Ru Alors je sais : les louanges sont dithyrambiques concernant ce court roman (143 pages), c'est d'ailleurs ce qui m'a fait l'emprunter à la bibli. J'ai bien fait de m'en tenir à un emprunt car je vais aller un peu à contre courant du flot de lecteurs complètement submergés par la vague de ce premier roman de Kim Thuy.

Le côté décousu, haché, du récit m'a perturbé. Ce mélange entre passé et présent, ce récit découpé n'a pas emporté ma totale adhésion.

En revanche, j'y ai lu des passages forts et marquants que je me suis empressée de relever dans mon fameux carnet...

Il faut dire que la narratrice, l'auteure elle même puisque le récit est autobiographique, nous relate son enfance à Saïgon, l'arrivée du communisme, la fuite dans le ventre d'un bateau, le camp de réfugiés en Malaisie, les premiers frissons dans le froid du Québec et la sensation de n'être ni d'ici ni d'ailleurs, et tout ça dans le désordre de ses souvenirs, au gré des flashs que lui envoie sa mémoire. Ru est une déracinée, une de ces "boat people" qui part à la conquête du rêve américain, contrainte qu'elle est de fuir son pays. 

Livre magnifique pour à propos des livres, un livre qui transperce et donne matière à réfléchir pour le passe mot de venise, Val-m-les-livres est comme moi, elle est en partie passée à côte car elle a eu du mal à papillonner sans cesse, son esprit cartésien ayant été désarçonné par la narration.Pour Suzan ce roman adresse à chacun de nous une confidence intime.