chaque soir 

Ignorant que mes nuits seraient presque sans sommeil les 15 derniers jours de décembre, j'ai fait mon bilan 2012 bien trop tôt. Car entre mon billet récap et Lundi dernier j'ai enchaîné les romans faisant augmenter le nombre de livres lus et bouleversant un peu mon classement. 

Côté roman jeunesse, le duo sélectionné - Brise glace et Le ciel est partout - va devoir faire de la place à "Chaque soir à 11 heures". Il n'est pas sans avoir une certaine parenté de style avec celui de Jandy Nelson. J'a-do-re !!!

Je l'ai dévoré un matin sans pouvoir le reposer

Wilhelmina : "seule une fille mentalement robuste peut espérer se tirer indemne d'un pareil prénom". Mentalement robuste notre Willa (les jeunettes que collectionnent son papa auront au moins servi à raccourcir son prénom) mais physiquement guimauve lorsque son coeur s'emballe, fait pirouette et saut d'obstacle, lorsque son sang semble cire chaude dans ses veines (m'est avis que dans 50 nuances de grey l'usage de la cire sera bien différent, bref) à lui couper le souffle et la fait rougir façon braise dans la cheminée.

Oui le propos est imagé. Drôle. Touchant. Inventif. 

Willa, 16 ans en 1ère L, sort avec LE beau gosse du Lycée, Iago, en terminale, le frère de sa meilleure amie Fran. Mais sa vie amoureuse va devenir "puzzle sentimental" après la rencontre avec Edern aux longues jambes (il pourrait, selon Willa, avoir mains d'argent, c'est vous dire s'il est beau !).

Elle se qualifie "so middle, so tiède, juste passable"et attire pourtant deux garçons sombres et ténébreux (le genre devant lesquels on se pâme toutes ado ! euh voire après...) ! Chacun semble lourd d'un secret bien gardé et Willa va tout faire pour qu'ils lèvent le voile, quitte à se faire quelques bonnes frayeurs. 

L'histoire est bien construite, elle est prenante et le dénouement nous fait réapparaître instantanément en flash back des scènes déjà lues. Cette fois l'éclairage est différent. On les relirait presque. Voici un roman au dosage parfait : il comprend les justes proportions de suspense, d'émotions, d'humour, de poésie et de bonnes réparties. 

J'ai particulièrement aimé

  • les personnifications : l'éclair blanc dans le ciel devient squelette fuyant, le saxo, les fauteuils, la Bergère et  le piano portent prénoms, les pavés sont vertèbres d'animal préhistorique, les semelles des chaussures se raclent la gorge pour se donner du courage, la lanterne avec son bandage de neige semble réclamer aspirine, Paris illuminée est femme maquillée faisant de l'ombre aux étoiles et devient tétraplégique quand le froid la paralyse, la brume est pieuvre aux tentacules immenses.
  • les verbes inventés de la petite soeur d'Edern : "pantagrueler" "pile-poiler" "je le chabadabada grave" "joyeuser".
  • les personnages hauts en couleur et notamment les parents de Willa : sa mère, Catherine : une Geneviève de Fontenay pour Mini-Miss ; et son père thomas : plasticien façon Marcel Duchamp et César comprimant objets du quotidien pour en faire oeuvres d'art.

Coup de coeur donc ! Merci Gaëlle

Je faisais par la même occasion lecture commune avec Sandrine.