La fille de papier de Guillaume Musso
Quand Valérie, une cliente (oui, je fais du trafic de livres au travail !) m'a proposé de me prêter le dernier livre de Guillaume Musso, j'ai dit oui ! et je lui ai prêté l'hypnotiseur de Lars Kepler.
Le roman commence par des coupures de presse relatant les déboires amoureux d'une célèbre pianiste et le succès du roman d'un certain Tom Boyd. Ces deux phénomènes artisitiques se rencontrent et vivent une idylle relatée dans ces mêmes journeaux "voicinesques" jusqu'à la rupture provoquée par la belle musicienne.
Lorsque l'on fait la connaissance de Tom Boyd il est donc au fond du gouffre, en panne d'inspiration, abruti par anxiolitiques et autres drogues anesthésiant douleur de coeur et neurones au passage.
Ses amis Carole et Milo lui payent une cure de sommeil pour décrocher de ces drogues qui l'empêchent d'écrire la suite et la fin de sa trilogie qui l'a rendu célèbre.
Il refuse et s'échappe en compagnie de Billie, personnage tout droit sorti de son dernier roman. Suite à une monumentale erreur d'impression, 10 000 exemplaires sont remplis pour moitié de feuilles blanches, l'histoire s'arrête en pleine phrase page 266. C'est la faille qui a permis à Billie de sortir du livre et de venir hanter la vie de celui qui l'a crée.
Billie lui propose un deal : il écrit la fin de son histoire pour qu'elle puisse retourner dans la fiction et elle l'aide à retrouver son amour perdu : Aurore.
Marcé conclu ! Les voilà tous les deux pliés en quatre dans une fiat 500 rose bonbon à rouler à travers le désert du Mexique. Le voyage est rocambolesque et à l'arrivée Tom bute contre les désillusions d'Aurore qui ne veut pas croire à l'amour.
A partir de là le récit s'accèlère, il y a urgence : les exemplaires mal imprimés sont broyés ce qui met en péril l'existence de Billie. Un seul livre a échappé à la destruction, c'est ce fil qui tient l'héroïne en vie. Il faut le retrouver et le mettre en lieu sûr car la santé de Billie flanche carrément. Un stressant compte à rebours commence d'autant qu'elle est attachante cette fille de papier...
Bon pour tout vous dire, au début j'ai eu un peu peur car je trouvais l'histoire capilotractée et je peinais à m'accrocher. Les onomatopées écrites façon BD et les sms reproduits comme sur l'écran de mon iphone ne m'ont pas charmé : gadgets. Je me disais : bon c'est un "et si c'était vrai" (Marc Levy) revisité. L'auteur glisse dans son roman une pointe de fantastique pour créer une bonne fée sauveuse de couple. Ok l'idée de mettre dans les pattes d'un écrivain un des personnages qu'il a crée, c'est original. Et après ?
Bein après le récit prend heureusement un peu de vitesse et l'envie de tourner les pages gagne le lecteur qui se saisit de son petit carnet pour noter des passages qui lui causent ( bon ok la lectrice que je suis s'est surtout retrouvée dans la femme, sans illusions et blasée de l'amour, qu'est Aurore). Bref, un bon suspense et un dénouement surprenant.
Happy end évidemment qui nous distille quelques messages positifs déjà lus mais qu'il est bon de rabacher pour qu'on parvienne enfin à se les mettre dans le crâne : lâcher la bride, saisir la merveille de l'instant, vivre pleinement, ouvrir les bras à celles et ceux qui donnent plus de saveurs et de couleurs à notre vie en la partageant, ne pas se laisser submerger par ses désillusions, y croire encore. Ce roman renferme aussi un joli plaidoyer en faveur de l'amitié.
Bref, un moment de lecture facile et distrayant. Et de la citation à revendre !!
"A quoi servent les livres s'ils ne ramènent pas vers la vie, s'ils ne parviennent pas à nous y faire boire avec plus d'avidité ?" Henry Miller
"Les amis sont des anges qui nous soulèvent lorsque nos ailes n'arrivent plus à se rappeler comment voler" Anonyme.
"le bonheur est une bulle de savon qui change de couleur comme l'iris et qui éclate quand on la touche" Balzac .. quand même !
"Ce qui compte ce ne sont pas les coups que l'on donne, mais ceux que l'on reçoit et auxquels on résiste pour aller de l'avant" Randy Paush.
"la passion est comme une drogue : en connaître les effets ravageurs n'a jamais empêché personne de continuer à se détruire après avoir mis le doigt dans l'engrenage."
"la célébrité rend rarement meilleure la personnalité de ceux qui y accèdent. Elle renforce les blessures narcissiques plus qu'elle ne les apaise."
Merci Valérie !