124 

Cent vingt quatre. Un plus deux plus quatre, ça fait sept. Le chiffre porte bonheur. Le nombre de chakras, de femmes de Barbe Bleue, de boules de cristal chez Tintin, de piliers dans le viaduc de Millau. C'est un bon présage. Les chiffres d'or brillent sur le rouge carmin comme l'enseigne de La Pagode, leur restaurant chinois adoré. Encore un signe. Une rose trémière a percé le béton pour monter contre le mur et l'on voit un velo tout en haut des marches. Ci devant donc, un extrait de leur Charente d'été. Magique. Cette maison semble les appeler. L'agent immobilier les prévient : la propriétaire est pressée de vendre. Chic. Ils le sont d'acheter. Leur chez eux. Le portail grince quand on le pousse, cela ne les effraie pas. Un petit coup de bombe il n'y paraitra plus. L'agent immobilier les laisse passer en premier. Il referme le portail derrière lui et leur dit d'avancer. La porte d'entrée est déjà dévérouillée. Il rêverait d'un sas où poser les manteaux, les bottes de pluie et les chapeaux. Elle préfererait tomber sur une lumineuse pièce de vie, la cuisine ouverte sur un grand séjour. Ils ne découvrent ni l'un ni l'autre. Il fait noir comme dans une cave, le coup qu'ils reçoivent sur la tête les assomme pour de bon. Fin de la visite. Le 124 n'est pas à vendre. C'est l'antre d'un homme qui y tourne chaque semaine 7 secondes en enfer. Il choisit soigneusement ses comédiens sur le bon coin. 

 

C'était ma participation à l'atelier de Leioona.