Elvire et JérémyLu dans le cadre du prix du roman Fnac 2011. Roman à paraître en août aux Editions Heloïse d'Ormesson. 

Présentation de l'éditeur : 

"Improbable rencontre. Elvire partage la vie d'une femme, et Jeremy préfère la compagnie des hommes - et pourtant ils sont aimantés l'un par l'autre. Mais la passion les consume et leur liaison est aussi douloureuse qu'une séparation. Écartelés, les deux amants préfèrent s'étourdir dans les bras de conquêtes furtives, privilégiant le plaisir des sens aux tourments de l'amour.

Pierre de Vilno peint une jeunesse libérée, mais néanmoins égarée. Sismographe des émotions, il capte l'humeur du temps, cette impossibilité de l'amour dans une société où tout est possible. Son récit libertin se déguste comme une coupe de Champagne. Les séquences érotiques ajoutent un charme trouble à ce premier roman."

Mon avis : La quatrième de couverture promettait un récit libertin alors je craignais le pire. Et puis non, les séquences érotiques ne sont pas si présentes et sont exemptes de vulgarité.

Elvire, étudiande en droit, la mèche sur l'oeil façon Albator, apprécie plutôt la compagnie des femmes. Jeremy, chargé de Travaux Dirigés à la fac de droit aime les jeunes éphèbes qui partagent ses nuits.

Ces deux là vont tenter une histoire hétérosexuelle, le prof avec l'élève. Rien n'est simple, ni ne coule de source entre eux. Ils jouent au couple mais ni l'un ni l'autre ne souffle sur les braises quand la relation s'essouffle.

En lecteur spectateur de cette histoire nous suivons leurs atermoiements, leur valse hésitation, le temps d'une année universitaire de Novembre à Juin. Il règne une sacrée tempète sous leurs crânes de jeunes gens qui se cherchent et ont envie d'aimer sans y parvenir...

J'ai beaucoup aimé ce roman en raison du talent d'écrivain de Pierre de Vilno qui met en mots cet essai d'amour normalisé, cette passion tourmentée entre deux êtres en conflit avec eux mêmes...

Point de longueurs, le récit est fluide et le style actuel. C'est encore un bon choix qu'a fait cette maison d'édition que j'affectionne. 

Extraits : "la vie à deux est dense, pleine. Pas de moments ratés, pas de blancs dans la playlist. Tout est rempli, les cases sont toutes coloriées. "

"Jeremy est du domaine du trop tôt, du trop vague, du trop précipité."

"Elle ferme les yeux, se laisse aller, c'est comme si on l'avait saisie par les pieds et qu'on la retourne pour la vider. Comme si ce vent, cette pluie, ce froid la dépossédaient de sa rancoeur, de ses souffrances, de son mal être."