"Comme une bête" de Joy Sorman ou comment un roman peut vous donner envie de devenir végétarien(ne)...
Ce soir en mangeant mon filet mignon, j'ai repensé à cette lecture. Et franchement j'ai bien failli ne pas finir mon assiette.
Pim, apprenti boucher, pousse loin la passion du métier puisqu'il se fait cochon dans la chaîne d'abattage, visage contre groin, peau contre soie. Il devient bête parmi les bêtes et réclame tête à tête, affrontement à la loyale.
Il va jusqu'à identifier sur ses conquêtes feminines, jarret, côtes et filet mignon, tout juste s'il ne dessine pas sur leurs peaux les pointillés, les numéros des morceaux et leur légende.
N'ayant pas le physique de l'emploi et la larme facile, ce garçon à part teinte le roman d'une étrangeté qui m'a empêchée d'accrocher.
Remonter la chaîne du boucher jusqu'à l'élevage c'est se voir décrire par le menu les techniques d'abattage, le stress des bêtes et la viande moins tendre tout juste bonne à être transformée en nuggets épicés.
Se glisser dans les coulisses n'est pas toujours recommandé si l'on veut continuer à se faire griller côte à l'os et boeuf à braiser.
Bref, ce roman atypique m'a mis mal à l'aise, sans doute parce qu'il évoque sans détour notre animalité.
Je vous envoie donc lire la critique d'Elisabeth Philippe autrement plus inspirante.
(Le tableau est une carcasse façon Philippe Cognée. )
