"L'effet larsen" de Delphine Bertholon
Ce roman là a atterri dans mes mains grâce à Clara qui l'a fait voyager. Et je l'en remercie vivement parce qu'il m'a percuté comme peu savent le faire. Quelle écriture !
Nola a 30 ans et décide enfin d'affronter les fantômes du passé. Elle rembobine le film de sa vie et nous relate cet étrange été 1998 dans cet immeuble, monstrueux comme sa vie d'alors. Volets fermés, télé allumée sur écran enneigé, température frôlant les 40 degrés, sa mère, Mira, est recroquevillée dans le canapé, boule Quiès dans les oreilles...Nola essaye de la maintenir hors de l'eau de la ramener à la vie après cette terrible tragédie qui les touche toutes les deux. Mira souffre d'hyperacousie comme si un drôle de cacophonie l'avait envahi comme si le drame résonnait sans arrêt, tambourinant à ses tympans...
Delphine Bertholon nous parle de secrets, de non-dits, d'écoute, de silences, de culpabilité et des coups du sorts, du choix de ne pas ou plus entendre. Elle nous parle de la fin du bonheur, de l'addition des peines, de l'absence, du deuil, de la violence des émotions. Elle nous dit comme certains sont abasourdis par le malheur qui les frappe et comme d'autres parviennent à vivre avec. Ce livre est de ceux que l'on lit et relit.On ne sombre jamais dans le pathos et, malgré la lourdeur du thème, on ne sort pas déprimé de la lecture. C'est décidé je vais l'acheter !!
extrait : "Je ressens encore la violence de cette émotion. La violence de cette émotion que je n'attendais pas. Ce n'était pas de la la colère, c'était de la déception, une immense et intolérable déception. L'impression désespérante que décidemment, personne, non personne, n'était digne de confiance. Que tout le monde, tôt ou tard, finissait par partir. Définitivement et inexorablement tout seul. Je prenais conscience de cette vérité là. Une telle désillusion, je n'avais pas supporté. "