Oslo, 31 août de Joachim Trier
Anders est un toxicomane enfin clean. Il a terminé sa cure et va sortir du centre où il a été soigné. Ce fameux 31 août, il a rendez vous pour un entretien d'embauche en ville, à Oslo. Il en profite pour passer dire bonjour à ses vieilles connaissances.
Trentenaire funambule, sa vie ne tient qu'à un fil. Continuer ou arrêter ? Continuer pour faire quoi de sa vie ? Pendant cette journée charnière tout remonte à la surface : les souvenirs, les regrets, les actes manqués et les espoirs qu'il n'ose pas avoir.
Plus le film avance, moins il y a de mots et de lumière. Pourtant le message passe sans avoir besoin de message moralisateur sur les drogues. Les images et la musique sont parfois plus fortes que les paroles.
Les flous se font sur l'écran comme dans la tête d'Anders à qui l'on aimerait dire "tu as les armes pour te battre, tu n'as pas besoin de béquilles pour tenir debout, il faut juste croire en toi, en tout".
Ce film commence à la manière des "je me souviens" de Georges Perec. Des scènes m'ont marquée comme celles où Anders attrape au vol des bribes de conversations dans un café ou bien celle où son ami fait le bilan de sa vie pas si reluisante que ça.
Mais au fond c'est quoi le bonheur ? Quand est ce que l'on sait que l'on a réussi sa vie ? Peut on prendre un nouveau départ après avoir touché le fond ? ou bien faut-il se remplir les poches de cailloux et s'y laisser replonger ?
D'une certaine manière ce film m'a fait penser à "à contresens" roman dans lequel le personnage revisite son passé et fait un premier bilan de sa vie. Une bande-son l'accompagne et l'histoire se déroule dans un Berlin qui m'a fait penser à cet Oslo, gris et rempli de souvenirs.
J'ai aimé l'atmosphère, la façon de filmer, la beauté d'Anders dont le sourire contenu nous fait douter de l'existence d'une nouvelle page derrière celle qu'il tourne doucement.
Ce film parlera aux trentenaires et aux autres, ceux qui ont passé le cap de cette première transition.Parce que plusieurs fois dans nos vies nous nous retournons sur le chemin que nous avons parcouru. Nous nous demandons comment nous en sommes arrivés là, nous regrettons parfois d'avoir choisi tel ou tel embranchement, nous aurions aimé prendre davantage de vitesse ou bien être allé moins vite. A trente ans et plus tard aussi, à plusieurs reprises, on regarde le plan qui nous dit "vous êtes ici". Et où va t-on maintenant ? et avec qui ? et pourquoi ? et à quoi bon ?
Allez éteignez l'ordi et allez au ciné !! Si je ne vous ai pas convaincu, allez lire la critique de Corinne Renou-Nativel.
post scriptum : avis aux fans d'ikea vous allez retrouver votre mobilier favori !!