tourterelle 

Entre ce roman de Mélanie Richoz et moi ça n'a pas marché du premier coup. Je l'avais commencé sans accrocher. Reposé donc. En le découvrant dans la bibliothèque chez papa il y a quelques jours j'ai eu envie de le réouvrir. La rencontre s'est, cette fois, très bien passée. J'ai retrouvé avec délice le phrasé de Mélanie, sa plume incomparable.  A peine 100 pages, du concentré comme toujours. L'envie de relever des phrases à chaque page. Il m'a parlé ce roman. 

Une femme de 39 ans, chef de clinique, mariée depuis 10 ans avec le même homme, part en "camp pour adultes" : un atelier de création de chansons.L'homme qu'elle y rencontre fait bouger son centre de gravité comme j'aime à dire, il fait céder un barrage sans le savoir. Il a presque 20 ans de moins qu'elle et il boit pour affronter la vie, lui. Cet homme va réveiller cette femme, la sortir de l'état de torpeur dans laquelle elle était. Terminée la vie réglée comme du papier à musique. Elle a envie de libérer le fauve en elle et le laisser rugir aussi fort que possible, d'être femme brûlante et vivante. Cette histoire donne envie de déployer ses ailes aussi, au maximum de leur envergure. 

Des extraits à la pelle : 

"Dans leurs yeux rieurs, la bêtise éphémère de amoureux. Des bouches gourmandes, des mains de malvoyants qui lisent le désir à bout de pulpes." 

"la crainte secrète que chaque rencontre soit la dernière sans avoir pu désamorcer l'évidence d'une attirance pourtant insensée et surtout /interdite/. "

"l'assemblage de nos corps me donne envie de ralentir. De m'arrêter. D'échapper à la course folle et effrénée de mon existence. En ta compagnie le temps devient palpable. Il se pétrifie. Tu es statue. Tu es l'instant présent."

"Murmurer ton prénom inscrivait tout à coup notre histoire dans la réalité. /notre histoire/

En verbalisant /les sentiments/, on ne peut plus les empêcher d'exister. Ils n'aspirent qu'à être nourris et logés comme de vrais invités." page 61

"Je veux vivre. Eprouver la joie, la solitude, le doute, la douleur, l'enthousiasme, l'inspiration, l'audace. 

Choisir.

Echouer. 

Exister." Page 64

"Plusieurs vies en une, c'est mieux qu'une seule qu'on se refuse à vivre." 

photo 1-3

photo 2-3

 Parfaitement d'accord avec le petit carré jaune pour glisser ce roman sur l'étagère des indispables, dans la catégorie diamant brut à côté du roman d'Elsa Montensi. 

Je vous invite à lire Mue, c'est par celui là que j'ai découvert Mélanie !