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Les facéties de Lucie
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22 juillet 2013

Une photo, quelques mots 89

cour Photo de Romaric Cazaux, c'est Leiloona qui invite...à écrire. 

Lundi 21 juillet. 8H. Je me lève à l'instant.

J'ouvre les rideaux et laisse la fenêtre ouverte.

Je sens déjà des odeurs d'oignons rissolés et de vin blanc qui envahissent l'atmosphère. Ma voisine du dessous, Aline, cuisine de plus en plus tôt.

Je n'en suis qu'au café/chicorée, tartines beurrées. Clarisse aussi on dirait, c'est ma voisine de gauche. Je l'entends ouvrir un pot de confiture (figues, maison, c'est certain, elle m'en a offert un pot) et faire tourner une cuillère dans son bol. 

Raymond, mon voisin de droite, fume sa première pipe de la journée. L'odeur de l'Amsterdamer qui se consume vient me chatouiller les narines. Je ne peux pas lui en vouloir, j'adore ce parfum. Il couvre, Dieu merci, cette vilaine eau de Cologne dont il semble se servir en guise d'après rasage.

Marinette a étendu son linge et les effluves fleuries de sa lessive vient se mêler à tout ce que j'ai déjà respiré. Je dois dire que c'est beaucoup pour un seul nez qui se reveille. 

C'est comme ça tous les matins, en été, nous vivons fenêtres grandes ouvertes sur notre cour commune. 

Et si les odeurs se mélangent, les bruits aussi. Entre l'aspirateur de Carmen (elle ne passe pas un jour sans faire le ménage de son deux pièces) la pipe contre le rebord de la fenêtre que Raymond tasse en ralant souvent, les sonneries de portable de Lisa, les publicités télévisées toujours trop fortes pour Carmen qui prie Raymond de baisser le son, la voix de crécelle de la mamie du rez de chaussée, les cris du nourrison du jeune couple du dernier étage, le ballon envoyé contre les murs par Diego et Joan dans la cour, les talons de Sandy qui claquent sur le bitume quand elle part travailler ou le tintement des clés qu'elle sort du sac avant d'arriver, il y a peu de vrai silence. Une pause parfois entre la chaise qu'on tire sur le carrelage, la porte qui claque pour marquer la colère, le "tu m'emmerdes, elle est où la liberté ?!" et les bips stridents d'un micro ondes qui signent la fin d'une cuisson. 

Je pousse mon bol sur le côté. Allume mon ordinateur. Je noue mes cheveux en un chignon vite fait. Quelques mèches s'en échappent. Il serait fou s'il était là. Il me prendrait la nuque en photo avant de la croquer du bout des dents et de l'embrasser du bout des lèvres.

Il se ferait un malin plaisir à me perturber en pleine écriture, jusqu'à ce que je cède, que je lâche le clavier, que mes bras l'enlacent, qu'il fasse glisser ma robe sur le parquet...Il repousserait les vantaux de la fenêtre pour la fermer en me chuchotant "on pourrait nous entendre".

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Commentaires
C
J'adore ce panaché d'éléments de vie.... c'est ce que j'aime dans la vie en appartement, ces bruits qui rassurent car ce sont des témoignages sur le fait que nous existons... que nous ne sommes pas seuls... et que nous sommes finalement, tous un peu pareil...
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C
Voilà un texte qui émoustille ... J'aime beaucoup
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Y
J'adore ! Ton texte m'a donné le sourire, c'est un vrai bonheur à lire :-) Bonne journée Lucie !
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L
@stephie : merci pour ce compliment qui ravit la gourmande de la vie que je suis ;-)
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S
Miam... du début à la fin :)
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Les facéties de Lucie
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