Voilà le genre de livres qu'il ne faut pas emprunter mais acheter pour pouvoir en relire des extraits à tout moment.

Pour écrire ce billet, je l'ai quasiment relu et j'y ai vu encore plus de profondeur et en ai davantage savouré les mots.

On l'aime tout de suite Jocelyne. Elle a 47 ans, elle tient blog et boutique, puisque sa patronne est morte étouffée par un bouton. Elle essaye de s'aimer malgrè ses bourrelets et a des joies simples. Elle n'a pas décidé de sa vie mais se contente de la sienne, se contente de peu. Est ce un mal ?

Lorsqu'elle gagne au loto, elle pressent les dangers de l'argent tombé du ciel et craint qu'il ne vienne briser son bel équilibre. Alors, elle récupère le chèque et le cache dans une chaussure. Elle commence la liste de ses besoins, de ses envies et de ses folies en réalisant que tout l'or du monde ne peut pas rattraper le temps perdu et ne fait pas revenir ni ne guérit les gens qu'on aime.

C'est un livre comme je les aime, sans fards, ni artifices, d'une rare beauté, franche et honnête. C'est un conte moderne, une fable au triste dénouement.

Mais c'est un hymne à la vie, à toutes les petites choses qui la composent, ces fragments qui nous reviennent en mémoire en sentant un parfum, en touchant un tissu. Ces moments là n'ont pas de prix et font le sel de la vie.

Encore une preuve que l'argent ne fait pas le bonheur et peut même le détruire, notre mercière va l'apprendre à ses dépens. 

extraits : "je m'étais laissée mourir pour accoucher d'une autre, plus froide, plus anguleuse. la douleur vous refaçonne toujours d'une curieuse manière." page 168

"le succès c'est dangereux quand on commence à ne plus douter de soi" 

Charlotte a aimé ce roman humble comme elle dit, Antigone comme moi est sidérée par le talent de l'auteur pour sonder le coeur des femmes, les yeux de Clara ont fait office de bocal à poissons à cause de l'émotion, Cathulu a aimé le portrait de femme dressé ici, Leiloona a aimé l'écriture sensorielle et suggestive et a vu en Jocelyne un papillon prêt à sortir de sa chrysalide, enfin pour Bauchette c'est un plaisir de lecture vif, le portrait d'une femme intelligente.