jumping

 

Dans le bus, et toute la journée d'une salle de cours à l'autre, trainer un sac supplémentaire. A l'heure dite, traverser le passage clouté pour atteindre le gymnase. Enfiler le jogging glacé, les baskets, changer de tee-shirt. Garder son pull torsadé beige, il fait trop froid. Quelqu'un est il allé récupérer le filets de ballon de hand et les chasubles qui sentent la transpiration ? Non, pas la peine, aujourd'hui c'est saut en hauteur. Tout ce que je déteste. Des sauts d'essai pour trouver son pied d'appel. Je n'ai toujours pas trouvé le mien. Qu'importe le coté par lequel j'engage mon corps, il me semble être un sac de plomb, je ne prends pas de hauteur. Je fais tomber la barre, au mieux la touche du pied.

Et puis, arrive le temps de la fac. Plus de sport obligatoire. Il est proposé en option que je ne prends évidemment pas. Et je deviens elève Erasmus. Autrement dit je pars en Australie. Six mois. Je vis dans une ferme. Je m'occupe des bêtes et des champs. J'améliore mon anglais. Et sans le vouloir mon niveau en sport. Une fin de journée de Mars, je suis chargé de faire le tour des terres pour vérifier les clôtures. J'ai le vent de coté, il souffle dans mon oreille gauche. La droite perçoit le bruit sourd d'un galop sur la terre qui a manqué d'eau cet hiver. C'est un fucking taureau, j'ai dû me tromper de patûre. Il me fonce dessus. L'adrénaline me donne des ailes il faut croire. Sur l'image capturée par mon ami Victor, on dirait que j'ai fait ça toute ma vie. Une main en appui sur le bois, les deux jambes propulsées vers le haut, je franchis la barrière sans difficulté. Je devrai l'envoyer à mon prof de sport de collège, il n'en croirait pas ses yeux. 

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