Repose toi sur moi de Serge Joncour
"Est ce que ça se peut d'être foncièrement tourné vers les autres, sans rien attendre en retour ?"
Ce roman de Serge Joncour, j'ai eu la chance de le recevoir avant sa sortie (Merci aux éditions Flammarion et à Anne Blondat) et je savais sans l'ouvrir qu'il me plairait. Et bim, et boum, banco on vend la caravane ! (JM, Sabine et Greg reconnaitront les clins d'oeil respectifs à leur expression fétiche).
J'ai ralenti ma lecture sur les deux derniers chapitres tant je voulais rester encore avec Ludovic et Aurore.
Je vous les présente mais je ne vous dirai pas tout. Je vous laisse lire ce splendide roman vous même, vous attacher à eux comme je l'ai fait et sans doute vous identifier.
Ludovic =
- 46 ans, colosse d' 1m95 pour 102 kilos,
- travaille dans une société de recouvrement,
- a quitté sa campagne natale pour Paris suite au décès de sa femme,
- n'est pas du genre à se laisser attendrir (est finalement fait du même bois que tout le monde)
Aurore =
- styliste, a crée sa propre marque avec un ami associé qui fomente un sale coup
- mariée à Richard businessman américain presque parfait,
- maman de deux enfants nés le même jour (elle n'aime pas qu'on dise les jumeaux),
- a profondément besoin d'être rassurée et comprise
- perd parfois la force d'être elle même et rêve de ne plus être l'adulte sur qui tout le monde se repose
- est encerclée par ses peurs et notamment celle de ces deux corbeaux qui se sont installés dans la cour de son immeuble en lieu et place d'inoffensives tourterelles.
Leurs destinées vont se nouer grâce à un épisode digne des oiseaux d'Hitchkock. Ludovic va déloger les deux volatils à sa façon et ainsi mettre un pied dans la vie d'Aurore. Alors, Heureux ou mauvais présage ces corbeaux ?
Tellement d'extraits relevés que je ne dépose pas tout ici.
"ce qu'elle avait sous estimée en elle, et qu'elle s'efforçait toujours de taire, c'était ce profond besoin d'être rassurée."page 149
"Aux premiers moments d'une histoire, l'idée de l'autre obsède, on y pense tout le temps, ce qu'on a vécu avant n'existe plus, le passé est cette chose insignifiante et prodigieuse qui s'est contentée de nous amener là, comme si vivre n'avait servi qu'à ça, ce besoin de retrouver l'autre. " page 294
"être plus fort cest prendre appui sur la faiblesse des autres, amoindris qu'ils sont par leurs peurs, leurs manques, la faille est en chacun, le tout d'est de la déceler". page 164
"elle n'en pouvait plus de ce harcèlement de péripéties d'une vie trop pleine, elle avait juste envie de démissionner, de se mettre à la hauteur de ses enfants, de ne plus être l'adulte sur qui tout le monde se repose".
Sa résistance, on la décide à tout instant, à tout moment on résout de se laisser envahir ou pas par l'angoisse, de se laisser submerger par une préoccupation à laquelle on accorde trop de place."

