deux cigarettes 

Le 29 janvier je publiais sur facebook cette photo et ce commentaire : "Chic il existe encore des auteurs et des éditeurs qui m'envoient des romans malgré mon rythme de publication sur le blog. Pour la peine je l'ai entamé de suite !! Et il accroche d'entrée ! Merci !!" 

Julien Dufresne Lamy et Les éditions Belfond ont bien fait de m'envoyer ce roman. Je l'ai tout bonnement dévoré. La 4ème de couverture m'avait mis l'eau à la bouche.

Une fois ouvert, méfie toi lecteur, l'écriture te ferre et tu es foutu. Tu ne peux plus le lâcher. 

C'est à cause de l'écriture, oui, mais aussi à cause de cette femme singulière, Clémentine. On fait sa connaissance alors qu'elle est au volant, en route pour la maternité, secouée par de violentes contractions. Elle percute un piéton. Elle ne s'arrête pas. 

Une fois l'enfant né - Barnabé - les souvenirs remontent, par bribes, flous. Avant de donner la vie, Clémentine en a retiré une. Elle découvre qu'elle a privé le monde de la danse d'un grand nom : Pina Bausch. 

L'auteur m'avait mis en garde : "Attention aux rebondissements. (Bonhomme qui sourit)." En effet. 

Standardiste dans une usine de parfum, Clémentine est obsédée par la mort de Pina. Elle ne cesse d'avoir des flashs de l'accident. Elle enquête sur ce qu'il s'est passé cette nuit dont elle ne se souvient que de manière parcellaire. Elle veut savoir si elle est bien la meurtrière qu'elle croit. 

Elle lit et visionne tout ce qui concerne cette danseuse et chorégraphe talentueuse. On se régale des passages sur la création scénique de ce ballet de danse et sur le rôle de Pina qui demande à sa troupe d'exprimer ses émotions les plus viscérales par la danse. En remontant le fil de la vie de Pina, Clémentine revisite la sienne. Et l'on comprend alors ce qui l'a construit et d'où lui vient sa manière si particulière d'être mère. 

Un superbe roman sur la création et le procréation. Je l'ai aimé dans toutes ces facettes et vous le recommande chaudement. 

Un peu de philo pour finir je vous invite à lire cet article.  

Extraits

en parlant de son bébé : "il pèse comme un sac de courses, des courses de mi-semaine quand il reste encore quelques yaourts abricot dans le frigo" 

"la première nuit ici, Barnabé dort à tout rompre". 

Page 97 : "la naissance c'est comme un tatouage, le corps souffre mais il lave la mémoire."

page 199 " mon ventre se trouble"

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