bobin

Quand je parle de Christian Bobin, je parle d'un poète qui a la foi. Il n'a rien d'un illuminé, il ressemble plutôt à un sage. Sa vision de la vie est tout à la fois lucide et lumineuse. Il dit de lui : " j'ai un curé dans la gorge, il faudrait que je tousse avant de parler". 

Quand mon amie Aurélie m'a offert son dernier livre pour mon anniversaire, elle ne savait pas comme elle tombait juste. Et j'ai profité du soleil de Septembre que j'aime tant pour en picorer des extraits en buvant mon café dans notre jardin. 

Depuis les semaines et les mois se sont écoulés, sans que je parvienne à venir vous en dire un mot. 

J'ai un mal de chien à lire de la poésie (un de mes clients m'a prêté son recueil publié et aucun mot ne m'a touché), je ne suis pas  batpisée et ne crois en aucun Dieu. Quand mon père m'annonce qu'il renoue avec sa foi et s'achète une croix, je le comprends parce que cette vie est parfois si absurde qu'il faut tout de même bien se rattacher à quelque chose d'exterieur qui y donnerait sens. 

Malgré tout cela, Bobin me touche parce que ses mots résonnent en moi comme l'écho d'une experience commune de la vie. La vie est terrible, comme il dit, oui. Mais ses mots sont autant de petits pansements à nos blessures. Elles ne sont pas vaines. La vie vaut le coup, dans l'ensemble. 

Extraits : "Ils sont partout, sauf en eux, ceux qui font le tour du monde". page 41

"La lune brille entre les branches comme un ballon d'enfant lancé trop fort." page 44

"la vie est terrible, mais comment lui en vouloir" page 72

"Je crois que j'ai toujours écrit pour sauver quelque chose ou quelqu'un. page 47

"L'écriture senfonce dans le coeur du lecteur comme une aiguille de couturière. C'est pour y faire entrer un jour miraculeux. " page 51

"Le diable des modernes a décidé que nous serions tous, toujours, très occupés. La lecture est un billet d'absence, une sortie au monde. " page 60