summer

clafoutis

Je passe 70 h par semaine sur mon lieu de travail et encore un poignée d'heures à chercher de nouvelles recettes et classer mes papiers. Ceux qui suivent mon facebook ou mon instagram voient passer des photos de livres et me demandent souvent comment je fais pour lire autant. Je ne lis pas tant que ça en réalité. Je m'endors au bout de deux paragraphes, ne parviens souvent pas à ouvrir le moindre roman. Alors une fois que je suis allée au bout d'une histoire, venir vous écrire ici mon ressenti, c'est mission impossible. 

Ce soir je le tente et vous parle de deux romans. 

  • J'ai lu le premier d'une traite à la faveur d'une coloscopie paternelle. Un hall d'attente de clinique dromoise, un siège qui grince, deux capuccinos et deux napolitains, 3 heures d'attente, voilà comment j'ai avalé Summer de Monica Sabolo. D'abord ravie par la plume au point de photographier de nombreux passages, je suis passée par des phases d'ennui qui auraient eu raison de ma motivation si j'avais eu un autre roman dans le sac à main. 

Benjamin, le narrateur, ne se remet pas de la disparition de sa lolita de soeur 25 ans plus tôt. Et il s'englue tellement dans ses souvenirs qu'il a bien failli me faire râter le dénouement. Deux mois après lecture je ne sais plus si j'en recommande la lecture, c'est triste cette histoire. Merci quand même à Gaëlle pour le prêt. 

Des extraits : "où sont les êtres que l'on a perdus ? Peut être vivent-ils dans les limbes ou à l'intérieur de nous. Ils continuent de se mouvoir à l'intéreur de nos corps, ils inspirent l'air que nous inspirons. Toutes les couches de leurs passés sont là, des tuiles posées les unes sur les autres, et leur avenir est là aussi, enroulé sur lui- même. "

"Enfant, ce rire me terrifiait. Il surgissait de façon inappropriée, on avait l'impression que quelque chose ne fonctionnait pas dans son cerveau, qu'on avait par erreur interverti des branchements, et qu'ils n'étaient pas connectés aux émotions appropriées."

  • Le deuxième roman dont je veux absolument vous parler est un joli coup de coeur. Il s'agit d'"un clafoutis aux tomates cerises" de Veronique de Bure ou le journal intime d'une nonagénère qui vit à la campagne.

"Ce sont les jeunes filles qui tiennent un journal, pas les vieilles dames. Je n'ai plus d'histoire de coeur à y coucher, je ne fais qu'y radoter, que pourrais je faire d'autre ? Ils vont bien se moquer ceux qui trouveront ce cahier après ma mort" écrit Jeanne.

Oh que non, car son quotidien est loin d'être ennuyeux. Elle égrène, saison après saison, les plaisirs simples de vie, les apéritifs et les parties de cartes avec les copines, les coups de cafard et la difficulté de la solitude, les visites de ses enfants, le corps qui répond moins bien. J'ai corné des tas de pages tant sont nombreux les extraits qui m'ont touché, questionné, fait sourire et rire. Un roman à lire absolument, à relire, à offrir !!

"et puis l'automne, c'est aussi du rouge, de l'orangé, de l'or en feuilles. C'est l'odeur d'enfance des marrons chauds, le goût sucré des raisins mûrs et la saveur boisée des poêlées de cèpes."

"J'aime les longues soirées de juin, quand le jour s'étire jusqu'aux premières étoiles."

"Elle devient triste, et la tristesse, à trop la fréquenter on finit par l'attraper. "

Dans mon deuxième billet de rattrapage, je vous parlerai du roman de Lorraine Fouchet, "Les couleurs de la vie "et du "livre que je ne voulais pas écrire" de Erwan Larher, que je n'ai toujours pas réussi à terminer. 

Merci à ceux qui restent fidèles malgré la rareté de mes écrits.