le groupe

 

Je viens de terminer la lecture de ce court roman, le coeur serré, les larmes au bord des yeux avec l'envie de retrouver cette ambiance singulière d'un atelier d'écriture. 

la 4ème de couverture : "Durant cinq mois, dix élèves de terminale et deux professeurs se réunissent une heure par semaine dans un monde clos pour écrire. Pour tous, c'est un grand saut dans l'inconnu Les barrières tombent, ils seront tous au même niveau, à decouvert. Un groupe à part. "

C'est un monde à part l'atelier. On s'extrait du quotidien. On sort de soi tout autant qu'on s'explore. De la contrainte nait la liberté et les consignes d'écriture donnent naissance à des textes étonnants. Dans la fiction, se glisse notre réel. Mis à distance, romancée, l'histoire fait parfois écho à ceux qui l'écoutent ou la lisent. Pour moi, lire et écrire est en cela vital : ne pas se sentir seule à éprouver autant de difficultés et d'émotions... 

Que vous ayez suivi ou non dans votre vie un atelier d'écriture (et le virtuel ne remplacera jamais l'atelier réel), je vous recommande la lecture de ce roman comme de tous ceux de Jean Philippe Blondel d'ailleurs. 

Vous l'aurez compris c'est encore un coup de coeur. 

Extrait : " Plus on écrit, mieux on écrit tu veux dire ? - Pas nécessairement. Mais plus on écrit, moins on a peur de cette façon de s'exprimer, plus on l'amadoue, plus on l'amène dans son propre monde et plus on s'ouvre aux autres. " Page 14. 

"Après tout, ce que nous allons rédiger, ce sont des textes de fiction, et la fiction, c'est du mensonge sur un fond de réalité, si je ne m'abuse. "

"écrire des choses qui viennent des tripes, des mots qui viennent fouiller autour du coeur et qui descendent dans le foie et les intestins, des paragraphes qui coulent dans les veines et dans les artères, des textes qui donnent sens à toute cette biologie en nous."

"On peut avoir des rapports très différents à son adolescence, selon qu'elle a éte un periode difficile à traverser, ponctuée de rejets et de recherches, ou un moment d'épanouissement, ponctué de rencontre et de fêtes. "

"Le texte de Boris est venu me cueillir par un itineraire tortueux et détourné. Il ne m'a pas prise de front. Il s'est promené dans des contrées qui semblaient loin de moi et puis soudain, il a pris un tunnel, il a déjoué toutes mes feintes et toutes mes armures et il s'est insinué dans mon corps. Il a tout colonisé, pour remonter jusq'aux yeux et tenté de les faire déborder. Il y est arrivé. "