Nous sommes construits "sur les sables mouvants de la séparation et de la perte (...) parce que la vie n'est qu'une suite de cassures, de ruptures, de retrouvailles et de disparitions". Marcel Rufo rappelle que les séparations sont une formidable opportunité d'être soi et d'évoluer même si elles sont difficiles à vivre. Car après tout, notre vie commence par une fusion dans laquelle on puise force et assurance pour conquérir le monde et devenir soi.

Ce livre nous parle à tous où que nous en soyons dans la vie : il parle à l'enfant que nous avons été, à l'amoureux(se) délaissé(e), à celui ou celle qui l'a quitté, à l'enfant abandonné, aux parents qui l'ont adopté.

Nous créeons des liens et nous les défaisons à longueur de vie en y laissant des plumes, en s'y perdant parfois. Nous ne rompons pas un lien sans peine mais nous oublions qu'à chaque fois qu'on en dénoue un, on fait un pas vers l'avant.

Ce livre fera aussi écho chez les parents qui souffrent de voir l'enfant quitter le nid et les enfants qui culpabilisent de prendre leur envol. Et pourtant il faut bien se séparer de ses parents pour devenir soi ! La tentation est grande de prolonger la fusion, car se séparer est douloureux.

A travers des cas concrets, Marcel Rufo aborde ce que la séparation ou l'impossibilité de la réaliser provoque en chacun de nous (tocs, scarifications, autisme, dépression, addictions, phobie scolaire, troubles du sommeil, suicide, les doudous, souvenirs, etc)

Accessible et passionnant. Une seule lecture n'y suffit pas même réalisée en apnée avec un crayon à papier ! Un indispensable à lire et relire !!!!

Extraits : "je ne suis pas un doloriste convaincu, mais je crois que l'on se construit au moins autant dans la tristesse et dans la perte que dans une béatitude franche [...] les pertes, les ruptures, les cassures, constituent un étayage qui permet de grandir, de progresser et de s'autonomiser. Il est impossible de ne pas perdre. En revanche, chacun va mettre en place des stratégies personnelles pour rendre la séparation et la perte supportables".

Il évoque le nécessaire oubli  qui "tamise le passé, aide à évacuer ce qui est douloureux, nous évitant de ressasser sans cesse".

Vient de sortir du même auteur :  et hop sur ma wish list !