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Léger, lumineux et coloré. Un air entraînant. C'est ça ce roman. 

Déménager d'une rue à l'autre en transbahutant tout ce qu'il est possible de faire rentrer dans un caddie jaune fluo. Oser accoster la voisine d'en face avant que le vis-à-vis ne cesse.

Voilà les deux défis que se lance le personnage de ce roman qui n'est autre que Jérôme Attal himself. Le romancier, scénariste, parolier, se met en scène dans cette histoire. Les clins d'oeil au ciné, tv, séries, musique et littérature sont par conséquent nombreux. 

Ce roman est également truffé de remarques bien senties sur la vie qui m'ont fait poussé des "c'est trop ça", "c'est vrai aussi", " ça c'est tout moi" et de tournures décalées et originales (à l'excès pour certaines qui ne m'ont pas touchées, je suis sans doute trop prosaïque pour des phrases comme : "l'espiéglerie du hasard pénétrait son sourire au destinataire intérieur").

Ce déménagement au compte-goutte est ponctué de scènes souvent très drôles. Les héroïnes sont des femmes à faire rire, consoler ou dont l'assurance désarmante brise les murs. 

Bref ce roman est l'image de sa couverture : frais, coloré, divertissant. Une comédie romantique qui sort un peu des sentiers battus. Optimiste, accessible et lumineux. Une soucoupe, vous vous souvenez, les bonbons ?!

Merci cher petit carré jaune de l'avoir fait voyager vers moi, il est collector cet exemplaire avec sa dédicace so funky !

Ton billet ICI. 

Cela m'a évidemment fait penser à un de mes déménagements : twingo rose remplie à ras bord pour une série de voyages qui ont fait migrer des kilos de papiers et de livres de mon studio de 30 m2 vers un 45 m2 à partager avec l'homme de ma vie (d'un petit morceau de vie en définitive) . 

Extraits : 

"Je savais que ce serait un voyage avec ses souvenirs incorporés, souvenirs qui me constituent, ajoutés aux accidents heureux que sont les sollicitations du monde et de l'instant."

Les meilleures rencontres ont le goût des retrouvailles.

"L'été est souvent un crève-cœur pour la silhouette. Pour la plupart d'entre nous, passés 35 ans, on ne ressemble à rien du tout en t-shirt"

le problème c'est que juste une nuit d'amour sans conséquence, ça ne marche pas ! Il y a toujours des conséquences !"

"J'essayais de lui dire quelque chose qui soit comme une compresse instantanée, ou qui ait valeur d'un petit livre qu'elle aurait toujours gardé sur elle."

"Il y a parfois des gens pour vous dépanner dans les moments pénibles, vous sauver la vie sans rien demander en échange. rare beauté de ce monde encore plein de surprises."

"les sourcils froncés, telles des barres de flipper guettant une bille invisible"

"J'ai toujours éprouvé une admiration teintée d'effroi pour les personnes qui vivaient, sans que la nécessité ne les y obligeat, dans le dépouillement le plus complet. N'éprouvaient-ils pas le besoin de convertir les sensations de tous les jours, les moments creux comme les moments forts, en objets ?"

Edit de 11h55 : en marchant ce matin je repensais à ce roman, deux passages me sont revenus : celui où le narrateur a justement envie de lire le livre qui est dans l'autre appart, et celui où pour se donner une consistance dans un cocktail il efface des photos de son téléphone (rassurez moi vous l'avez déjà fait non ?)