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J'ai peu de coups de foudre BD. Pourtant, j'ai craqué à l'instant même où j'ai feuilleté Blast en librairire ! 

Dans mon top 6 (oui, 6 parfaitement, pas 3 ou 5), on compte Margaux motin, Pénélope Bagieu, Diglee , Chabouté et Jirô Taniguchi avec Quartier lointain.

Manu Larcenet était déjà dans le haut de ce panier grâce à l'excellente série "Le retour à la terre" qui a particulièrement résonné chez moi qui venait d'acheter une maison à la montagne. J'avais aimé également la noirceur et la lucidité du "combat ordinaire".

Je suis maintenant conquise par ce roman graphique dont j'ai dévoré le tome 1 "Grasse Carcasse"

Carole est salement amochée et maintenue dans un coma artificiel.

En garde à vue, un homme obèse qui a une bonne descente. Polza Mancini, 38 ans, ex-écrivain et sans domicile. Marié à Sylvie. Sa mère est partie quand Polza avait 4 ans. Son frère est décédé. Son père, un routier italien communiste, est mort d'un cancer. 

Son histoire n'a rien de mathématique, elle est tortueuse et complexe. Les flics vont devoir écouter son monologue s'il veulent comprendre l'homme et ce qu'il a fait à Carole. 

C'est durant la lente agonie de son père que Polza a reçu pour la première fois le Blast, une onde de choc qui déchire le ciel gris pour laisser les couleurs et le corps de Polza exploser. Le temps est suspendu le temps de cette violente parenthèse qui l'arrache au présent.

Son père une fois mort, "affranchi des fers famliaux" il part sur les routes pour revivre le Blast, cette sensation unique qui le rend léger "Débarassé de (sa)  grande carcasse, sans mémoire à traîner derrière, sans histoire".

Comme le dit Sébastien Naeco dans son excellent billet "BLAST vous serre le coeur (un peu), vous émeut (assez) et vous fait réfléchir (beaucoup)." 

Cette intensité est obtenue grâce à des planches en noir et blanc aux bulles parfois immenses et d'une rare puissance. Il s'imprime fort dans la rétine ce personnage principal corpulent qui se déteste et part en quête de sa nature profonde, enfin délesté de ses tourments.