venus, vendredi, samedi et dimanche, échanger avec leurs lecteurs dans les bibliothèques, médiathèques, librairies et écoles des communes partenaires. Dimanche, une séance de dédicaces a clos ces festivités.
J'ai manqué de beaux moments et notamment, vendredi soir, Monsieur Pennac effectuant une splendide lecture à voix haute de "Bartelby, le scribe" d'Herman Melville. J'ai également raté quelques auteurs présents seulement vendredi et samedi (notamment Valentine Goby auteur de "qui touche à mon corps, je le tue" ou Brigitte Giraud et son " année étrangère"). Toutefois, je n'avais pas tout perdu ! Dimanche matin, j'étais là dès la première heure pour ne rien rater et je n'étais pas la seule !!! Monsieur Pennac était déjà parti mais j'avais eu la chance de le rencontrer dans d'autres circonstances et de me faire dédicacer "chagrin d'école", souvenez vous.
Je vais vous faire part de mes coups de coeur et Gaëlle va sourire en lisant ce billet (enfin si elle trouve le temps de venir passer un moment par ici) puisque je suis revenue avec un bel et grand album jeunesse sous le bras !!!(non je n'ai toujours pas d'enfant, et alors ?!)
Celui de Olivier Charpentier et Frederic Kessler, auteurs du "grand bestiaire des animaux" album humoristique illustré par les dessins peu ordinaires de Monsieur Charpentier. Il faut dire qu'il utilise la technique du monotype qui consiste à dessiner à grands traits sur une plaque de verre et d'affiner au chiffon et à l'aide d'un petit instrument ressemblant à un scalpel, pour ensuite coller la plaque de verre contre le papier, frotter avec une petite truelle en bois (oui je sais je fais référence tantôt au chirurgien tantôt au maçon, comme quoi quand on dessine...). Le résultat est tout simplement bluffant. Regardez plutôt la dédicace à laquelle j'ai eu droit !!

Côté auteurs adultes, Pierre Péju avait apporté ses carnets de notes et manuscrits nous permettant d'entrer dans les coulisses de son écriture. C'est avec une grande générosité qu'il a dédicacé à tout va. En jettant un oeil à l'emplacement de mon marque page dans "la diagonale du vide" que babelio m'a permis de découvrir, il me promet une surprise à la fin du livre.
Et puis il y a les auteurs que le salon me fait découvrir et dont j'avais déjà entendu du bien.
Annie Cohen m'a dédicacé "l'alfa roméo", son dernier roman, non sans avoir préalable pesté contre quelque chose qui ne lui allait pas dans l'organisation da la journée ou bien peut être son portable qui ne fonctionnait pas, je ne sais pas au juste. Sa dédicace n'en est pas moins touchante.
Caryl Ferey, l'auteur primé de "Zulu", au look plutôt rock, me demande, avant de poser sa griffe sur "Utu",thriller maori, si j'ai l'habitude de lire des polars car celui ci contient, me dit-il quelques scènes plutôt hard. Il me promet tout de même quelques nuits torrides avec le sémillant Paul Osborne (je devrais lâcher toute lecture en cours pour commencer celui-là, non ?!)
Enfin, mon oeil est attiré par "l'ail des ours" roman écrit par Gerard Aimonier Davat, auteur originaire d'Aix les bains, dont les livres semblent trouver un malin plaisir à glisser de sa table d'exposition. Retraité de l'hotellerie, il m'avoue que se faire publier est une mission impossible qui s'est fini pour lui chez un imprimeur qu'il a déniché lui-même.
Autant vous dire que je me serais bien laissée tenter par d'autres romans et albums mais j'avais déjà atteint mon plafond de dépenses du jour à savoir une cinquantaine d'euros.
A noter la présence d'Helène Lenoir dont le livre "l'entracte" va atterrir dans ma LAL et la présence d'un auteur jeunesse dont les illustrations sont remplies de soleil : Alex Godard.
Un grand merci à tout ceux qui de près ou de loin, dans l'ombre ou la lumière sont à l'origine de ce beau festival !!!!!
05 novembre 2009
"Voyelle paprika, consonne galuska"
L'histoire de Klara, la narratrice de "Bazar magyar" de Viviane Chocas, ressemble à celle de Laurent Deutsch.
Née en France de parents hongrois qui ont fui en 1956 un pays sous le joug communiste de Moscou, klara ne connaît rien de la Hongrie.
De leur passé douloureux, les parents de klara n'ont gardé que le goulash, les beignets d'abricots et le chou farci. Le reste (la langue, leurs souvenirs) est resté cadenassé derrière le rideau de fer.
Mais comme le dit Klara "parfois il suffit de manger pour que tout ou presque puisse être dit".
C'est donc par les plats hongrois qu'elle a accès à la Hongrie. "Leur sécurité confondante était probablement la plus solide des armures : on n'a jamais vu un régime politique renverser une cuisine nationale".
Ses parents ne prononcent pas un mot de hongrois mais "les saveurs du goulash [...] se sont glissées sur la table". "Les mets composaient la seule mémoire vive, cédée, concédée, transmise, voyelle paprika, consonne galuska, accent grave de la chair de la noix, aigu dans l'amertume du concombre".
Klara ne veut pas en rester là et , guidée par les saveurs de la cuisine hongroise, elle décide de partir à la découverte de ce pays pour recomposer son identité et l'histoire familiale.
On suit avec beaucoup d'émotion cette quête des origines. C'est assurément un beau livre !! coup de coeur pour moi !!
idem pour mykha, plus nuancé pour sophie.
03 novembre 2009
"Dans la peinture, il s'établit comme un pont mystérieux entre l'âme des personnages et des spectateurs" Delacroix
Je participe, souvenez-vous, au swap "un livre- un peintre" organisé par Lamousmé et Isil.
Pour me mettre dans le bain, je me suis replongée dans des petits bouquins, drôlement bien faits, publiés par les éditions Milan dans lesquels Elisabeth Lièvre-Crosson nous explique la naissance et le contenu des différents mouvements de peinture. Dimanche soir, j'ai donc relu "du baroque au romantisme". Une cinquantaine de pages qui donnent envie d'aller plus loin (bein oui forcément la synthèse a des limites).
Le baroque apparaît au 17 ème siècle. A cette époque, l'Eglise a besoin de redorer son blason. Elle va passer commande auprès des peintres de l'époque. Au maniérisme trop raffiné et peu accessible au grand public, elle va préférer le baroque, plus simple, plus éloquent, plus convaincant, presque théâtral, pour célébrer la grandeur de l'Eglise. Le baroque communique via les émotions, les sentiments, provoque un choc visuel pour mieux marquer les esprits. L'Eglise ne pouvait rêver mieux. On peut citer Rubens, le flamand, qui illustre les récits bibliques avec générosité et éclat ou le hollandais Rembrandt moins tapageur mais tout aussi expressif.
Quant au romantisme, il apparaît dans la deuxième moitié du 19ème siècle à une époque où l'artiste ne peint plus pour satisfaire des commanditaires (Eglise, Cour) mais au nom de ses propres idées. David se consacre à l'histoire et débarrasse ses toiles de tout contenu religieux ou décoratif , Goya dénonce les horreurs de la guerre (qui n'a pas commenté en espagnol son tableau "el tres de mayo" ?) et Guericault témoigne d'un fait divers scandaleux avec "le radeau de la méduse dont l'histoire n'est pas sans rappeler celle qu'a romancé Irène Frain dans "l'île de tromelin"(1816, une frégate française fait naufrage. A son bord, des officiels et leur famille qui s'en sortent en prenant la chaloupe et le petit peuple qui n'a qu'un radeau auquel s'accrocher. Devinez quoi ? lorsque l'on découvre le radeau 13 jours plus tard 135 personnes ont péri et les survivants dérangent en publiant leur récit du drame). Les peintres romantiques s'inspirent évidemment de la littérature du même genre (Dante, Shakespeare).
Un exemple de romantisme allemand avec Caspar Friedrich et son "arbre aux corbeaux" illustrant ce que l'on appelle le paysage tragique. Le peintre transpose dans son oeuvre son sentiment tourmenté et religieux de l'existence. Jugez plutôt. 
02 novembre 2009
un livre parfois m'échappe...
"Une existence réglée comme du papier à musique : de son emploi du temps à ses émotions, Elizabeth a tout planifié pour ne plus souffrir. Mais lorsqu'un inconnu fait irruption dans sa vie cette mécanique si bien huilée se dérègle. Insouciant, spontané, en quête perpétuelle d'aventures, le mystérieux Ivan semble touché par la grâce. Peu à peu, la jeune femme baisse le bouclier qui protégeait son coeur et sort de sa carapace. Mais que sait-elle d'Ivan ? D'où vient-il ? Est-il vraiment celui qu'il prétend être ou n'est-il qu'une illusion ?"
Ce résumé + le fait que j'avais beaucoup aimé "ps : i love you" m'ont motivé à acheter ce livre de poche. Et bien je suis complétement passée à côté.J'ai même renoncé avant d'attendre 100 pages, c'est dire. C'est lent. Ivan, personnage que seul le neveu de Elizabeth peut voir, me fait penser à un roman de Levy en moins bien. Bref. La rencontre entre ce roman et moi n'a pas eu lieu. Je ne désespère pas, ce n'était sûrement pas le moment. Ps I love you était arrivé à point nommé, j'ai ouvert celui-là au mauvais moment.
Allez lire ce qu'en dit Celine enthousiaste,et le site de l'auteur.
01 novembre 2009
L'instit et le maçon
Ce livre, "Mademoiselle Chambon" est depuis longtemps dans ma Pile A Lire. C'est son adaptation au cinéma qui m'a donné envie de l'ouvrir plus tôt que prévu (et aussi le fait que je cherchais une lecture plus légère après un roman fort : "le rapport de Brodeck" dont je vous parlerais plus tard). Bien mal m'en a pris car je sors déçue de cette lecture.
L'histoire : il était une fois Antonio un maçon portuguais marié et père d'un enfant qui vivait à Montmirail,ville de la province. Un jour il rencontre l'institutrice de son fils et là c'est le coup de foudre absolu : il l'a dans la peau. Pour Melle Chambon aussi le charme agit instantanément. Bref, les deux essayent de forcer le destin pour que leurs chemins se croisent plus souvent et qu'ils puissent juste s'apercevoir et sentir la présence de l'autre.
Si j'ai apprécié le style d'écriture d'Eric Holder et le fait d'assister à la naissance d'une passion entre deux personnes que tout oppose, je n'ai pas accroché à l'histoire. La femme d'Antonio est enceinte de leur deuxième enfant pendant que son mari conte fleurette avec l'instit et se prend de passion pour le violon. Je n'aime décidemment pas ces histoires dans lesquelles l'homme aime ailleurs sans pour autant avoir le courage de quitter sa vie tranquille.
Bon un grand bof pour l'histoire mais je lirais d'autres romans de cet auteur qui sait trouver les mots justes.
19 octobre 2009
coup de projecteur sur...
...les éditions Héloïse d'Ormesson !!!
En ce moment je lis "Bazar Magyar" de Viviane Chocas
.
C'est le deuxième roman publié par cette maison d'édition que je découvre - le premier était "les carnets de douglas" de Christine Eddie - et je dois dire qu'ils savent trouver des pépites chez Héloïse d'Ormesson !!!
Il faut dire que cet éditeur recherche la qualité plus que la quantité puisqu'il ne publie pas plus de 20 livres par an.
Allez jeter un oeil ICI, ça donne des tas d'envies de lectures (je sais que vous n'avez pas besoin de ça pour remplir vos LAL et vos LAL mais ça vaut le détour !). De plus, je trouve les livres carrément beaux !!
17 octobre 2009
"la rêveuse d'Ostende" d'Eric-Emmanuel Schmitt
Ayant adoré le recueil de nouvelles "odette toulemonde et autres histoires", je n'ai pas hésité lorsque j'ai vu "la rêveuse d'Ostende" sur les étagères de ma bibliothèque ! Je l'ai emprunté. Et une fois ouvert, je l'ai dévoré à très grande vitesse !!
Je suis encore une fois enthousiaste mais je me rend compte, en allant chercher d'autres avis de lecteurs sur internet, que les lecteurs qui ont aimé ce livre ne sont pas très nombreux. Je trouve les critiques émises assez dures même si je peux comprendre que l'on n'accroche pas au style de cet auteur.
Pour ma part, c'est un coup de coeur.
5 histoires ayant un thème commun : l'imagination et son pouvoir dans nos vies.
Notre imagination nous joue parfois des tours. C'est le cas dans les histoires "crime parfait" et "les mauvaises lectures". Dans le premier récit, "crime parfait", une femme pousse son mari dans le vide lors d'une randonnée. Personne ne peut pourtant y croire. Le couple qu'elle formait avec son mari était tellement parfait...et pourtant. Dans le second récit,un homme se targue de ne pas lire de romans car il n'aime pas la part d'invention qu'ils contiennent. A l'occasion de vacances en Ardèche avec sa cousine, il va se laisser aller à la lecture d'un polar. Cela va influencer fortement sa perception des choses et lui faire imaginer le pire...
Dans le récit qui donne son titre au livre, un homme se réfugie à Ostende, ville endormie face à la Mer du Nord, pour se guérir d'une rupture. Sa logeuse mystérieuse finit par se livrer et raconter sa vie à son invité. Une vie bien terne et sans homme, selon sa nièce. Alors, la belle histoire d'amour qu'elle lui conte sort elle tout droit de son imagination ou bien l'a t'elle vraiment vécue ?
Dans "la guérison", une infirmière qui se trouve moche a l'impression de rêver : un patient lui dit qu'elle est jolie. Le patient en question est devenu aveugle et est enivré par l'odeur de la jeune femme qui va peu à peu retrouver confiance et jouer de son pouvoir de séduction.
Dans "la femme au bouquet", tous les jours, à la gare de Berlin, une femme, un bouquet à la main, semble attendre quelqu'un. Personne ne la rejoint. Tout ceux qui la croisent imaginent une raison à sa présence ici. Quelle version est la bonne ?
A noter de jolis passages : "La mer du Nord avait des couleurs d'huître, du vert-brun des vagues au blanc nacré de l'écume ; ces teintes altérées aux nuances précieuses, alambiquées, me reposaient de mes éclatants souvenirs de Méditeranée, bleu pur et sable jaune, d'un chromatisme vif aussi primaire qu'un dessin d'enfant. »
"En voyage, les noms m'attirent avant les lieux. Dressés plus haut que les clochers, les mots carillonnent à distance, distincts à des milliers de kilomètres, envoyant les sons qui déclenchent les images. Consonnes et voyelles dessinent un plan, dressent des murs, précisent une atmosphère. Quand la bourgade porte le patronyme d'un saint, ma fantaisie le construit autour d'une église; dès que son vocable évoque la forêt - Boisfort- ou les champs- Champigny- le vert envahit les ruelles; s'il signale un matériau - pierrefonds- mon esprit gratte les crépis pour exalter les pierres; évoque-t-il un prodige -Dieulefit- je conçois une cité posée sur un piton escarpé, dominant la campagne. Lorsque j'approche une ville, j'ai d'abord rendez vous avec un nom." page 10.
Bernard n'a pas été emballé par ce recueil d'histoires ordinaires, Vincent est mitigé, histoires convenues, prévisibles , faciles pour laurence. Mais alors, suis-je la seule a avoir adoré ? Non, sachaguitry a trouvé c'était un régal !!!




