vertige

De Gilles Paris, j’avais adoré Au pays des kangourous notamment à cause de l’écriture « arc-en-ciel » et imagée de l’auteur. Et puis j’étais passée à côté de l’été des Lucioles.

Le vertige des falaises m’a captivée. Marnie Mortemer, 14 ans, est une ado tellement attachante. Elle vit sur une île avec sa mère Rose et sa grand mère Olivia dans un palais de verre et d’acier à flanc de falaise. Elle s’en échappe souvent pour calmer ses tempêtes intérieures. Sa best friend forever est Jane, aveugle et fille de Prudence l’intendante de la famille.

 L’image que Marnie a des hommes est plutôt pitoyable compte tenu des modèles que lui offrent Luc et Aristide, ses père et grand père. « Les hommes n’apportent rien de bon » dit elle. Elle rêve d’un garçon qui aurait autre chose à lui proposer que le malheur.

Au fil des pages on comprend mieux qu’elle n’ait pas éprouvé tant de chagrin que ça à la mort de son papa.

Les points de vue de Prudence, Rose, Marnie, Olivia, du médecin de l’île, du curé, de la fleuriste la prostituée forment un kaleidoscope qui permet peu à peu de reconstituer l’histoire dramatique de cette famille. Ils sont autant de témoins de ces femmes brisées que de porteurs d’un lourd secret.

L’écriture de Gilles a gardé sa poésie imagée et colorée tout en gagnant en puissance. Bravo !

 Quelques extraits pour le plaisir et une invitation à le lire !

 « je l’aime à la folie et qu’une seule marguerite ose me dire le contraire » page 19

« j’ai des cheveux incendies, des tâches de rousseur partout, et des yeux verts qui changent de couleur selon mes humeurs, tout comme grand mère et maman. » page 28

« elle disait que les accrocs de la vie rendaient les instants de bonheur plus intenses » page 53

« Les hommes sont des enfants qui grandissent malgrè eux. Et dieu sait combien leur bêtise est sans limites. Certes, ils ne cassent plus de jouets. Ils brisent le cœur des femmes. » page 21

« j’ai de beaux cheveux courts, gris argentés (…) Ils étaient bruns, autrefois, et longs. J’y attachais un crayon à papier et les ramassais en un chignon bohème. Les hommes en étaient fous. J’ai toujours ce regard vert qui pénètre les êtres et farfouille leurs âmes tourmentées. Personne n’ose me mentir. Sauf Arsistide. » page 20

« Je me souviens à peine comment j’étais à son âge. Sûrement peureuse et ignorant tout de la vie. Je ne comdamne pas mes choix. La vie est ainsi faite, on se trompe souvent. Page 168.