Les facéties de Lucie

La vie d'une luce, ses trucs et astuces, ses coups de gueule, ses coups de coeur.

11 novembre 2009

"On ne commande pas sa mémoire. On peut juste parfois l'endormir un peu."

Le rapport de Brodeck "Le rapport de Brodeck" aux éditions stock.

Un livre à la couverture noire comme celui de jean Louis Fournier mais trois fois plus épais. Primé et adulé par la blogosphère et pourtant. J'ai bien failli passer à côté et le refermer avant de l'avoir terminé. Il faut dire que ce livre est sombre. Et puis les mots m'ont retenu, les mots et la façon dont Philippe Claudel, brillament, les articule. J'ai continué pour comprendre.

Brodeck revient de loin. Les habitants de son village ne pensaient pas qu'il s'en sortirait et pourtant. A son retour, ils le chargent d'un récit ("toi qui sais écrire"), du récit de ce qui est arrivé à l'Etranger. En parallèle, il fait le récit de sa vie et raconte la déshumanisation, l'étroitesse d'esprit et les atrocités dont sont capables les hommes et ça fait froid dans le dos. Deux histoires qui se croisent, se complètent et qui nous permettent de comprendre comment la méfiance et la peur peuvent faire naître chez les hommes un sentiment: la lacheté. 

Ce livre refermé on reste bouleversé, marqué à jamais.

Bernard en parle magnifiquement ici. Laure a aimé elle aussi cette façon particulière d'exprimer l'indicible, l'inénarrable.Zara aussi est bouleversée. 

Extraits : "Je ne sais pas si l'on peut guérir de certaines choses. Au fond, raconter n'est peut être pas un remède si sûr que cela. Peut être qu'au contraire raconter ne sert qu'à entretenir les plaies, comme on entretient les braises d'un feu afin qu'à notre guise, quand nous le souhaiterions, il puisse repartir de plus belle." page 319.

"je ne sais pas s'il est parvenu à refermer cette plaie, je ne sais pas non plus s'il l'avait vraiment voulu. Parfois on aime ses propres cicatrices." page 272.   

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05 novembre 2009

"Voyelle paprika, consonne galuska"

cover_chocas

L'histoire de Klara, la narratrice de "Bazar magyar" de Viviane Chocas, ressemble à celle de Laurent Deutsch.

Née en France de parents hongrois qui ont fui en 1956 un pays sous le joug communiste de Moscou, klara ne connaît rien de la Hongrie.

De leur passé douloureux, les parents de klara n'ont gardé que le goulash, les beignets d'abricots et le chou farci. Le reste (la langue, leurs souvenirs) est resté cadenassé derrière le rideau de fer.

Mais comme le dit Klara "parfois il suffit de manger pour que tout ou presque puisse être dit".

C'est donc par les plats hongrois qu'elle a accès à la Hongrie. "Leur sécurité confondante était probablement la plus solide des armures : on n'a jamais vu un régime politique renverser une cuisine nationale".

Ses parents ne prononcent pas un mot de hongrois  mais "les saveurs du goulash [...] se sont glissées sur la table". "Les mets composaient la seule mémoire vive, cédée, concédée, transmise, voyelle paprika, consonne galuska, accent grave de la chair de la noix, aigu dans l'amertume du concombre".

Klara ne veut pas en rester là et , guidée par les saveurs de la cuisine hongroise, elle décide de partir à la découverte de ce pays pour recomposer son identité et l'histoire familiale.

On suit avec beaucoup d'émotion cette quête des origines. C'est assurément un beau livre !! coup de coeur pour moi !!

idem pour mykha, plus nuancé pour sophie.

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03 novembre 2009

"Dans la peinture, il s'établit comme un pont mystérieux entre l'âme des personnages et des spectateurs" Delacroix

Je participe, souvenez-vous, au swap "un livre- un peintre" organisé par Lamousmé et Isil.

Pour me mettre dans le bain, je me suis replongée dans des petits bouquins, drôlement bien faits, publiés par les éditions Milan dans lesquels Elisabeth Lièvre-Crosson nous explique la naissance et le contenu des différents mouvements de peinture. Dimanche soir, j'ai donc relu "du baroque au romantisme". Une cinquantaine de pages qui donnent envie d'aller plus loin (bein oui forcément la synthèse a des limites).swap

Le baroque apparaît au 17 ème siècle. A cette époque, l'Eglise a besoin de redorer son blason. Elle va passer commande auprès des peintres de l'époque. Au maniérisme trop raffiné et peu accessible au grand public, elle va préférer le baroque, plus simple, plus éloquent, plus convaincant, presque théâtral, pour célébrer la grandeur de l'Eglise. Le baroque communique via les émotions, les sentiments, provoque un choc visuel pour mieux marquer les esprits. L'Eglise ne pouvait rêver mieux. On peut citer Rubens, le flamand, qui illustre les récits bibliques avec générosité et éclat ou le hollandais Rembrandt moins tapageur mais tout aussi expressif.

Quant au romantisme, il apparaît dans la deuxième moitié du 19ème siècle à une époque où l'artiste ne peint plus pour satisfaire des commanditaires (Eglise, Cour) mais au nom de ses propres idées. David se consacre à l'histoire et débarrasse ses toiles de tout contenu religieux ou décoratif , Goya dénonce les horreurs de la guerre (qui n'a pas commenté en espagnol son tableau "el tres de mayo" ?) et Guericault témoigne d'un fait divers scandaleux avec "le radeau de la méduse dont l'histoire n'est pas sans rappeler celle qu'a romancé Irène Frain dans "l'île de tromelin"(1816, une frégate française fait naufrage. A son bord, des officiels et leur famille qui s'en sortent en prenant la chaloupe et le petit peuple qui n'a qu'un radeau auquel s'accrocher. Devinez quoi ? lorsque l'on découvre le radeau 13 jours plus tard 135 personnes ont péri et les survivants dérangent en publiant leur récit du drame). Les peintres romantiques s'inspirent évidemment de la littérature du même genre (Dante, Shakespeare).

Un exemple de romantisme allemand avec Caspar Friedrich et son "arbre aux corbeaux" illustrant ce que l'on appelle le paysage tragique. Le peintre transpose dans son oeuvre son sentiment tourmenté et religieux de l'existence. Jugez plutôt.   

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02 novembre 2009

un livre parfois m'échappe...

"Une existence réglée comme du papier à musique : de son emploi du temps à ses émotions, Elizabeth a tout planifié pour ne plus souffrir. Mais lorsqu'un inconnu fait irruption dans sa vie cette mécanique si bien huilée se dérègle. Insouciant, spontané, en quête perpétuelle d'aventures, le mystérieux Ivan semble touché par la grâce. Peu à peu, la jeune femme  baisse le bouclier qui protégeait son coeur et sort de sa carapace. Mais que sait-elle d'Ivan ? D'où vient-il ? Est-il vraiment celui qu'il prétend être ou n'est-il qu'une illusion ?"

Ce résumé + le fait que j'avais beaucoup aimé "ps : i love you" m'ont motivé à acheter ce livre de poche. Et bien je suis complétement passée à côté.J'ai même renoncé avant d'attendre 100 pages, c'est dire. C'est lent. Ivan, personnage que seul le neveu de Elizabeth peut voir, me fait penser à un roman de Levy en moins bien. Bref. La rencontre entre ce roman et moi n'a pas eu lieu. Je ne désespère pas, ce n'était sûrement pas le moment. Ps I love you était arrivé à point nommé, j'ai ouvert celui-là au mauvais moment. 

Allez lire ce qu'en dit Celine enthousiaste,et le site de l'auteur.   

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01 novembre 2009

L'instit et le maçon

Eric Holder : Mademoiselle Chambon - LivreCe livre, "Mademoiselle Chambon" est depuis longtemps dans ma Pile A Lire. C'est son adaptation au cinéma qui m'a donné envie de l'ouvrir plus tôt que prévu (et aussi le fait que je cherchais une lecture plus légère après un roman fort : "le rapport de Brodeck" dont je vous parlerais plus tard). Bien mal m'en a pris car je sors déçue de cette lecture.

L'histoire : il était une fois Antonio un maçon portuguais marié et père d'un enfant qui vivait à Montmirail,ville de la province. Un jour il rencontre l'institutrice de son fils et là c'est le coup de foudre absolu : il l'a dans la peau. Pour Melle Chambon aussi le charme agit instantanément. Bref, les deux essayent de forcer le destin pour que leurs chemins se croisent plus souvent et qu'ils puissent juste s'apercevoir et sentir la présence de l'autre.

Si j'ai apprécié le style d'écriture d'Eric Holder et le fait d'assister à la naissance d'une passion entre deux personnes que tout oppose, je n'ai pas accroché à l'histoire. La femme d'Antonio est enceinte de leur deuxième enfant pendant que son mari conte fleurette avec l'instit et se prend de passion pour le violon. Je n'aime décidemment pas ces histoires dans lesquelles l'homme aime ailleurs sans pour autant avoir le courage de quitter sa vie tranquille.

Bon un grand bof pour l'histoire mais je lirais d'autres romans de cet auteur qui sait trouver les mots justes.

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19 octobre 2009

coup de projecteur sur...

...les éditions Héloïse d'Ormesson !!!

En ce moment je lis "Bazar Magyar" de Viviane Chocas cover_chocas.

C'est le deuxième roman publié par cette maison d'édition que je découvre - le premier était "les carnets de douglas" de Christine Eddie  - et je dois dire qu'ils savent trouver des pépites chez Héloïse d'Ormesson !!!

Il faut dire que cet éditeur recherche la qualité plus que la quantité puisqu'il ne publie pas plus de 20 livres par an. 

Allez jeter un oeil ICI, ça donne des tas d'envies de lectures (je sais que vous n'avez pas besoin de ça pour remplir vos LAL et vos LAL mais ça vaut le détour !). De plus, je trouve les livres carrément beaux !! 

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10 octobre 2009

Chroniques de san francisco d'Armistead Maupin

Les chroniques de San Francisco Bon autant vous le dire tout de suite, je ne lirai pas la suite de ces chroniques. J'ai pourtant lu ce premier tome cet été, à priori la bonne saison pour ce genre de roman. Je n'ai pas été emballée. Ce roman qui est pour beaucoup un livre culte n'est pour moi qu'un livre divertissant, ce qui, vous allez me dire, n'est déjà pas si mal.

L'histoire : A San Francisco, dans les années 70, Mary Ann, jeune secrétaire originaire du Middle West, débarque dans un univers sans tabou. Sa logeuse l'accueille avec un joint collé sur la porte de son appartement en guise de cadeau de bienvenue. Michael son colocataire est à la recherche de l'amant idéal. Brian, habitant le même immeuble, se frotte les mains puisque, hétéro parmi des voisins homos, il drague sans concurrence. Norman, qui loge dans le petit réduit sous les toits, entretient le mystère sur sa vie. Est il vraiment commercial comme il le prétend ?

Monsieur Maupin nous livre une chronique du climat moral, politique, sexuel et social du San Francisco des années 70. Beaucoup de dialogues rendent le livre vivant. Beaucoup de personnages s'y croisent sans que je sois parvenue à m'intéresser vraiment à leurs sorts. Un peu trop décousu à mon goût, on se perd dans cette lecture.

Ma note : 6,5/10. 

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06 septembre 2009

Brokeback Mountain, le livre d'Annie Proulx

C'est Pim (dont le blog est en mode veille prolongé...) qui m' a offert ce livre dans le cadre du swap ciné livre organisé en 2008 par Mme Charlotte et  Val. Ma swappée d'origine n'ayant pas daigné m'envoyer de colis, c'est Pim qui s'est chargé d'un colis de secours !!

Quelle belle histoire d'amour entre deux hommes !  Elle prend naissance, le temps d'un été, dans les plaines du Wyoming et subsiste au mépris des conventions de l'époque (USA 1962, l'homosexualité est mal vue, surtout dans le monde rural) Bonne lecture, je me serai juste passée des passages crus. 

L'avis de Restling et de cultiste. Merci PIM !!! (et je t'en supplie reviens nous sur la blogosphère, allez, quoi !!!!!)

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28 août 2009

Franck et Billy de Laurie Colwin

billy Alors pour certains, il faut voir dans le kitch de la couverture un signe qui ne trompe pas : cette histoire est sans intérêt et vaut un Danielle Steel (angelwizzard) ; pour d'autres il s'agit d'une pépite à lire sous la couette et à savourer(clarabel).

C'est sans doute la construction du roman et son écriture qui désarçonnent mais je me range plutôt aux côtés de ceux qui ont apprécié la lecture.

Ce livre m'a été glissé dans les mains lors de l'achat de deux livres de poche. Il jouait le rôle du troisième offert et je l'ai justement choisi à cause de cette couverture patissière !!!

Franck - Francis- et Billy - Jospéhine - sont amants. Billy rompt à tout bout de champ en se disant "non vraiment ce n'est pas sérieux tout ça" mais Franck et Billy finissent toujours pas se remettre ensemble.

C'est une drôle d'histoire d'amour adultère qui se déroule sous nos yeux entre deux êtres que tout oppose.

Tantôt dans la tête de Billy, tantôt dans celle de Franck, on se demande, comme eux, "mais que font-ils ensemble?" tant ils sont dissemblables.

On croit d'abord Billy détachée mais elle tente en vain de repousser Franck qui fait naître en elle des sentiments qu'elle n'a pas pour son mari qui n'est finalement qu'un vieil ami.

Quant à Franck, il parle toujours de sa femme et ses enfants (ce qui agaçe Billy au plus haut point) comme pour mieux se protéger de cette relation ensorcelante qui le fera nécessairement souffrir puisqu'elle n'a pas vocation à durer...

Autant vous le dire, d'habitude je déteste les histoires d'adultère. Mais là je me suis laissée happer par ce couple atypique et éphémère. A lire !! 

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24 août 2009

Méfiez vous des ours en peluche...

panda C'est Clarabel , avec un excellent billet, qui m'a donné envie d'emprunter "la théorie du panda" de Pascal Granier aux éditions Zulma. 

Et bien c'est pour moi un coup de coeur !!

Gabriel débarque, d'on ne sait où, avec ses talents de cuisinier. Aves ses petits plats, il apporte réconfort et séduit, sans susciter la méfiance, les habitants esseulés d'une petite ville de Bretagne. Pourtant, s'ils savaient...

Un style très agréable, une histoire étrange dont on ne comprend pas tout de suite les ressorts.On se laisserait bien tenter, nous aussi, par un repas concocté par Gabriel servi dans le bistrot de José sur une nappe à carreaux rouges et blancs sous l'oeil du panda en peluche posé sur le buffet.

Une excellente lecture !!

"Sous ses abords revêches, Françoise n'est pas une mauvaise femme. L'ordre et la discipline lui servent de déambulateur. C'est tout ce qu'elle a trouvé pour corseter une vie ponctuée de peines et de souffrances. Elle porte sa résignation en sautoir comme un vieux soldat ses médailles." page 66

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