Mufle 

Dans le challenge petit bac 2012 une catégorie, optionnelle, certes, mais tout de même, me posait problème : la catégorie Gros mot.

Jusqu'à ce que je trouve chez Mango un roman au titre parfait : "Mufle" !

Un quatrième de couverture bref mais efficace me donnait envie de le lire : "Lui : deux fois divorcé, de grands enfants. A cinquante ans, il croyait avoir enfin trouvé la femme de sa vie. Elle, c'est Charlotte. Elle se sera bien foutue de lui. Mufle se livre à l'autopsie d'un mensonge. L'amour est toujours une fiction". Bande annonce sympa non ???

Sur la blogophère, les avis étaient mitigés, on disait que cela manquait de style, que c'était du déjà lu, du réchauffé. Je voulais me faire mon propre avis.

Et je ne suis pas de ceux qui ont trouvé ça plat. Je crois simplement que ce qui fait la différence c'est le prisme à travers lequel on lit : lorsque la situation fait écho en soi alors ça marche. 

Lu en un éclair, ce roman m'a plu parce qu'il bat en brèche deux idées reçues :

  • Idée reçue numéro 1 : Seuls les hommes sont infidèles. Et bien non !

Contrairement à ce que laisse entendre le titre, notre narrateur n'est pas un mufle, c'est sa nana qu'il l'est ! (muflette va !) Il découvre le pot aux roses en lisant un sms. Oui au bout d'un moment quand on a des doutes, on fouille, on se transforme en détéctive privé enquêtant pour son propre compte...et on trouve souvent des choses dans le portable car le coupable finit par faire une erreur comme dans tous les bons polars !

  • Idée reçue numero 2 : Les femmes sont franches et communiquantes alors quand elles sont infidèles, elles avouent rapidement et quittent leur mec. Faux !

Charlotte a collectionné les amants pendant des années sans en dire un mot à son officiel. Elle consignait la liste de ses officieux dans son journal intime. Bon l'homme trompé a fini par mettre la main dessus (il fouillait encore) et forcément ça fait mal...Et au lieu de lui dire stop, elle laisse gangréner la situation. De la torture je vous dis !!

Ce roman c'est la réaction à chaud d'un homme trompé qui n'arrive pas à haïr complètement celle qu'il aime encore. Il en perd le sommeil, des kilos, une partie de lui-même et ses illusions, les dernières. Il se refait le film à l'envers et comprend mieux pourquoi elle lui paraissait fuyante, distante, absente. Il se fait du mal en imaginant Charlotte dans les bras d'un autre, il jette ses lettres et puis regrette. Il raconte la souffrance de l'homme trahi, de la confiance perdue. Et puis il faut se faire une raison : les morceaux ne se recolleront pas. Et il faut tourner la page alors qu'on ne le veut pas vraiment, alors qu'on voudrait que notre mémoire garde intacte sa voix, ses traits, n'oublie rien, ne déforme aucun souvenir. Aura t-on vraiment envie d'aimer encore après ça ?

Extraits parce que le jeudi c'est encore citation quand même ! 775617785

"Dans quelques mois, je rirais de tout cela, je le sais bien. Pourrais-je habiter une autre passion ?"page 23

à propos des ses enfants : "Eux aussi découvriront les espoirs fous, les serments silencieux, toutes ces panoplies qui font le brouillon de nos vies. Quand la sienne allait-elle enfin être au propre ?"page 28

page 31 : "Une partie de lui même était en train de mourir, un tout petit morceau d'enfance. Il ne croyait plus guère aux lendemains."

Les avis moins enthousiastes de Mango donc, de Clara qui fait mouais et a tourné en rond comme un chien qui va se coucher dans son panier, Stephie n'a pas trouvé le style incisif qu'on lui avait promis. Noann de Livrogne l'a classé dans les grands vins quand même !!