Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les facéties de Lucie
Publicité
Archives
7 mars 2010

"Le quai de Ouistreham" de Florence Aubenas, immersion chez les précaires.

9782879296777 Pour qui cherche un livre divertissant, passez votre chemin.

C'est le battage médiatique fait autour de ce roman qui m'a fait l'acheter.

L'idée me semblait intéressante. Florence Aubenas, journaliste, a voulu vivre la crise de l'intérieur, faire du journalisme d'immersion, comme on dit. Immersion dans le quotidien de précaires.

Elle est partie direction Caen, a loué un meublé et s'est présentée au Pôle emploi avec un cv bien pauvre. Vingt ans sans expérience pendant lesquels elle dit avoir été entretenue par un mari qui vient de la quitter. Plus de 45 ans, sans véhicule personnel, elle multiplie, à dessein, les handicaps. Elle est prête à tout faire... comme tout le monde.

On lui propose alors une" formation des métiers de la propreté" pour devenir "agent de nettoyage", seul poste auquel elle peut prétendre postuler. Elle enchaîne forums pour l'emploi, agences d'intérim, rendez vous inutiles au Pôle emploi et décroche des heures à droite et à gauche.

Elle fait dès lors partie des "précaires" comme on les appelle : ces salariés aux emplois éclatés, intérimaires, employés de supermarchés qui travaillent entre deux coupures pour des salaires de misère. 

Mon avis : Pour tout vous dire, je ne sais pas si c'est le côté sombre de cette expérience de vie qui m'a procuré ce sentiment mais j'avais hâte d'en finir avec ce roman, hâte de sortir de cette sombre histoire. On y lit des constats affligeants: le fonctionnement et le rôle du Pôle emploi (les petites combines pour masquer la hausse du nombre de chômeurs, les demandeurs d'emploi sont devenus des clients, la hausse du nombre de dossiers qui transforme le travail en abattage), la tension qui y règne, les effets induits par les mesures d'aides aux patrons (aides au temps partiel qui poussent les patrons à embaucher 2 mi temps au lieu d'un temps plein). On y croise des personnes qui sont contraintes de s'asseoir sur leurs ambitions, leurs rêves, qui n'ont plus le choix, qui connaissent la situation de sous emploi depuis longtemps, en tout cas bien avant que le mot crise n'apparaisse dans les médias. Plus positif, on y lit l'entraide et la solidarité entre chômeurs, entre collègues.

C'est six mois de galère pour Florence Aubenas mais au bout de l'expérience, elle retourne à la lumière, à sa vie de journaliste, pendant que d'autres continuent cette vie ponctuée de contrats précaires.

Lorsque l'on a n'a pas eu soi même à subir les répercussions directe de la crise, ce roman fait froid dans le dos. Il fait percevoir la fragilité de l'emploi, mais aussi la chance d'en avoir un dans lequel on parvient à s'épanouir et qui nous fait vivre de façon correcte. C'est une invitation au débat et à la réflexion. Un roman assurément dérangeant qui ne laisse pas indifférent. 

L'avis de Cunéipage trop irritée par la forme pour s'attarder sur le fond. C'est du vrai journalisme, une voix pour les sans voix pour Crewkoos,ce roman a ouvert les yeux de Sevcareve, et allez voir l'article élogieux de la librairie Sauramps.

 

Publicité
Commentaires
G
Cette femme est admirable. D'ailleurs, je vais la voir en conférence dans quelques temps.
Répondre
L
@modzill@ : j'ai hâte de connaître ton avis.
Répondre
M
j'attends que ma belle-mère me le prête et puisque bientôt j'aurais beaucoup de temps pour lire je rattraperais peut-être mon retard !<br /> Petit chat perso : j'espère que tout va bien pour vous ;-) faudrait que je rende ma carte non ?? bises
Répondre
M
j'attends que ma belle-mère me le prête et puisque bientôt j'aurais beaucoup de temps pour lire je rattraperais peut-être mon retard !<br /> Petit chat perso : j'espère que tout va bien pour vous ;-) faudrait que je rende ma carte non ?? bises
Répondre
L
@celine: oui c'est un coup de projecteur.
Répondre
Les facéties de Lucie
Publicité
Derniers commentaires
Publicité
Publicité