Une photo, quelques mots (81)
Piégée. La corde au cou. Le boulet au pied. L'étreinte du boa se resserre, je peine à respirer.
Je ne peux pas parler. Je ne peux pas le dire.
Je ne peux pas avouer que son visage ne m'inspire aucun sentiment. Ni amour, ni haine, c'est pire : de l'indifférence.
Je me me sens comme une étrangère. J'ai peine à croire que c'est moi qui ai crée ces bras potelés, ce petit buste, ces doigts qui s'agitent. Je me demande ce qu'il veut lorsqu'il me sourit.
Je pourrais bien l'oublier ici dans ce parc et ne pas m'en apercevoir. Je comprends presque celles qui glissent le leur dans le congélateur. Pour faire cesser les pleurs ce doit être radical.
Je suis un monstre sous chapeau cloche. Une mère sans coeur et sans reproche. Je me fais peur.
C'était ma participation à l'atelier de Leiloona à partir d'une photo de Romaric Cazaux (c'est le petit serpent peluche enroulé autour du berceau qui m'a inspiré cette mère).
