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C'est grâce à Madeline que j'ai eu la chance de dévorer cette pépite. Je n'ai pas lu le Liseur du 6h27, le précédent roman de cet auteur. Je l'ai vu passer sur la blogo sans qu'il ne retienne mon attention. Je vais désormais me le procurer pour retrouver la plume alerte, drôle et tendre de Jean-Paul Didierlaurent. 

Pitoyable représentant de commerce en objets statutaires à vocation décorative extérieure, voilà comment se voit Xavier Berthoux après avoir découvert une fissure sur le mur de sa résidence secondaire. Dès lors il ne pense plus qu'à ça, arracher la vigne qui la camoufle; colmater cette brèche, en venir à bout, quitte à perdre pied. Il se contrefiche des ventes de nains de jardin de piètre qualité depuis que leur fabrication a été délocalisée en Chine, il est obsédée par ce trait épais qui fend sa maison en deux. Sa quête de perfection va le mener aux confins de la folie, aux antipodes peut on précisément dire, avec pour compagnon de voyage un nain de jardin collector qui lui tient le crachoir et l'encourage à suivre les signes pour accomplir son destin. 

Je ne vous en dis pas plus au risque de vous gâcher le plaisir de lecture. Il a pour moi était immense en raison de la construction "sans faille" du roman et de cette écriture singulière. On s'attache, on lit d'une traite. On est heureux du chemin parcouru par cet homme et on s'interroge un peu sur le nôtre. Elle est belle cette histoire. 

Merci Madeline !!!

Extraits 

"Avec le temps, la sellerie de sa voiture de société s'était avachie, accueillant son corps tel un vieux gant de base-ball sa balle de cuir. " page 41

"Les hommes ont tous une fissure quelque part qui les attend, une fissure bien à eux, aussi unique et personnelle que leur ADN. Et si la plupart des gens passent leur vie sans jamais tomber dessus, il arrive que de petits veinards comme toi se retrouvent un beau matin nez à nez avec leur faille et se mettent à gamberger, à remettre tout en cause, à se poser enfin les bonnes questions auxquelles il leur faut soudain trouver des réponses." page 197

"ça le saisit comme une fringale. Une envie soudaine d'exercice physique, un besoin viscéral de s'abrutir par le gaste avant que la pensée obscurcisse tout. Nécessité de bouger, d'occuper coûte que coûte son temps pour sortir de cette hébétude avant qu'elle n'engourdisse totalement son esprit. " page 282